Quand un loisir de­vient un bu­si­ness. When a hob­by be­comes bu­si­ness

Fa­shion blog­ger, un mé­tier à part en­tière ? Fa­shion blog­ger, a full job ?

Investir en Europe - - Culture & Societe /society - Ma­non Bal­ta­zard, étudiante ISI

Avec l’ap­pa­ri­tion d’In­ter­net, nos modes de vie ont évo­lué et notre ma­nière de com­mu­ni­quer a chan­gé. Au­jourd’hui, en plus d’être ac­ces­sible à tous, créer un blog est de­ve­nu com­mun. Il per­met d’ex­pri­mer ou de par­ta­ger son avis avec d’autres in­ter­nautes. Ces der­nières an­nées, un vé­ri­table phé­no­mène est ap­pa­ru le blog de mode. Plus que de simples blog, de nom­breuses jeunes filles réus­sissent à en ti­rer un re­ve­nu, voire même à en vivre.

Qu’il s’agisse de Chia­ra, de Ga­rance, de Co­line, ou de Bet­ty (pour ne ci­ter qu’elles), toutes ont créé leur blog pour par­ta­ger leur pas­sion de la mode. À tra­vers leur look, elles par­viennent à nous faire dé­cou­vrir les nou­velles ten­dances. Au dé­part, étu­diantes ou en ac­ti­vi­té, elles n’évo­luent pas for­cé­ment dans le sec­teur de la mode. Sen­si­bi­li­sées, elles y consacrent ce­pen­dant leur temps libre. En seu­le­ment quelques an­nées, elles ont réus­si à se créer une com­mu­nau­té de fans ga­rant de leur vi­si­bi­li­té et de leur no­to­rié­té. Chia­ra est la plus sui­vie avec 4 mil­lions de vi­si­teurs par mois sur son blog et 5,4 mil­lions de fol­lo­wers sur Ins­ta­gram.

With the emer­gence of in­ter­net, our li­fe­styles have evol­ved and the way we com­mu­ni­cate has chan­ged. To­day, in ad­di­tion to being ac­ces­sible to eve­ryone create a blog has be­come com­mon. It al­lows to ex­press his opi­nion or share with others. Recent years a phe­no­me­non has emer­ged: fa­shion blog. More than just blog, ma­ny girls are able to earn an in­come or even to live thanks to that.

Some years la­ter, whe­ther Chia­ra, Ga­rance, Co­line, or Bet­ty (to name a few), all crea­ted their blog to share their pas­sion for fa­shion. Through their look, they make us dis­co­ver new trends via their ar­ticle. Ini­tial­ly, stu­dents or al­rea­dy in ac­ti­vi­ty, but they don’t ne­ces­sa­ri­ly work in the fa­shion in­dus­try. Ho­we­ver, sen­si­ti­zed they spend their free time. In just a few years, they have ma­na­ged to create a com­mu­ni­ty of fans; an in­crea­sing num­ber of fol­lo­wers (5.4 mil­lions per month on Ins­ta­gram), gua­ran­tee their vi­si­bi­li­ty and re­nown.

Une li­ber­té d’ex­pres­sion

Les blo­gueuses mode s’ex­priment en toute li­ber­té. Elles n’ont pas les mêmes contraintes que les ré­dac­trices ou jour­na­listes, sou­mises aux règles de dé­on­to­lo­gie. Elles donnent leur opi­nion sur des pro­duits ache­tés ou tes­tés, qu’elle soit po­si­tive ou négative. Vé­hi­cu­lant l’image de la bonne co­pine, qui donne des conseils, qui par­tage ses bons plans et as­tuces, les blo­gueuses ont vite trou­vé suc­cès au­près des lec­trices. Avec elles, il de­vient pos­sible d’échan­ger et de tis­ser une vé­ri­table re­la­tion de confiance.

Peu à peu, les blo­gueuses sont de­ve­nues une ré­fé­rence en ma­tière de mode. En pro­po­sant des idées de looks, elles sont ar­ri­vées à sus­ci­ter des en­vies et à ins­pi­rer les lec­teurs. Un po­ten­tiel qui n’a pas échap­pé aux marques.

Un po­ten­tiel et une vi­si­bi­li­té pour les marques

De­puis cinq ans, l'in­fluence des blogs de mode ne cesse en ef­fet de croître. Ce nou­veau pou­voir de pres­crip­tion est un atout non né­gli­geable pour les marques. Les plus grandes blo­gueuses peuvent même sur­pas­ser la presse écrite spé­cia­li­sée. Elles offrent une vi­si­bi­li­té consi­dé­rable aux marques, c’est pour­quoi elles les in­cluent dans leur stra­té­gie mar­ke­ting.

