Ju­riste d’en­tre­prise : nou­velle pro­fes­sion à ré­gle­men­ter en France ? Com­pa­ny lawyer: new pro­fes­sion to re­gu­late in France?

Com­pa­ny lawyer: new pro­fes­sion to re­gu­late in France?

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En Eu­rope, dans le contexte du Brexit et de l’évo­lu­tion de la pro­fes­sion du ju­riste d’en­tre­prise (hausse de 7% en 7 ans(1) de leur re­cours, évo­lu­tion du rôle dans l’en­tre­prise(2)), la ques­tion d’un ren­for­ce­ment de leur sta­tut est po­sée.

Ce ren­for­ce­ment passe­t­il par la re­con­nais­sance de la con iden­tia­li­té de ces avis (le «le­gal pri­vi­lege»(3) ), par l’in­ter­pro­fes­sion­na­li­té (voire la fu­sion(4) ) avec les avo­cats(5) et la mo­der­ni­sa­tion de l’offre ju­ri­dique en France ? Le dé­bat est ou­vert de­puis quelques an­nées. Les perspectives de le voir abou­tir par des so­lu­tions construc­tives sont, semble­t­il, pro­met­teuses. Il existe des fac­teurs de contexte au­tant favorables que dé­fa­vo­rables à une évo­lu­tion ré­gle­men­taire de la pro­fes­sion. L’en­jeu est de taille : la com­pé­ti­ti­vi­té des en­tre­prises fran­çaises, l’at­trait de la place de droit de Pa­ris et son offre ju­ri­dique de qua­li­té, le poids éco­no­mique du mar­ché du droit en France (31,1 mil­liards d’eu­ros(6) toutes pro­fes­sions ju­ri­diques confon­dues(7) )(8).

In Eu­rope, in the context of Brexit and the evo­lu­tion of the com­pa­ny lawyer (7% in­crease in 7 years (1), evo­lu­tion of the role in the com­pa­ny (2)), the ques­tion of a streng­the­ning of their sta­tus is po­sed.

Does this rein­force the re­cog­ni­tion of the con iden­tia­li­ty of these opi­nions (the "le­gal pri­vi­lege" (3)), the cross­in­dus­try (or even the mer­ger (4)) with the lawyers (5) and the mo­der­ni­za­tion of the le­gal of­fer in France? The de­bate has been open for a few years. The pros­pects of seeing it lead to construc­tive so­lu­tions are, it seems, pro­mi­sing. There are contex­tual fac­tors both fa­vo­rable and un­fa­vo­rable to a re­gu­la­to­ry evo­lu­tion of the pro­fes­sion. The stakes are high: the com­pe­ti­ti­ve­ness of French com­pa­nies, the at­trac­ti­ve­ness of Pa­ris and its qua­li­ty le­gal of­fer, the eco­no­mic weight of the French law mar­ket (31.1 bil­lion eu­ros (6) all le­gal pro­fes­sions com­bi­ned (7)). (1)Source : https://www.le­gal­suite.fr/in­fo­gra­phie­ba­ro­metre­des­ju­ristes­2017/

(2)Voir la 6ème Car­to­gra­phie des Di­rec­tions ju­ri­diques (étude bis­an­nuelle), réa­li­sée par LEX­qi Conseil, juin 2018 : ile:///C:/Users/mi­rao/Desk­top/ju­riste%20d'en­tre­prise/car­to­gra­phie_­des­di­rec­tions­ju­ri­di­ques_2018_in­te­gra­li­te­re­sul­tats_­juin2018.pdf Le ju­riste d’en­tre­prise, à la dif­fé­rence de l’avo­cat, est membre à part en­tière de l’en­tre­prise dont il est un cadre sa­la­rié et, à ce titre, il doit faire corps avec son en­tre­prise, épou­ser ses ob­jec­tifs et se sen­tir im­pli­qué dans ses ré­sul­tats, tout en conser­vant son in­dé­pen­dance d’es­prit sur les moyens qu’il pré­co­nise pour at­teindre les ob­jec­tifs.

(3)Dans les pays de tra­di­tion ro­ma­no­ger­ma­nique, comme la France, la pro­tec­tion des avis ju­ri­diques n’est ga­ran­tie qu’au tra­vers du se­cret pro­fes­sion­nel des avo­cats. Dans les pays de Com­mon Law, c’est le con­cept du le­gal pri­vi­lege (pri­vi­lège de con iden­tia­li­té) qui pré­vaut et qui pro ite éga­le­ment aux ju­ristes d’en­tre­prise an­glo­saxons. Le se­cret pro­fes­sion­nel s’at­tache à la per­son­na­li­té de l’au­teur. Le le­gal pri­vi­lege s’at­tache au conte­nu de l’avis et pro­tège la con iden­tia­li­té des échanges entre un conseil et son client. Le ju­riste d’en­tre­prise fran­çais, tout comme l’avo­cat, est contraint à res­pec­ter le se­cret pro­fes­sion­nel, mais les avis ju­ri­diques qu’il ré­dige pour le compte de son em­ployeur ne bé­né icient pas, à la dif­fé­rence de ceux des avo­cats, de la con iden­tia­li­té. Ain­si, ses échanges et avis n’étant pas con iden­tiels, peuvent être sai­sis à tout mo­ment et uti­li­sés à charge contre l’en­tre­prise qui l’em­ploie. En ef­fet, en ver­tu de l’art. 66­5 de la loi du 31 dé­cembre 1971, le se­cret pro­fes­sion­nel a vo­ca­tion à pro­té­ger les do­cu­ments s’ins­cri­vant dans le cadre de la re­la­tion avo­cat­client, à l’ex­clu­sion de tout do­cu­ment éma­nant d’un ju­riste d’en­tre­prise, et ce­ci à cause du rap­port d’em­ploi qui le lie à son em­ployeur (sa­la­rié et non in­dé­pen­dant comme l’avo­cat). Dans ces condi­tions, les ju­ristes d’en­tre­prise fran­çais cherchent de­puis plu­sieurs an­nées à pou­voir bé­né icier, eux aus­si, du le­gal pri­vi­lege de leurs col­lègues an­glo­saxons.

