Dos­sier spé­cial Espagne (côte mé­di­ter­ra­néenne) Interview

D’agents im­mo­bi­liers es­pa­gnols de la Costa Bra­va et de la Costa Blan­ca. Re­por­tage dans la ré­gion de Va­lence : Ali­cante, Guar­da­mar, Tor­ré­vie­ja, Ho­ri­hue­la Costa, Car­tha­gène.

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L’équipe d’In­vest(ir) (en) Eu­rope a in­ter­viewé des agents im­mo­bi­liers de la Costa Blan­ca en leur de­man­dant ce qu’ils pensent de la crise es­pa­gnole. Tomás, de Vil­la Mar­tin, a ré­pon­du sans hé­si­ta­tion «la crise est le pro­blème des banques, il n’y a pas d’autres pro­blèmes !» Ce spé­cia­liste du mar­ché im­mo­bi­lier nous a ex­pli­qué qu’ils avaient tou­jours au­tant de clients, mais que les banques ont stop­pé de fi­nan­cer les pro­jets im­mo­bi­liers et les tran­sac­tions immobilières de­puis 2008, « pour prê­ter 1€ les banques exigent que vous ayez 20 mil

lions € sur votre compte » . « Donc, les banques ne prêtent plus qu’aux riches ». Se­lon Syl­vie, de Ro­sas, l’im­mo­bi­lier de luxe n’a pas été tou­ché par la crise, les prix sont res­tés éle­vés « car ce mar­ché n’était pas concer­né par les sai­sies ban­caires » « et Barcelone de­meure un mar­ché de l’im­mo­bi­lier aux prix éle­vés aus­si ». Se­lon Mau­rice, de Tor­re­vie­ja, la crise a dé­mar­ré «lorsque les pro­mo­teurs im­mo­bi­liers n’ont plus réus­si à vendre et que les banques se sont re­trou­vées avec des lo­tis­se­ments en­tiers à re­vendre ». Cette crise du bâ­ti­ment a en­traî­né beau­coup de chô­mage pour ceux qui en dé­pen­daient comme les ma­çons qui ga­gnaient « il y a 5-6 ans entre 3.000 et 4.000 eu­ros par mois », donc des per­sonnes ac­tuel­le­ment sur­en­det­tées au chô­mage car les banques leur fai­saient des cré­dits pour tout type

De nom­breux agents im­mo­bi­liers comme He­len, de Ho­ri­hue­la Costa, nous ont dit que « la crise es­pa­gnole a com­men­cé à dé­croître », « de­puis le dé­but du prin­temps 2014, les prix de l’im­mo­bi­lier

com­mencent à re­mon­ter » . Pour Ja­quie, de Guar­da­mar, les prix ont aug­men­té de 8% à 10% en quelques se­maines, « en 2008, les prix de l’im­mo­bi­lier étaient mon­té trop hauts », une baisse de 40% en 2009-2010 s’ex­plique aus­si dans ce contexte. Ef­fec­ti­ve­ment, d’après les pré­vi­sions éco­no­miques*, l’éco­no­mie es­pa­gnole de­vrait connaître une crois­sance d’1% en 2014 dé­jà amor­cée à la fin 2013 grâce à la pro­duc­tion in­dus­trielle no­tam­ment de biens in­ter­mé­diaires (à des­ti­na­tion de l’ex­por­ta­tion no­tam­ment) et au tou­risme. Dé­sor­mais, le sec­teur de la construc­tion est pas­sé de 13% du PIB en 2008 à 7% du PIB en 2013 (avec une baisse de 22% des per­mis de construire entre jan­vier 2013 et jan­vier 2014). Mais le chô­mage de­meure im­por­tant (25,6% en fé­vrier 2014). Nous avons de­man­dé aux agents im­mo­bi­liers qui n’abor­daient pas la ques­tion sur la crise s’ils pen­saient que les banques étaient un pro­blème cen­tral. He­len a ré­pon­du qu’avant la crise « les banques prê­taient trop fa­ci­le­ment » et elle pense qu’ap­pli­quer des cri­tères plus sé­lec­tifs d’em­prunt va dans le bon sens pour évi­ter le sur­en­det­te­ment. Ja­quie a pré­ci­sé qu’une par­tie des ache­teurs n’avaient pas be­soin d’em­prunt et que d’autres de­man­daient à leur banque d’ori­gine du fait qu’ils étaient dé­jà pro­prié­taire dans leur pays et que la banque pou­vait y faire une hy­po­thèque.

*« Espagne : la re­prise à tout prix », l’ana­lyse éco­no­mique et sec­to­rielle du Groupe Cré­dit Agri­cole, Apé­rio­di­quen°14/29-16 avril 2014.

Se­lon Tomás, les Etats membres de la zone Eu­ro de­vraient suivre l’exemple des Amé­ri­cains, des Ja­po­nais ou des Bri­tan­niques, « l’Al­le­magne a peur de l’in­fla­tion de­puis la crise de 1929, et elle conti­nue a li­mi­ter les li­qui­di­tés mo­né­taires dis­po­nibles dans l’éco­no­mie en­core de nos jours ». Il est pro­bable que cet agent fait ré­fé­rence au fait que si la Banque cen­trale eu­ro­péenne (BCE) a di­mi­nué les taux d’in­té­rêt (même si ce fut de fa­çon plus ti­mide qu’à la Fed), elle re­fuse de dé­va­luer l’Eu­ro ou en­core la BCE et les chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment re­fusent de sup­pri­mer l’ar­ticle 123 du trai­té de Lis­bonne qui in­ter­dit à la BCE et aux banques cen­trales na­tio­nales de la zone Eu­ro de prê­ter di­rec­te­ment aux ad­mi­nis­tra­tions cen­trales, aux col­lec­ti­vi­tés lo­cales et à toutes en­ti­tés pu­bliques. Si l’Espagne montre des signes de re­prise, il n’est pas ga­ran­ti que d’autres mar­chés im­mo­bi­liers de la zone Eu­ro dé­butent une autre crise (voir In­vest(ir) (en) Eu­rope n°2 dos­sier mar­ché de l’im­mo­bi­lier en France- dé­cembre 2014). Les ache­teurs du mar­ché im­mo­bi­lier de la côte mé­di­ter­ra­néenne es­pa­gnole sont ma­jo­ri­tai­re­ment eu­ro­péens mais aus­si amé­ri­cains et, plus ré­cem­ment russes et, dans une moindre me­sure, chi­nois. « Les Russes sont de plus en plus nom­breux du fait que l’Espagne offre un vi­sa per­ma­nent s’ils achètent des biens de plus de 165.000 eu­ros ». Cer­tains Es­pa­gnols re­marquent que « la Costa Blan­ca n’est plus es­pa­gnole ! » dans le sens qu’ils constatent que les ha­bi­tants de la côte sont ma­jo­ri­tai­re­ment étran-

L’été et les fes­ti­vi­tés com­mencent au princ­temps sur la Costa Blan­ca ! Pho­to de la plage d’Ali­cante le 13 avril 2014

Les pro­ces­sions du­rant toute la « se­maine sainte » Pro­ces­sions du­ring all the «ho­ly week»

Pael­la à par­ta­ger en fes­ti­vi­té Pael­la to share du­ring fes­ti­vi­ties

Pho­to d’Ali­cante/ pic­ture of Ali­cante Costa Blan­ca

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