Elles leur pro­posent de dé­cou­vrir des pro­duits, de les tes­ter. En re­tour, les blo­gueuses écrivent des ar­ticles, pu­blient sur les ré­seaux so­ciaux, elles font la pu­bli­ci­té des marques et leur per­mettent d’ac­croître leurs ventes. Ain­si, il est fré­quent de trou­ver des ar­ticles spon­so­ri­sés ou en par­te­na­riat sur les blogs. L’in­fluence des blo­gueuses n’étant plus à prou­ver, elles sont ac­tuel­le­ment même in­vi­tées à des évé­ne­ments ou dé­fi­lés.

Free­dom of ex­pres­sion

Fa­shion blog­gers are free, they don’t have the same constraints as edi­tors and jour­na­lists sub­ject to pro­fes­sio­nal’s rules. They give their opi­nions on pro­ducts pur­cha­sed or tes­ted, we­ther it’s po­si­tive or ne­ga­tive. They look like a good friend who gives ad­vice, who shares his tips and tricks, so blog­gers found qui­ck­ly a suc­cess to rea­ders. With them, it be­comes pos­sible to ex­change and build a trust’s re­la­tion­ship. Gra­dual­ly, blog­gers have be­come a good re­fe­rence in fa­shion. Thanks to their looks, they came to arouse de­sires and ins­pire rea­ders. This po­ten­tial hasn’t es­ca­ped the brands.

Po­ten­tial and vi­si­bi­ly for brands

Since five years, the in­fluence of fa­shion blog­gers conti­bues to grow. This new pres­cip­tion po­wer is a si­gni­fi­cant as­set for brands. The most fa­mous blog­gers are fol­lo­wed by hun­dred or thou­sands of rea­ders, a few can sur­pas­sing fa­shion ma­ga­zine. So they pro­vide con­si­de­rable vi­si­bi­li­ty to brands.

Be­cause they ex­press their­self free­ly and rea­ders iden­ti­fy to them, ma­ny brands in­clude blog­gers in their mar­ke­ting stra­te­gy. They of­fer them to dis­co­ver pro­ducts, test them and share their ex­pe­riences with theur au­dience. In re­turn, blog­gers write ar­ticles, pu­blish on social me­dia, they make ad­ver­tise for brands and al­low them to in­crease their sales. This is why, it’s com­mon to find spon­so­red post and part­ner­ship on blogs. Blog­gers’s in­fluence are no lon­ger to prove, to­day they are in­vi­ted to events or shows.

Une no­to­rié­té qui se mon­naie

Grâce à leur no­to­rié­té, les blo­gueuses ont pu trou­ver un moyen de ga­gner de l’ar­gent, voire pour cer­taines d’en vivre. En­core in­ima­gi­nable il y a quelques an­nées. La plu­part d’entre elles sont au­to­di­dactes, elles ont ap­pris au fur et à me­sure à en­tre­te­nir leur blog : l’écri­ture, la pho­to­gra­phie, le Web­de­si­gn… Un tra­vail long et fas­ti­dieux, qui de­mande beau­coup d’éner­gie et de temps. Eléo­nore Bridge de «le­blog­de­la­me­chante» es­time qu’un "billet look" exige 5 heures de tra­vail, com­pre­nant la séance photo, le tra­vail de tri et de trai­te­ment des pho­tos et la ré­dac­tion de l’ar­ticle. Co­line de «et­pour­quoi­pas­co­line» y consacre pas moins de 8 à 10 heures par jour : « Il y a les pho­tos de look [...], le temps de trai­te­ment des pho­tos [...]. Je dois aus­si écrire les ar­ticles, va­li­der les pho­tos [...] va­li­der les com­men­taires, y ré­pondre, être pré­sente sur les ré­seaux so­ciaux, tour­ner et mon­ter les vi­déos, gé­rer les e­mails [...] ».

Plus elles ont de l’au­dience, plus elles sont ré­mu­né­rées. Au­jourd’hui, cer­taines quittent même leur ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle pour de­ve­nir blo­gueuse à plein temps.

Un loisir de­ve­nu bu­si­ness

Par­ties de rien, ces jeunes filles sont de­ve­nues de vraies stars de la blo­go­sphère, et sont re­con­nues dans le monde de la mode. Cer­taines ap­pa­raissent dans les ma­ga­zines, les « look book » et les films pu­bli­ci­taires des marques… D’autres sont à la tête d'en­tre­prises flo­ris­santes.