(4)En­tre­tien avec Gilles Mau­duit, pré­sident de l’AFJE, Re­vue Pra­tique du Droit d’En­tre­prise n°9, https://www.a je.org/me­dias/Ob­ser­va­toire/En­tre­tienMau­duit­30ansAFJE.pdf; voir le rap­port Va­raut (en an­nexe).

(5)Il s’agit de la pos­si­bi­li­té pour ces pro­fes­sion­nels soit d’exer­cer dans la même struc­ture (in­ter­pro­fes­sion­na­li­té d’exer­cice) soit de dé­te­nir des parts dans les struc­tures d’exer­cice d’une autre pro­fes­sion ju­ri­dique (in­ter­pro­fes­sion­na­li­té ca­pi­ta­lis­tique).

(6)Le nombre d’em­plois di­rects de la ilière du droit en 2017 s’élève à 431 820. Source : Cercle Mon­tes­quieu, Rap­port d’ac­ti­vi­té 2017, p.27. (7)Il s’agit des avo­cats, des ju­ristes d’en­tre­prises, des pro­fes­sions ad­mi­nis­tra­tives et ju­di­ciaires (ma­gis­trats, em­ployés des tri­bu­naux), des pro­fes­sions ré­gle­men­tées (no­taires, huis­siers, ad­mi­nis­tra­teurs et man­da­taires ju­di­ciaires, com­mis­saires­pri­seurs…).

I.Les élé­ments du dé­bat au­tour du ren­for­ce­ment du sta­tut du ju­riste d’en­tre­prise

Hé­té­ro­gé­néi­té des sta­tuts du ju­riste d’en­tre­prise en Eu­rope : le ju­riste d’en­tre­prise ne bé­né icie pas du même sta­tut au sein de l’UE, ce qui n’est pas sans consé­quences sur la com­pé­ti­ti­vi­té de l’en­tre­prise qui l’em­ploie(9) . De nom­breux pays de l’UE(10) ac­cordent la con iden­tia­li­té aux avis des ju­ristes d’en­tre­prise, par­fois par la mise en place d’un «le­gal pri­vi­lege», at­ta­ché aux actes eux­mêmes. La Bel­gique fait of ice d’exemple en re­cou­rant à une solution ori­gi­nale(11).

Po­si­tion des juges eu­ro­péens et fran­çais : de­puis 1982, le juge des ins­tances ju­di­ciaires eu­ro­péennes et le juge fran­çais, dans une ju­ris­pru­dence constante, op­posent le ju­riste d’en­tre­prise(12) et l’avo­cat sa­la­rié en en­tre­prise(13) à l’avo­cat, en re­fu­sant aux deux pre­miers le bé­né ice du le­gal pri­vi­lege. (tou­te­fois, cette ju­ris­pru­dence n’em­pêche pas les États membres de lé­gi­fé­rer dans leur ordre in­terne sur le se­cret pro­fes­sion­nel et la con iden­tia­li­té). Ils dé­fendent leur po­si­tion du fait du lien de su­bor­di­na­tion qui les lie à leurs clients et ain­si leur manque d’in­dé­pen­dance.

Avan­tages de l’évo­lu­tion du sta­tut : les re­pré­sen­tants de la pro­fes­sion ne cessent de cla­mer que le ren­for­ce­ment du sta­tut du ju­riste d’en­tre­prise rime avec «le ren­for­ce­ment de la com­pé­ti­ti­vi­té des opé­ra­teurs éco­no­mique fran­çais et la pro­mo­tion du droit et de ses pro­fes­sions en France et dans la mon­dia­li­sa­tion»(14). «Loin de vou­loir créer une nou­velle pro­fes­sion ré­gle­men­tée en France, il s’agit sur­tout de pré­ci­ser ses condi­tions d’exer­cice dans l’in­té­rêt des en­tre­prises fran­çaises, du droit fran­çais et de toutes les pro­fes­sions ju­ri­diques en France»(15) . Trois ju­ristes d’en­tre­prise sur cinq consi­dèrent le ren­for­ce­ment d’une ilière ju­ri­dique unie comme un vec­teur d’em­ploya­bi­li­té et de mo­bi­li­té.

