NU­TRI-SCORE : UN LOGO À VOIR POUR MIEUX MAN­GER

Pour fa­ci­li­ter la com­pré­hen­sion de la va­leur nu­tri­tion­nelle des pro­duits ali­men­taires, un nou­veau logo, ma­té­ria­li­sant celle-ci sur une échelle de 5 cou­leurs, a été mis en place. Son nom : Nu­tri-Score. Pro­blème : il est fa­cul­ta­tif…

Intérêts Privés - - SOMMAIRE - ISA­BELLE GALLAY

De­puis plu­sieurs an­nées, on as­siste à une pro­gres­sion in­quié­tante des ma­la­dies liées à notre mode de vie et, no­tam­ment, à notre ali­men­ta­tion (sur­poids, obé­si­té, ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires, dia­bète). En France, un adulte sur 2 est soit en sur­poids, soit obèse. Plus in­quié­tant en­core : 18 % des en­fants sont dé­sor­mais vic­times de ces ma­la­dies qui étaient plu­tôt liées à l’âge.

« On constate éga­le­ment une évo­lu­tion gé­né­ra­tion­nelle de notre fa­çon de consom­mer. Ain­si, les pro­duits trans­for­més com­posent dé­sor­mais la ma­jo­ri­té de notre ali­men­ta­tion, ex­plique Oli­vier An­drault, char­gé de mis­sion ali­men­ta­tion à Que Choi­sir. Il de­vient donc fon­da­men­tal de connaître leur qua­li­té nu­tri­tion­nelle. En ef­fet, si la per­sonne a une idée de celle du plat qu’elle cui­sine à par­tir de pro­duits bruts puisque c’est elle qui a ra­jou­té l’huile, le beurre, le sel…, en re­vanche, quand elle achète un pro­duit ali­men­taire trans­for­mé, elle dé­lègue sa re­cette à un industriel et n’a au­cune maî­trise des in­gré­dients qui y sont uti­li­sés ».

Or, si la loi im­pose d’in­for­mer sur la qua­li­té nu­tri­tion­nelle des ali­ments pré­em­bal­lés, c’est par le biais d’un ta­bleau par­ti­cu­liè­re­ment com­plexe que l’on doit al­ler cher­cher au dos de l’em­bal­lage et qui mul­ti­plie les ren­sei­gne­ments : va­leur éner­gé­tique des pro­duits, te­neurs en acides gras sa­tu­rés, glu­cides, sucres, pro­téines et sel, … Au­tant de don­nées dif­fi­ci­le­ment ex­ploi­tables pour le com­mun des mor­tels. Pour­tant, ce type d’in­for­ma­tion sur la qua­li­té nu­tri­tion­nelle est in­dis­pen­sable pour vé­ri­fier si l’ali­ment est bon ou pas au re­gard de l’équi­libre ali­men­taire.

« Il fal­lait donc créer un ou­til qui soit à la fois plus fa­ci­le­ment com­pré­hen­sible afin de per­mettre à ceux qui font les courses d’iden­ti­fier les pro­duits dont il faut en­cou­ra­ger la consom­ma­tion par rap­port aux autres, et ra­pide à in­ter­pré­ter, le consom­ma­teur n’ayant que quelques se­condes à consa­crer par pro­duit pour faire son choix », ex­plique Oli­vier An­drault.

Après que dif­fé­rents lo­gos ont été tes­tés en condi­tions réelles d’achats dans 60 su­per­mar­chés ti­rés au sort, « Nu­tri-Score s’est avé­ré être le plus ef­fi­cace pour ai­der les consom­ma­teurs à se faire une idée glo­bale de l’in­té­rêt nutritionnel d’un pro­duit trans­for­mé et amé­lio­rer ain­si le conte­nu de leur pa­nier d’achat », in­dique Mi­chel Chau­liac du bu­reau de l’ali­men­ta­tion et de la nu­tri­tion à la DGS.