Le reportage «Je poste donc je suis» nous ap­prend que cer­taines blo­gueuses gagnent rai­son­na­ble­ment leur vie. Ce­pen­dant, comme tout tra­vail exer­cé en free­lance, leurs re­ve­nus sont très va­riables. "Ce­la peut al­ler de 800 eu­ros par mois quand il n’y a que des ban­nières pu­bli­ci­taires, à 4.000 eu­ros lorsque j’ef­fec­tue une opé­ra­tion avec une marque de luxe", dé­taille Ken­za Sa­doun El Glaoui, de « la­re­vue­de­ken­za ». Mais les grandes blo­gueuses, comme Alix Ban­court (The Cher­ry Blos­som Girl) ou Bet­ty Au­tier, "touchent des sa­laires de grands ban­quiers, à 5 chiffres" grâce à leurs col­la­bo­ra­tions avec les marques.

A re­now­ned re­war­ded

Thanks to their re­nown blog­gers have found a way to make mo­ney, or even for some to live. Uni­ma­gi­nable a few years ago. Most of them are self­taught, they have lear­ned pro­gres­si­ve­ly to main­tain their blog: wri­ting, pho­to­gra­phy, Web de­si­gn ... Hard and long work, that re­quires a lot of ener­gy and time.

Eleo­nore Bridge from "le­blog­de­la­me­chante" be­lieves that a "look post" re­quires 5 hours of­work, in­clu­ding the photo shoot, se­lec­tions and pho­tos re­tou­ching and wri­ting. Co­line "et­pour­quoi­pas­co­line" de­votes no less than 8 to 10 hours per day: « There are pho­tos shoot [...], time to pho­tos re­tou­ching [...]. I al­so have to write ar­ticles, va­li­date pho­tos [...] va­lide the com­ments, re­spond, be present on social me­dia, film and edit vi­deos, ma­nage e­mails [...] ». Now, brands al­lo­cate a bug­det to blog­gers.

More they are au­dience, the more they are paid To­day, few blog­gers leave their job to be­come a full time blog­ger.

A hob­by be­comes bu­si­ness

Star­ting from scratch, these girls have be­come real stars of the blo­gos­phere, and they are re­co­gni­zed in the fa­shion world. Some ap­pear in ma­ga­zines, « look book » and brand’s ad­ver­ti­sing… Others are lea­ding suc­cess­ful bu­si­nesses. The co­ve­rage «Je poste donc je suis» teaches us that some blog­gers earn rea­so­na­bly their life. Ho­we­ver, like any free­lance job, their in­come are high­ly va­riable. "This can range from 800 eu­ros per month when there are on­ly ads ban­ner, to €4.000. when I’m making a col­la­bo­ra­tion with a luxu­ry brand", ex­plains Ken­za Sa­doun El Glaoui, from « la­re­vue­de­ken­za ». But the most fa­mous blog­gers like Alix Ban­court (The Cher­ry Blos­som Girl) or Bet­ty Au­tier, "earn ban­kers sa­la­ry, with 5 fi­gu­ries" through their col­la­bo­ra­tions with brands.

Blo­gueuse 2.0 la col­la­bo­ra­tion avec les marques

Cer­taines blo­gueuses ont ac­tuel­le­ment le pri­vi­lège de créer des pièces, des col­lec­tions cap­sules, qui ren­contrent la plu­part du temps un vé­ri­table suc­cès. Bet­ty (Le Blog de Bet­ty) a ain­si ima­gi­né des sacs à main pour Lan­cas­ter en 2012 et 2014. Chia­ra de The blond Sa­lad a créé quant à elle sa marque de chaus­sure épo­nyme, ven­due dans les plus grands ma­ga­sins.

D’abord convoi­té par les marques de « mass­mar­ket », ac­tuel­le­ment les blo­gueuses tra­vaillent éga­le­ment avec les marques les plus prestigieuses. Que ce soit lors du fes­ti­val de Cannes ou bien lors de la der­nière Fa­shion Week à Pa­ris (mars 2014), les marques de luxe n’hé­sitent plus à in­vi­ter les blo­gueuses, et les ins­tallent même au pre­mier­rang des dé­fi­lés.

Blo­gueuse mode : un nou­veau mé­tier ?