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I.The ele­ments of the de­bate on streng­the­ning the com­pa­ny lawyer sta­tus

He­te­ro­ge­nei­ty of cor­po­rate lawyers sta­tus in Eu­rope: cor­po­rate lawyers do not en­joy the same sta­tus in the EU, which is not wi­thout conse­quences for the com­pe­ti­ti­ve­ness of the com­pa­ny that em­ploys them (9). Ma­ny EU coun­tries (10) grant con iden­tia­li­ty to the opi­nions of com­pa­ny lawyers, so­me­times by set­ting up a "le­gal pri­vi­lege" at­ta­ched to the acts them­selves. Bel­gium serves as an example by re­sor­ting to an ori­gi­nal solution (11).

Po­si­tion of the Eu­ro­pean and French judges: since 1982, the judge of the Eu­ro­pean ju­di­cial au­tho­ri­ties and the French judge, ac­cor­ding to set­tled case­law, op­pose the com­pa­ny lawyer (12) and the lawyer sa­la­ried em­ployee(13) to the lawyer, re­fu­sing the irst two the bene it of the le­gal pri­vi­lege. (Ho­we­ver, this case­law does not prevent Mem­ber States from le­gis­la­ting in their in­ter­nal or­der on pro­fes­sio­nal se­cre­cy and con iden­tia­li­ty). They de­fend their po­si­tion be­cause of the link of su­bor­di­na­tion that binds them to their client and thus their lack of in­de­pen­dence.

Ad­van­tages of the evo­lu­tion of the sta­tute: the re­pre­sen­ta­tives of the pro­fes­sion keep pro­clai­ming that the streng­the­ning of the sta­tus of the com­pa­ny lawyer rhymes with "the rein­for­ce­ment of the com­pe­ti­ti­ve­ness of the French eco­no­mic ope­ra­tors and the pro­mo­tion of the law and its pro­fes­sions in France and in glo­ba­li­za­tion "(14). "Far from wan­ting to create a new re­gu­la­ted pro­fes­sion in France, it is es­pe­cial­ly im­por­tant to spe­ci­fy its condi­tions of prac­tice in the in­ter­est of French com­pa­nies, French law and all le­gal pro­fes­sions in France" (15). Three out of ive com­pa­ny lawyers consi­der the streng­the­ning of a uni­ted le­gal sec­tor as a vec­tor of em­ploya­bi­li­ty and mo­bi­li­ty.

(9) Pour un ré­su­mé des dif icul­tés ré­sul­tants pour les en­tre­prises fran­çaises ou ins­tal­lées en France du sta­tut et du po­si­tion­ne­ment des ju­ristes d’en­tre­prise fran­çais par rap­port aux pra­tiques étran­gères, voir p.19 et s. du rap­port Pra­da, mars 2011, «Cer­tains fac­teurs de ren­for­ce­ment de la com­pé­ti­ti­vi­té ju­ri­dique de la place de Pa­ris», www.textes.jus­tice.gouv.fr/art_­pix/1_Rap­port_­pra­da_20110413.pdf

(10) Al­le­magne, Bel­gique, Da­ne­mark, Es­pagne, Grèce, Ita­lie, Ir­lande, Pays­Bas, Royaume­Uni…

(11)La loi du 1er mars 2000, mo­di iée par la loi du 19 mai 2010, consacre et dé init un sta­tut du ju­riste d’en­tre­prise qui n’ap­par­tient pas à la pro­fes­sion d’avo­cat (art. 5) ; ga­ran­tit la con iden­tia­li­té de ses avis ju­ri­diques ; crée l’Ins­ti­tut des ju­ristes d’en­tre­prise (IJE), re­vê­tu des atouts d’un vé­ri­table Ordre pro­fes­sion­nel !

(12)Concer­nant le ju­riste d’en­tre­prise, le rap­port d’em­ploi qui l’unit à son em­ployeur le prive de l’in­dé­pen­dance né­ces­saire lui in­ter­di­sant ain­si de pré­tendre à la con iden­tia­li­té de ses avis (CJCE, C­155/79, 18 mai 1982, AM&S ; Cass. Civ. n°15­20495, 3 no­vembre 2016, Tech­ni­co­lor). Idem quant à la pos­si­bi­li­té de plai­der pour l’en­tre­prise qui l’em­ploie de­vant le juge eu­ro­péen (CJUE, C­422/11 P et C­423/11 P, Prezes Urzę­du Ko­mu­ni­kac­ji Elek­tro­nicz­nej c/ Ré­pu­blique de Po­logne, 6 sept. 2012).