➜ DÉCRYPTAGE DE NU­TRI-SCORE

Ce nou­veau sys­tème d’éti­que­tage, ap­po­sé sur

l’avant des em­bal­lages, ré­par­tit ces pro­duits en 5 ca­té­go­ries, sur une échelle de A à E, avec un code cou­leur as­so­cié, al­lant du vert fon­cé (as­so­cié à la lettre « A ») pour les ali­ments à consom­mer sans mo­dé­ra­tion par­ti­cu­lière, à l’orange fon­cé ( « E ») pour ceux dont il vaut mieux li­mi­ter la consom­ma­tion, en pas­sant par le vert clair ( « B »), l’orange clair ( « C ») et l’orange moyen ( « D »). Le classement est éta­bli en cal­cu­lant le score nutritionnel du pro­duit, sur la base d’une por­tion de 100 g. Se­lon sa te­neur, d’une part, en nu­tri­ments dont la consom­ma­tion ex­ces­sive nuit à la san­té (graisses sa­tu­rées, sucres, sel), et, d’autre part, en ali­ments (fruits, lé­gumes, noix) et nu­tri­ments po­si­tifs (fibres et pro­téines), ce pro­duit se voit at­tri­buer une cou­leur as­so­ciée à une lettre (1). La ca­té­go­rie à la­quelle il ap­par­tient est mise en exergue sur le logo par une lettre plus grande. Pour te­nir compte des spé­ci­fi­ci­tés de cer­taines fa­milles d’ali­ments telles que les ma­tières grasses ani­males (beurre) ou vé­gé­tales (mar­ga­rine, huile), les fro­mages ou en­core les bois­sons, la mé­thode de cal­cul du score a été adap­tée.

Mi­chel Chau­liac ré­sume les bé­né­fices pour le consom­ma­teur : « Outre de per­mettre de connaître, en un coup d’oeil, la qua­li­té nu­tri­tion­nelle d’un pro­duit – ce qui fa­ci­lite un choix éclai­ré afin de man­ger plus sai­ne­ment -, la mise en place de ce logo de­vrait avoir pour con­sé­quence de faire évo­luer le com­por­te­ment des in­dus­triels ; en les en­cou­ra­geant no­tam­ment à re­tra­vailler la re­cette de cer­tains de leurs pro­duits afin d’en op­ti­mi­ser le classement dans l’échelle des cou­leurs du Nu­triS­core pour se dé­mar­quer ain­si de leurs concur­rents ».

➜ LOGO OF­FI­CIEL MAIS FA­CUL­TA­TIF…

De­puis que l’ar­rê­té du 31 oc­tobre 2017 a re­con­nu Nu­tri-Score comme mo­dèle of­fi­ciel d’éti­que­tage nutritionnel simplifié, une soixan­taine d’en­tre­prises de l’agroa­li­men­taire (dont Da­none, Fleu­ry Mi­chon, McCain, …) et de la grande dis­tri­bu­tion (dont Le­clerc, Au­chan, In­ter­mar­ché, … pour les marques qu’ils dis­tri­buent) se sont en­ga­gées à ap­po­ser ce logo sur leurs pro­duits.

« Si ces 5 lettres sont en­core peu vi­sibles dans les rayons des su­per­mar­chés, c’est parce que les en­tre­prises doivent d’abord écou­ler leurs an­ciens stocks d’em­bal­lages. Les pro­duits af­fi­chant le Nu­tri-Score vont ain­si ap­pa­raître pro­gres­si­ve­ment dans les rayons au fur et à me­sure de l’édi­tion des nou­veaux em­bal­lages », ex­plique Mi­chel Chau­liac.

Tou­te­fois, confor­mé­ment à la lé­gis­la­tion eu­ro­péenne, l’éti­que­tage Nu­tri-Score est fa­cul­ta­tif et re­pose donc sur un en­ga­ge­ment vo­lon­taire des in­dus­triels et des dis­tri­bu­teurs qui pour­raient même uti­li­ser un autre logo s’ils le sou­haitent (voir en­ca­dré). Aux consom­ma­teurs d’en­cou­ra­ger la dé­marche par leurs pré­fé­rences d’achat. (1) Les mo­da­li­tés de cal­cul sont dé­crites dans l’ar­rê­té du 31 oc­tobre 2017 (JO du 3 nov.) fixant la forme de pré­sen­ta­tion com­plé­men­taire à la dé­cla­ra­tion nu­tri­tion­nelle re­com­man­dée par l’État.

(2) Au lieu d’une seule cou­leur ap­po­sée sur chaque pro­duit per­met­tant de le clas­si­fier au pre­mier coup d’oeil, le logo « Nu­tri-cou­leur » pro­pose une cou­leur dif­fé­rente (vert, orange ou rouge) pour chaque type de nu­tri­ment (ca­lo­ries, ma­tières grasses, acides gras sa­tu­rés, sucre et sel) ; à charge pour le consom­ma­teur de com­pa­rer ces 5 don­nées pour faire un choix ! De­puis mars 2018, Mars a re­non­cé à ce logo.

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