TOUTE LA PALETTE POUR INVESTIR EN PME

AVEC UNE RÉDUCTION D’IMPÔT DE 25%

Intérêts Privés - - LA UNE - PÉ­LA­GIE TER­LY

FIP-FCPI, fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif, FCPR, club deal… sont au­tant de so­lu­tions de pla­ce­ment pour par­ti­ci­per au fi­nan­ce­ment d’une PME pour tous les pa­tri­moines. Un in­ves­tis­se­ment dans l’éco­no­mie qui peut se ré­vé­ler per­for­mant comme lour­de­ment per­dant, et ce mal­gré l’avan­tage fis­cal ob­te­nu à l’en­trée.

Orien­ter l’épargne des Fran­çais vers l’éco­no­mie réelle est l’un des ob­jec­tifs af­fi­chés par le gou­ver­ne­ment. En té­moigne la ré­forme fis­cale avec le pré­lè­ve­ment for­fai­taire unique (PFU) à hau­teur de 30 % qui tend à uni­fier la taxa­tion des re­ve­nus et plus va­lues quel que soit l’in­ves­tis­se­ment choi­si (hors im­mo­bi­lier). La tech­nique de la ca­rotte fis­cale qui était bran­die jus­qu’alors pour at­ti­rer l’épar­gnant sur cette classe d’ac­tifs dit de ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment n’est plus au­tant mise en avant. Désormais, c’est l’in­ves­tis­se­ment en tant que tel qui est à l’hon­neur. Si

l’es­pé­rance de rendement de l’in­ves­tis­se­ment dans les PME non co­tées en Bourse peut être éle­vée, le risque est tout aussi im­por­tant de perdre sa mise. En outre, ce pla­ce­ment est aussi in­dis­po­nible du­rant des an­nées. L’uti­li­sa­tion des éco­no­mies, nécessaires pour réa­li­ser un pro­jet, est donc à pros­crire pour y investir. Ini­tia­le­ment, les in­ves­tis­seurs en PME n’étaient d’ailleurs que des ins­ti­tu­tion­nels. C’est désormais au tour des par­ti­cu­liers de s’y in­té­res­ser, l’ac­cès au ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment étant fa­ci­li­té par toute une palette de placements col­lec­tifs. Des ré­flexions sont par ailleurs en cours sur la créa­tion et l’adap­ta­tion de nouveaux pro­duits dans le cadre du pro­jet de Plan d’ac­tion pour la crois­sance et la trans­for­ma­tion des en­tre­prises ( « Pacte »). En at­ten­dant, des so­lu­tions pour se po­si­tion­ner sur le non-co­té existent dé­jà pour toutes les bourses, sous forme d’ac­tions ou obli­ga­tions, à tra­vers des fonds, des hol­dings ou en­core des pla­te­formes de fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif.

Des per­for­mances au top

Investir dans une PME, c’est ai­der une en­tre­prise à se fi­nan­cer pour se lan­cer ou pour se dé­ve­lop­per (lan­ce­ment d’un pro­duit ou conquête d’un nou­veau mar­ché..). « Le non-co­té ne porte pas que sur les start-up. Bien sûr le fi­nan­ce­ment du lan­ce­ment de Cri­teo, au­jourd’hui co­tée au Nas­daq, fait rê­ver mais les prin­ci­paux in­ves­tis­se­ments portent sur des PME ma­tures (50 %) sui­vies par des opé­ra­tions de trans­mis­sion d’en­tre­prise (40 %), les « jeunes pousses » ne re­pré­sen­tant que 10 % du mar­ché », re­lève Xa­vier An­to­nioz, pré­sident d’123 IM.