(13) Concer­nant l’avo­cat sa­la­rié en en­tre­prise : ses cor­res­pon­dances peuvent, éven­tuel­le­ment, bé­né icier de la pro­tec­tion du se­cret pro­fes­sion­nel, dès lors qu’il est sou­mis à des règles dé­on­to­lo­giques de même de­gré que celles s’im­po­sant à un avo­cat in­dé­pen­dant (TPICE, T125/03 et T­253/03, 30 oct. 2003, Ak­zo No­bel Che­mi­cals Ltd). Re­vi­re­ment ju­ris­pru­den­tiel en 2007 (TPICE, T­253/03, 17 sept. 2007, Ak­zo No­bels Che­mi­cals Ltd /Com­mis­sion : «La pré­ro­ga­tive du se­cret pro­fes­sion­nel ne se jus­ti ie que dans la me­sure où les avo­cats sont in­dé­pen­dants, càd non liés à leur client par un rap­port d’em­ploi»), con ir­mé en 2010 (TPICE, T­253/03, 17 sept. 2007, Ak­zo No­bels Che­mi­cals Ltd /Com­mis­sion) : re­fus de lui ac­cor­der le «le­gal pri­vi­lege». Pour un commentaire des ar­rêts Ak­zo et l’im­por­tance du le­gal pri­vi­lege en droit de la concur­rence, voir Isa­belle Cre­te­net, Jean­Charles Sa­vou­ré, «Ak­zo : Les ju­ristes sont­ils condam­nés à ne rien pou­voir écrire ? », déc. 2007, Re­vue Con­cur­rences n° 4­2007, art. n° 14575, p. 1­2.

(14)Po­si­tion com­mune de l’AFJE et du Cercle Mon­tes­quieu, 2014.

(15)Le Cercle Mon­tes­quieu, 2015

II.Fac­teurs de contexte ­ favorables et dé­fa­vo­rables ­ au ren­for­ce­ment du sta­tut de la pro­fes­sion

Evo­lu­tions ju­ris­pru­den­tielles et lé­gis­la­tives ré­centes favorables : deux ju­ri­dic­tions na­tio­nales de pays membres de l’UE (Bel­gique, Pays­Bas)(16) et le Bar­reau amé­ri­cain(17) ont ré­cem­ment ou­vert la brèche à une évo­lu­tion du sta­tut du ju­riste d’en­tre­prise en per­met­tant leur d’opé­rer dans un pays tiers.

Evo­lu­tion de la ré lexion en France et mo­bi­li­sa­tion de la pro­fes­sion(18) : de­puis 1990, plu­sieurs rap­ports en France se sont pen­chés sur l’évo­lu­tion des re­la­tions entre avo­cats et ju­ristes d’en­tre­prise jus­qu’à l’émer­gence d’un sta­tut de l’avo­cat en en­tre­prise (voir l’an­nexe). Les conclu­sions du der­nier rap­port (Hae­ri) sont non seule­ment le signe d’une évo­lu­tion des men­ta­li­tés en France mais aus­si d’une prise de conscience des en­jeux pour l’avenir de ces deux pro­fes­sion­nels de droit ­ l’avo­cat et le ju­riste d’en­tre­prise(19) . De son cô­té, l’AFJE a re­lan­cé le dé­bat en 2004 (20) en ap­pe­lant au rap­pro­che­ment entre les deux pro­fes­sions(21) . Le Bar­reau de Pa­ris a ré­pon­du par une «OPA in­ami­cale» : l’en­trée de l’avo­cat en en­tre­prise(22) . Le Cercle Mon­tes­quieu oeuvre, de­puis sa créa­tion en 1993, à une in­ter­pro­fes­sion­na­li­té entre avo­cats et ju­riste d’en­tre­prise(23) . Le suc­cès du pre­mier Gre­nelle des pro­fes­sions de droit(24) en 2017 té­moigne de la dy­na­mique du pro­ces­sus dé­clen­ché.

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II. Contex­tual fac­tors ­ fa­vo­rable and un­fa­vo­rable ­ to the streng­the­ning of the pro­fes­sion sta­tus

Recent fa­vo­rable ju­di­cial and le­gis­la­tive de­ve­lop­ments: two na­tio­nal courts of EU mem­ber states (Bel­gium, the Ne­ther­lands) (16) and the Ame­ri­can Bar As­so­cia­tion (17) have re­cent­ly ope­ned the door to a change about the com­pa­ny lawyer sta­tus al­lo­wing them to ope­rate in a third coun­try.

Evo­lu­tion of re lec­tion in France and mo­bi­li­za­tion of the pro­fes­sion (18): since 1990, se­ve­ral re­ports in France have exa­mi­ned the evo­lu­tion of re­la­tions bet­ween lawyers and com­pa­ny lawyers un­til the emer­gence of a sta­tute of the lawyer in the com­pa­ny (see ap­pen­dix). The conclu­sions of the la­test re­port (Hae­ri) are not on­ly a si­gn of a change in at­ti­tudes in France but al­so an awa­re­ness of the stakes for the fu­ture of these two le­gal pro­fes­sio­nals ­ the lawyer and the com­pa­ny lawyer(19). For its part, the AFJE re­laun­ched the de­bate in 2004 (20) cal­ling for the rap­pro­che­ment bet­ween the two pro­fes­sions (21). The Pa­ris Bar re­spon­ded with an "un­friend­ly ta­keo­ver": the en­try of the lawyer in­to a com­pa­ny (22). Since its crea­tion in 1993, the Mon­tes­quieu Circle has been in­vol­ved in in­ter­pro­fes­sio­na­li­ty bet­ween lawyers and com­pa­ny lawyers (23). The suc­cess of the irst Gre­nelle des pro­fes­sions de droit (24) in 2017 is a tes­ta­ment to the dy­na­mics of the trig­ge­red pro­cess.