Bien loin de l’image du jour­nal in­time, de nom­breux blogs mode sont ac­tuel­le­ment aus­si tra­vaillés que les ma­ga­zines, avec des shoo­tings pro­fes­sion­nels, des te­nues luxueuses… des posts tous les jours, même lorsque les blo­gueuses voyagent, car elles ne sont plus seules. La blo­gueuse Chia­ra « The Blond Sa­lad » tra­vaille par exemple avec 14 col­la­bo­ra­teurs (ré­dac­teur, pho­to­graphe, com­mu­ni­ty ma­na­ger, as­sis­tante). Le blog est de­ve­nu un vé­ri­table Bu­si­ness. Être blo­gueuse peut être au­jourd’hui un mé­tier qui peut rap­por­ter gros. Ré­cem­ment, une en­quête du Wo­men’s Wear Dai­ly ré­vé­lait que cer­tains blo­gueurs ga­gnaient jus­qu’à 1 mil­lion de dol­lars par an : Chia­ra Fer­ra­gni, Su­san­na Lau, Ga­rance Do­ré… Un job qui en fait rêver plus d’une, mais seu­le­ment une di­zaine de blo­gueurs, sur des cen­taines de mil­liers, sont concer­nés.

Ai­mées ou dé­tes­tées, les blo­gueuses laissent ra­re­ment in­dif­fé­rentes.

Elles sont re­con­nues dans le monde de la mode, cer­taines sont de­ve­nues créa­trices, pré­sen­ta­trices ou animent en­core des ru­briques dans les ma­ga­zines.

Si te­nir un blog peut ac­tuel­le­ment être re­con­nu comme une ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle à part en­tière, quel ave­nir ré­serve ce mé­tier ? Que fe­ront ces blo­gueuses dans quelques an­nées quand elles n’au­ront plus en­vie de se prendre en pho­tos ? Et dans un monde en per­pé­tuel évo­lu­tion, com­ment sa­voir si les blo­gueuses conser­ve­ront leur place au­près des marques ? Il est en­core trop tôt pour le dire.

Blog­gers 2.0, col­la­bo­ra­tion with brands

Some blog­gers have the op­por­tu­ni­ty to create pieces, cap­sule col­lec­tions, which meet most of the time a big suc­cess. Bet­ty (« Le Blog de Bet­ty ») has de­si­gned bags for Lan­cas­ter in 2012 and 2014. Chia­ra from «The blond Sa­lad» crea­ted her epo­ny­mous shoes brand, sold in big­gest stores.

First of all conve­ted by « mass­mar­ket » brands, no­wa­days blog­gers work al­so with the most pres­ti­gious brands. Whe­ther it be at Cannes fes­ti­val or at the last Fa­shion Week in Pa­ris (march 2014), luxu­ry brands do not he­si­tate to in­vite blog­gers, and ins­tall them at the front row of fa­shion shows.

Blog­ger : a new job ?

Far from the image of dia­ry, ma­ny fa­shion blogs look like ma­ga­zines, with pro­fes­sio­nal shoo­tings, luxu­rious out­fits ... of posts eve­ry day, even when blog­gers tra­ve­ling ,be­cause they are no lon­ger alone. Chia­ra "The Blonde Sa­lad" work for example with 14 em­ployees (wri­ter, pho­to­gra­pher, com­mu­ni­ty ma­na­ger, as­sis­tant ..). Blog has be­come a real bu­si­ness. Being blog­ger can be to­day a job, and can pay ge­ne­rous­ly. Re­cent­ly, a sur­vey by Wo­men’s Wear Dai­ly re­vea­led that some blog­gers ear­ning up to 1 mil­lions $ per year: Chia­ra Fer­ra­gni, Su­san­na Lau, Ga­rance Do­ré… A job that makes dream more than one, but on­ly a do­zen blog­gers on hun­dreds of thou­sands are concer­ned.

Lo­ved or ha­ted, blog­gers leave ra­re­ly in­dif­ferent. They ma­na­ged to be re­co­gni­zed in the fa­shion in­dus­try, thanks to their work. Some have even be­come sty­list, an­chor­wo­man or re­dac­tor in ma­ga­zines.

If kee­ping a blog can now be re­co­gni­zed as a full pro­fes­sio­nal ac­ti­vi­ty, what fu­ture re­serve this job? What will these blog­gers in a few years when they will no lon­ger want to be ta­king in pic­tures ? And in a world in cons­tant evo­lu­tion, how to know if blog­gers re­tain their place among brands? It is too ear­ly to say.

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