Et le ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment a de quoi sé­duire avec des per­for­mances sur 10 ans su­pé­rieures aux autres classes d’ac­tifs : 8,7 % en moyenne contre 3 % pour le CAC 40 et 5,2 % pour l’im­mo­bi­lier, se­lon l’as­so­cia­tion France In­vest. Mais, si cer­taines PME brillent, d’autres su­bissent des re­vers de for­tune, d’où la né­ces­si­té de di­ver­si­fier son por­te­feuille pour mu­tua­li­ser le risque et amor­tir les pertes. Les in­ves­tis­se­ments peuvent prendre la forme de par­ti­ci­pa­tion au ca­pi­tal de la PME (ac­tions) ou de sous­crip­tion à des obli­ga­tions émises par la PME. « L’obli­ga­tion cor­res­pond mieux que l’ac­tion à l’épar­gnant à la re­cherche d’un rendement (10-12 % brut)

mais qui ne veut pas prendre trop de risque », re­lève Xa­vier An­to­nioz. Tout dé­pend éga­le­ment du po­si­tion­ne­ment de la PME. « L’in­ves­tis­se­ment en obli­ga­tion se prête à des sec­teurs où les re­ve­nus sont ré­gu­liers comme la pro­mo­tion im­mo­bi­lière, l’édu­ca­tion.., mais moins les sec­teurs in­no­vants tels que tech­no­lo­gique/mé­di­cal par exemple », note Di­dier Bu­jon, di­rec­teur gé­né­ral d’Equance.

FIP et FCPI Pour une réduCtIon d’ImPôt de 25 % en 2018

Avec un ti­cket d’en­trée à 1 000 euros, les fonds les plus connus en ca­pi­tal in­ves­tis­se­ments sont les fonds d’in­ves­tis­se­ment de proxi­mi­té (FIP) et les fonds com­muns de pla­ce­ment dans l’in­no­va­tion (FCPI). Ils doivent investir au moins 70 % de leur ac­tif res­pec­ti­ve­ment dans des so­cié­tés ré­gio­nales et des so­cié­tés in­no­vantes (15-20 PME par fonds). Mais ces fonds ont pris du plomb dans l’aile avec la sup­pres­sion de l’ISF qui a en­traî­né la fin de leur avan­tage fis­cal pour ré­duire l’impôt sur la for­tune alors que ce­lui-ci était bien plus re­cher­ché que leur avan­tage à l’impôt sur le re­ve­nu (IR). Une chute de la col­lecte est donc at­ten­due sur ces pro­duits. Pour li­mi­ter la casse, et conti­nuer d’orien­ter l’épargne sur les PME, l’avan­tage à l’IR, dit Ma­de­lin, a été ren­for­cé pour l’an­née 2018. La réduction d’impôt est ain­si pas­sée d’un taux de 18 % à 25 % mais en étant désormais pro­por­tion­nelle au quo­ta d’in­ves­tis­se­ment de so­cié­tés éli­gibles. L’avan­tage fis­cal ne s’élève à 25 % que si 100 % des in­ves­tis­se­ments du fonds portent sur des so­cié­tés éli­gibles. Les pla­fonds res­tent les mêmes (12 000 et 24 000 euros), ce qui équi­vaut à une réduction d’impôt maxi­male de 3000 euros ou 6000 euros se­lon la si­tua­tion de l’in­ves­tis­seur (seul ou ma­rié). Les parts doivent tou­jours être dé­te­nues pen­dant au mois 5 ans. Trop sou­vent, l’avan­tage fis­cal ob­te­nu com­pense une perte de ca­pi­tal. En outre, ces fonds sont très char­gés en frais.

CrowdFundIng Pour l’aCCessIbIlI­té

Un nou­veau ca­nal de sous­crip­tion ré­vo­lu­tionne l’in­ves­tis­se­ment dans les PME de­puis ces der­nières an­nées : c’est le fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif

ou crowdfunding qui se dis­tingue par son accessibili­té à par­tir de 100 euros. L’in­ves­tis­se­ment se fait en di­rect ou par l’in­ter­mé­diaire de hol­dings. Le par­ti­cu­lier choi­sit lui-même le pro­jet fi­nan­cé sur un site in­ter­net même s’il n’est pas tou­jours évident d’ana­ly­ser la per­ti­nence des mul­tiples dos­siers. L’im­por­tant est de di­ver­si­fier ses ac­qui­si­tions pour que cer­taines pertes iné­luc­tables soient com­pen­sées par des réus­sites. Un tel in­ves­tis­se­ment per­met de bé­né­fi­cier d’une réduction d’impôt mais seule­ment pour l’in­ves­tis­se­ment en ac­tions et non en obli­ga­tions. Le sous­crip­teur pro­fite en ef­fet de la réduction d’IR Ma­de­lin à hau­teur de 25 % des sommes in­ves­ties, mais, en rai­son de la sous­crip­tion en di­rect au ca­pi­tal de PME, le pla­fond de ver­se­ment (s) re­te­nu pour l’avan­tage fis­cal est su­pé­rieur à ce­lui des FIP et FCPI. Il s’élève à 50 000 euros pour une per­sonne seule et 100 000 euros pour un couple, pro­cu­rant une réduction d’impôt maxi­male de 12 500 euros ou 25000 euros. À une condi­tion : conser­ver les ac­tions pen­dant au moins 5 ans. Autre avan­tage fis­cal pos­sible : pla­cer ses ac­tions sur un PEA ou un PEA-PME et bé­né­fi­cier ain­si d’une exo­né­ra­tion sur les re­ve­nus et plus-va­lues.

Pla­Ce­ment 2.0 tout nou­veau

L’in­ves­tis­se­ment via le crowdfunding étant ré­cent en France, nous man­quons en­core de re­cul. Beau­coup de pro­jets fi­nan­cés ne sont pas ar­ri­vés à terme. Or, la sor­tie est un en­jeu. « Si tout se passe bien, un nou­vel in­ves­tis­seur ou dans cer­tains cas la start up elle-même, ra­chète les parts, ex­plique Sté­pha­nie Sa­vel, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion de Fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif

France et de la pla­te­forme WiSEED. À ce jour, sur WiSEED, le taux de dé­faut des start-up fi­nan­cées en equi­ty est es­ti­mé à 10 % ». À l’heure du flé­chage de l’épargne vers l’éco­no­mie réelle, le crowdfunding ré­pond donc à cet ob­jec­tif. « Nous mi­li­tons pour que cet ou­til ré­cent prenne son es­sor et pour­quoi pas en tant qu’uni­té de compte au sein d’un contrat d’assurance-vie », pour­suit Sté­pha­nie Sa­vel.

Les FCPR, Peu Connus

Les fonds com­muns de pla­ce­ment à risque (FCPR) qui in­ves­tissent dans plu­sieurs PME sont plu­tôt des­ti­nés à une clien­tèle aver­tie avec un ti­cket d’en­trée à 100 000 euros mais il en existe éga­le­ment pour un pu­blic plus large dès lorsque ces fonds ont re­çu l’agré­ment de l’AMF. Comp­ter alors un in­ves­tis­se­ment ini­tial de 5000 euros. « L’ob­jec­tif de rendement est de 7-8 % pour notre der­nier FCPR obli­ga­taire », pré­cise Xa­vier An­to­nioz. Cer­taines ac­ti­vi­tés étant ex­clues des fonds de ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment comme l’im­mo­bi­lier, d’autres struc­tures ju­ri­diques ont été ima­gi­nées pour y investir. « Nous al­lons pro­po­ser une so­cié­té hol­ding agréée par l’AMF et qui fait ap­pel pu­blic à l’épargne pour investir en pro­mo­tion im­mo­bi­lière. Elle se­ra ac­ces­sible à par­tir de 5 000 euros », in­dique Xa­vier An­to­nioz. Conclu­sion : des so­lu­tions va­riées existent pour qui veut se lan­cer dans l’in­ves­tis­se­ment pro­duc­tif avec plus ou moins d’ar­gent. Ce peut être l’op­por­tu­ni­té de mi­ser sur des « ga­zelles », ces en­tre­prises à la crois­sance ra­pide, comme sur des opé­ra­tions en­glou­tis­sant le pla­ce­ment. Une prise de risque rai­son­née est donc né­ces­sai­re­ment di­ver­si­fiée !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.