(16)Concer­nant l’avo­cat sa­la­rié en en­tre­prise, la Cour su­prême des Pays­Bas a ac­cor­dé la con iden­tia­li­té ju­ri­dique aux avo­cats exer­çant en en­tre­prise («in­house lawyers»), au même titre que celle dont bé­né icient les avo­cats in­dé­pen­dants (dé­ci­sion du 15 mars 2013). Concer­nant le ju­riste d’en­tre­prise, la Cour d’ap­pel de Bruxelles a re­con­nu aux avis ju­ri­diques des ju­riste d’en­tre­prise membre de l’Ins­ti­tut belge des ju­ristes d’en­tre­prise (IJE) une pro­tec­tion équi­va­lente au se­cret pro­fes­sion­nel de l’avo­cat. Cette pro­tec­tion ne va­rie pas en fonc­tion de la na­ture de l’action pu­blique : ci­vile, ad­mi­nis­tra­tive, pé­nale (ar­rêt du 9 avril 2013, af­faire Bel­ga­com : re­jette ex­pres­sé­ment l’ap­pli­ca­bi­li­té de la ju­ris­pru­dence Ak­zo aux pro­cé­dures na­tio­nales de concur­rence, même lorsque ces pro­cé­dures visent à éta­blir une in­frac­tion au droit eu­ro­péen).

(17)En février 2013, l’Ame­ri­can Bar As­so­cia­tion a mo­di ié sa Rule 5.5 (https://www.ame­ri­can­bar.org/content/dam/aba/ad­mi­nis­tra­tive/ethics_2020/20130201_re­vi­sed_­re­so­lu­tion_107b_­re­so­lu­tion_on­ly_­red­line.au­th­che­ck­dam.pdf) a in de rendre plus luide l’exer­cice du mé­tier de «in house lawyer» (non­amé­ri­cain), ju­riste d’en­tre­prise, au sein d’en­tre­prises amé­ri­caines, dès lors que ces der­niers ap­par­tiennent à «un ordre pro­fes­sion­nel dû­ment consti­tué ou à une au­to­ri­té pu­blique». La règle bé­né icie­rait au ju­riste d’en­tre­prise belge, mais pas au ju­riste d’en­tre­prise fran­çais. D’im­por­tants tra­vaux réa­li­sés par l’AFJE sont en passe de faire évo­luer cette dé ini­tion. L’idée étant de per­mettre à un ju­riste étran­ger non membre d’un bar­reau étran­ger mais au­to­ri­sé à exer­cer la pro­fes­sion de ju­riste en en­tre­prise dans son pays d’ori­gine de bé­né icier de ce sta­tut sur la foi de sa for­ma­tion en droit, voire de son ex­pé­rience en tant que ju­riste. Cette va­li­da­tion des ac­quis uni­ver­si­taires et pro­fes­sion­nels pour­rait prendre la forme d’une at­tes­ta­tion de l’AFJE en lieu et place de celle du bar­reau, la­quelle at­tes­ta­tion vien­drait cer­ti ier l’ap­ti­tude de ses membres d’exer­cer la pro­fes­sion de ju­riste d’en­tre­prise en France.

(18)Voir en an­nexe les re­pré­sen­tants de la pro­fes­sion de ju­riste d’en­tre­prise.

(19)Pro­po­si­tion n°4 du rap­port Hae­ri : «Réunir et for­ti ier la ilière ju­ri­dique en met­tant en oeuvre la pre­mière étape d’une grande pro­fes­sion du droit en réunis­sant les pro­fes­sions de ju­ristes d’en­tre­prises et d’avo­cats. La réunion des avo­cats et des ju­ristes d’en­tre­prise au sein d’une grande pro­fes­sion du droit par­ti­cipe et est la consé­quence des évo­lu­tions éco­no­miques ac­tuelles. Le pra­ti­cien du droit, qu’il soit avo­cat ou ju­riste d’en­tre­prise, exerce son mé­tier dans une éco­no­mie in­ter­na­tio­nale et glo­ba­li­sée, où il se re­trouve en concur­rence avec des ju­ristes étran­gers qui, s’ils tra­vaillent dans une en­tre­prise, bé­né icient de la con iden­tia­li­té de leurs avis. (…)

(20) «L’adop­tion de règles pro­fes­sion­nelles par les ju­ristes d’en­tre­prise consti­tue un pas­sage obli­gé au rap­pro­che­ment des pro­fes­sions. Elle condi­tionne l’ob­ten­tion de la con iden­tia­li­té ju­ri­dique qui est un droit es­sen­tiel de l’en­tre­prise et non du ju­riste ». Voir «His­to­rique de la po­si­tion de l’AFJE face au rap­pro­che­ment des ju­ristes d’en­tre­prise avec les avo­cats», note de l’AFJE. Voir le com­mu­ni­qué de presse com­mun des re­pré­sen­tants de la pro­fes­sion de ju­riste d’en­tre­prise du 21 juin 2004 : après s’être ré­fé­rées «aux dif­fé­rentes et ré­centes mo­tions et ré­so­lu­tions des ins­tances or­di­nales (Conseil Na­tio­nal des Bar­reaux, Confé­rence des Bâ­ton­niers, Conseil de l’Ordre des avo­cats à la Cour de Pa­ris) et syn­di­cales (FNUJA)» mais « sans par­ta­ger toutes les opi­nions ex­pri­mées», ont conve­nu «de conduire en­semble le dia­logue et l’ex­plo­ra­tion des voies de rap­pro­che­ment avo­cats/ju­ristes d’en­tre­prise, per­met­tant d’abou­tir à un ac­cord équi­li­bré et res­pec­tueux de l’in­té­rêt de toutes les par­ties».

(21)Si­gna­ture en mars 2012 d’un contrat de par­te­na­riat entre l’ACE et l’AFJE sur le rap­pro­che­ment des avo­cats et des ju­ristes d’en­tre­prise.

(22)L’AFJE est fa­vo­rable au sta­tut d’avo­cat en en­tre­prise, sous cer­taines condi­tions.

(23)En­tre­tien avec Dominique Du­rand, Pré­sident du Cercle Mon­tes­quieu, in LPA 2006, n° 8, p. 3 et s. Voir éga­le­ment le rap­port in­terne d’étape du Cercle Mon­tes­quieu, «Rap­pro­che­ment dans le cadre de la grande pro­fes­sion du droit – Exer­cice de la nou­velle pro­fes­sion d’avo­cat en en­tre­prise», Lettre d’in­for­ma­tion tri­mes­trielle, 3ème tri­mestre 2004 ; LPA 2005, n° 28, p. 3.). Le Cercle est dé­fa­vo­rable à l’oc­troi du seul pri­vi­lège de con iden­tia­li­té aux ju­ristes qui consti­tue­rait une «fausse bonne solution», «la seule is­sue rai­son­nable, po­si­tive, est bien celle de l’exer­cice de la pro­fes­sion d’avo­cat en en­tre­prise» (Dominique Du­rand, «Il est temps de re­cons­truire le cercle de fa­mille entre ac­teurs du droit», Pe­tites Af iches,11 Jan­vier 2006).

(24)Le 16 no­vembre 2017, au­tour de deux grands thèmes : la com­pé­ti­ti­vi­té et l’at­trac­ti­vi­té du droit fran­çais ; les en­jeux de la ilière ju­ri­dique.

La crainte des avo­cats de voir naître une nou­velle pro­fes­sion ré­gle­men­tée concur­rente : de­puis des an­nées, les re­pré­sen­tants de la pro­fes­sion d’avo­cat s’op­posent à la re­con­nais­sance d’un pri­vi­lège de con iden­tia­li­té au pro it des ju­ristes d’en­tre­prise mais sont di­vi­sés quant à la créa­tion d’un sta­tut d’avo­cat sa­la­rié en en­tre­prise(25) .

Ten­dance au sein de l’UE à la li­bé­ra­li­sa­tion des pro­fes­sions ré­gle­men­tées : au sein de l’UE, le dé­bat sur une éven­tuelle li­bé­ra­li­sa­tion du sec­teur des pro­fes­sions ré­gle­men­tées (voir l’an­nexe 1 sur la dé ini­tion de la no­tion) a été lan­cé par la Com­mis­sion eu­ro­péenne en 2013 (26) , in luen­cée par les tra­vaux de l’OCDE(27) , pous­sée par un cou­rant li­bé­ral du Nord de l’Eu­rope et jus­ti iées par les ré­centes crises éco­no­miques qui ont tou­chés plu­sieurs pays de l’UE et exi­gé des plans de re­lance et de li­bé­ra­li­sa­tion de cer­tains de leurs mar­chés(28) . La concur­rence au sein du sec­teur de la pres­ta­tion ju­ri­dique a fait tout par­ti­cu­liè­re­ment ob­jet d’études de la part de la Com­mis­sion(29) . Par­tant du constat que d’im­por­tants obs­tacles exis­taient en­core sur le mar­ché de la libre pres­ta­tion de ser­vices au sein de l’UE qui af­fai­blis­saient la mo­bi­li­té des tra­vailleurs in­dé­pen­dants, la Com­mis­sion a in­vi­té les Etats membres à ef­fec­tuer un au­dit pro­fes­sion par pro­fes­sion ré­gle­men­tée et à jus­ti ier au re­gard du prin­cipe de pro­por­tion­na­li­té la per­ti­nence des règles na­tio­nales en­ca­drant chaque pro­fes­sion. Face à l’in­suf isante im­pli­ca­tion des Etats, la Com­mis­sion, par le biais d’une di­rec­tive(30) , vient de rendre obli­ga­toire ce test de pro­por­tion­na­li­té(31) et le faire ap­pli­quer non seule­ment ex post mais sur­tout ex ante, lors de l’in­tro­duc­tion ou de la mo­di ica­tion d’exi­gences na­tio­nales concer­nant l’ac­cès à une pro­fes­sion ré­gle­men­tée ou son exer­cice(32) .

Ain­si, la li­ber­té de ré­gu­la­tion des pro­fes­sions ré­gle­men­tées, voire la ré­gle­men­ta­tion de nou­velles pro­fes­sions (et no­tam­ment celle de ju­riste d’en­tre­prise a in de lui ac­cor­der le le­gal pri­vi­lege), dont dis­po­saient jus­qu’à pré­sent les Etats risque do­ré­na­vant d’être for­te­ment en­tra­vée(33) . ______________________________________

The fear of lawyers to see the birth of a new com­pe­ting re­gu­la­ted pro­fes­sion: for years, re­pre­sen­ta­tives of the le­gal pro­fes­sion have op­po­sed the re­cog­ni­tion of a pri­vi­lege of con iden­tia­li­ty for the bene it of com­pa­ny lawyers but are di­vi­ded as to the crea­tion of a sta­tus of sa­la­ried lawyer in a com­pa­ny (25).

EU trend to­wards the li­be­ra­li­za­tion of re­gu­la­ted pro­fes­sions: wi­thin the EU, the de­bate on a pos­sible li­be­ra­li­za­tion of the re­gu­la­ted pro­fes­sions sec­tor (see An­nex 1 about the de ini­tion of the no­tion) was laun­ched by the Eu­ro­pean Com­mis­sion in 2013 (26), in luen­ced by the work of the OECD (27), pu­shed by a li­be­ral cur­rent in Nor­thern Eu­rope and jus­ti ied by the recent eco­no­mic crises that have af­fec­ted se­ve­ral EU coun­tries and de­man­ded plans to re­vive and li­be­ra­lize some of their mar­kets (28). Com­pe­ti­tion wi­thin the le­gal service sec­tor has been the sub­ject of much stu­dy by the Com­mis­sion (29). On the ba­sis of the fact that there were still si­gni icant obs­tacles in the mar­ket for the free­dom to pro­vide ser­vices wi­thin the EU which wea­ke­ned the mo­bi­li­ty of self­em­ployed wor­kers, the Com­mis­sion in­vi­ted the Mem­ber States to car­ry out a pro­fes­sion au­dit by re­gu­la­ted pro­fes­sion and to jus­ti­fy, in the light of the prin­ciple of pro­por­tio­na­li­ty, the re­le­vance of the na­tio­nal rules go­ver­ning each pro­fes­sion. Gi­ven the in­suf icient in­vol­ve­ment of the States, the Com­mis­sion, by means of a di­rec­tive (30), has just made the pro­por­tio­na­li­ty test com­pul­so­ry (31) and en­for­ced it not on­ly ex post but es­pe­cial­ly ex ante, at the same time. in­tro­duc­tion or mo­di ica­tion of na­tio­nal re­qui­re­ments concer­ning ac­cess to or exer­cise of a re­gu­la­ted pro­fes­sion (32).

Thus, the free­dom of re­gu­la­tion of re­gu­la­ted pro­fes­sions, or even the re­gu­la­tion of new pro­fes­sions (and in par­ti­cu­lar that of a com­pa­ny lawyer in or­der to grant the le­gal pri­vi­lege), which states had un­til now had the risk of being se­ve­re­ly ham­pe­red ( 33).

(25)Rap­port ter­mi­nal du groupe de tra­vail du Conseil Na­tio­nal du Bar­reau sur «Le­gal pri­vi­lege – avo­cats et ju­ristes d’en­tre­prise» à l’As­sem­blée Gé­né­rale du CNB des 11 et 12 mars 2016 (Le CNB «s’op­pose à la re­con­nais­sance d’un pri­vi­lège de con iden­tia­li­té cou­vrant les avis, consultations et cor­res­pon­dances émis par les ju­ristes d’en­tre­prise au sein de celles­ci, en ce qu’elle abou­ti­rait à la créa­tion d’une nou­velle pro­fes­sion ré­gle­men­tée et à l’af­fai­blis­se­ment du se­cret pro­fes­sion­nel de l’avo­cat au pré­ju­dice des en­tre­prises et des par­ti­cu­liers. Il af irme que ce prin­cipe ne se­rait pas de na­ture à ré­pondre aux im­pé­ra­tifs de concur­rence in­ter­na­tio­nale et de be­soin de pro­tec­tion des en­tre­prises fran­çaises». Par ailleurs, le CNB «rap­pelle son op­po­si­tion à la créa­tion d’un sta­tut d’avo­cat sa­la­rié de l’en­tre­prise , ré­sul­tant de ses votes an­té­rieurs, et de­mande la pour­suite des tra­vaux du groupe de tra­vail a in de pro­po­ser des so­lu­tions al­ter­na­tives qui de­vraient s’at­ta­cher à la dé­fense des in­té­rêts des clients, au ren­for­ce­ment de la place du droit au sein des en­tre­prises et au main­tien d’un strict se­cret pro­fes­sion­nel ga­rant de l’Etat de droit »).Voir aus­si «Avo­cat en en­tre­prise, oui pour les ju­ristes les plus gra­dés», in­ter­view dans les Echos de Me Fré­dé­ric Si­card, Bâ­ton­nier de Pa­ris, 5 jan­vier 2016. Le Conseil de l’Ordre du Bar­reau de Pa­ris est fa­vo­rable à l’exer­cice en en­tre­prise des avo­cats ins­crits au Bar­reau (Dé­li­bé­ra­tion du 8 juin 2004). L’as­so­cia­tion des avo­cats conseils en en­tre­prise (ACE) est fa­vo­rable au sta­tut d’avo­cat en en­tre­prise et à la créa­tion d’une grande pro­fes­sion du droit avec une pré­fé­rence pour le ju­riste ad­mis au Bar­reau, sur le même banc que l’avo­cat et ce­ci a in d’évi­ter la créa­tion d’une pro­fes­sion ré­gle­men­tée de ju­riste d’en­tre­prise à l’ins­tar de la Bel­gique (Congrès de l’ACE, sep­tembre 2012 ; «L’avenir de la pro­fes­sion d’avo­cat. L’au­di­tion de l’ACE par la com­mis­sion Hae­ri», 16 dé­cembre 2016, https://www.avo­cats­conseils.org/images/ACE_Con­tri­bu­tion_en_­vue_­de_­lau­di­tion_ACE_­par_­la_­com­mis­sion_Hae­ri_­du_16.12.2016_vf.pdf; In­ter­view de De­nis Ray­nal, «La pro­fes­sion d’avo­cat doit évo­luer», 7 mars 2017, Af iches pa­ri­siennes). Elle a si­gné le 7 juin 1999 une plate­forme com­mune avec l’AFJE, l’ANJB, l’ARJE et le Cercle Mon­tes­quieu in­ti­tu­lée «Une pro­fes­sion, un titre, une dé­on­to­lo­gie» pour mi­li­ter en fa­veur d’un rap­pro­che­ment des deux pro­fes­sions. La Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des unions de jeunes avo­cats (FNUJA) est dé­fa­vo­rable au rap­pro­che­ment entre avo­cats et ju­ristes d’en­tre­prise et fa­vo­rable au sta­tut d’avo­cat en en­tre­prise, sous condi­tions (60ème Congrès à Pa­ris le 24 avril 2004). La Con­fé­dé­ra­tion na­tio­nale des avo­cats (CNA) est dé­fa­vo­rable au rap­pro­che­ment (com­mu­ni­qué du 17 février 2006).

(26)Com­mu­ni­ca­tion de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, 2 oc­tobre 2013, «Eva­luer les ré­gle­men­ta­tions na­tio­nales en ma­tière d’ac­cès aux pro­fes­sions». 27)OCDE, DAF/COMP (2007)39, 28 janv. 2008, «Com­pe­ti­tive Res­tric­tions in Le­gal Pro­fes­sions» : «la qua­li­té et le ca­rac­tère concur­ren­tiel des ser­vices pro­fes­sion­nels ont d’im­por­tantes re­tom­bées, puis­qu’ils ont une in­ci­dence sur le coût des moyens, tant pour l’éco­no­mie que pour les en­tre­prises», jus­ti iant dès lors leur «mo­der­ni­sa­tion».

(28)Grèce, Es­pagne, Por­tu­gal, Ita­lie, Ir­lande.

(29)«Pro­fes­sion d’avo­cat. Les chiffres clés de six pays de l’UE. Vers une connais­sance sta­tis­tique de la pro­fes­sion d’avo­cat en Eu­rope», ana­lyse sta­tis­tique de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, avril 2013. Etude «Eva­lua­tion of the Le­gal Fra­me­work for the Free Mo­ve­ment of Lawyers», (DG Mar­ché), 18 déc. 2012. (30)Di­rec­tive UE 2018/958 du Par­le­ment eu­ro­péen et du Conseil du 28 juin 2018 re­la­tive à un contrôle de pro­por­tion­na­li­té avant l’adop­tion d’une nou­velle ré­gle­men­ta­tion de pro­fes­sions : https://eur­lex.eu­ro­pa.eu/le­gal­content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32018L0958&from=FR

(31)Pro­jet de di­rec­tive du Par­le­ment eu­ro­péen et du Conseil re­la­tive à un contrôle de pro­por­tion­na­li­té avant l’adop­tion d’une nou­velle ré­gle­men­ta­tion de pro­fes­sions (COM (2016) 822 in­al). Le pro­jet est en cours d’exa­men au PE (en at­tente de pas­sage en réunion plé­nière).

(32) Cette éva­lua­tion de­vrait prendre plei­ne­ment en compte la spé­ci ici­té de chaque pro­fes­sion et de son en­vi­ron­ne­ment ré­gle­men­taire ; em­pê­cher l’adop­tion de règles dis­pro­por­tion­nées ; ga­ran­tir que les États membres éva­luent la pro­por­tion­na­li­té de ma­nière équi­va­lente à tous les ni­veaux de la ré­gle­men­ta­tion, et ce a in d’évi­ter la frag­men­ta­tion du mar­ché unique.

(33)D’au­tant plus que de­puis 2013, la France est ré­gu­liè­re­ment in­vi­tée par la Com­mis­sion de «pour­suivre les ef­forts pour sup­pri­mer les res­tric­tions in­jus­ti iées dans les pro­fes­sions et secteurs ré­gle­men­tés, no­tam­ment dans le sec­teur des ser­vices (…)». Le but de la loi Ma­cron (Loi n° 2015­990 du 6 août 2015 pour la crois­sance, l'ac­ti­vi­té et l'éga­li­té des chances éco­no­miques) et en par­tie du ré­cent pro­jet de loi «PACTE» (Plan d’action pour la crois­sance et la tran­sin­ves­tir for­ma­tion des en­tre­prises, in­ves­ting https://www.eco­no­mie.gouv.fr/plan­en­tre­prises­pacte) est de ré­pondre à cette de­mande. en / in Eu­rope n°9

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