Les ESN en grandes ma­noeuvres pour sa­tis­faire l’aug­men­ta­tion de la de­mande

IT for Business - - SOMMAIRE - PIERRE LAN­DRY

La bonne san­té du sec­teur s’amé­liore en­core, am­pli­fiant les be­soins d’em­bauche des ESN et les ten­sions sur cer­taines com­pé­tences ou ca­té­go­ries de ser­vices. Fortes de leurs bons ré­sul­tats, nos ESN na­tio­nales lorgnent de nou­veaux mar­chés en Eu­rope et aux États-unis.

Vous avez du mal à re­cru­ter les pro­fils dont vous avez be­soin ? C’est nor­mal, ils sont pré­emp­tés par les ESN. Pour­quoi ? Parce que les en­tre­prises ont pris l’ha­bi­tude de faire ap­pel à elles, no­tam­ment parce que la spé­ci­fi­ci­té et la du­rée des pro­jets ne cadrent pas avec l’em­bauche d’un CDI. Et sur le mar­ché très concur­ren­tiel des ser­vices in­for­ma­tiques et nu­mé­riques, les ESN se pressent donc de se four­nir au­près des écoles avec la pro­messe de pro­jets mo­ti­vants et va- riés. Ré­sul­tats, de nom­breux mé­tiers sont en ten­sion, « prin­ci­pa­le­ment ceux de dé­ve­lop­peur, de spé­cia­liste de la cy­ber­sé­cu­ri­té et d’ar­chi­tecte de sys­tèmes d’in­for­ma­tion » , pré­ci­sait Be­noît Darde, di­rec­teur as­so­cié de Wa­ves­tone et co-ad­mi­nis­tra­teur du col­lège des ICT (con­seil en tech­no­lo­gie) de Syn­tec Numérique au mois de juin der­nier.

Le phé­no­mène free­lance prend de l’am­pleur

Un cercle vi­cieux dont les en­tre­prises es­saient par­fois de sor­tir en re­cou­rant à des free­lances qui, parce qu’ils n’ont pas de frais de struc­ture, pro­posent des ta­rifs moins éle­vés qui sé­duisent les di­rec­tions des achats. Avec des dé­rives pos­sibles : « c’est loin d’être une pra­tique gé­né­ra­li­sée, mais nous avons dé­jà eu le cas de consul­tants dé­mar­chés par des clients qui leur ont sug­gé­ré de pas­ser au sta­tut de free­lance pour ve­nir tra­vailler chez eux » , af­firme Di­dier Fauque, ad­mi­nis­tra­teur di­rec­teur gé­né­ral de SQLI. De ma­nière gé­né­rale, le pa­tron es­time qu’il est plus sa­lu­taire d’ac­com­pa­gner le mou­ve­ment free­lance, par exemple en fai­sant bé­né­fi­cier ces in­dé­pen­dants des mêmes ac­tions RH que ses sa­la­riés, en les ré­mu­né­rant sans at­tendre le paie­ment du client fi­nal, en fai­sant ap­pel à eux sur de gros pro­jets et pas seule­ment en mode pompier. Se­lon lui, le phé­no­mène ira gran­dis­sant et, si SQLI uti­lise ma­jo­ri­tai­re­ment son propre ré­seau pour le mo­ment, L’ESN tra­vaille à des par­te­na­riats avec les grandes pla­te­formes de free­lances du mar­ché. Ce n’est bien sûr pas la seule.

Un mar­ché tou­jours en crois­sance

Le bu­si­ness des ESN se porte bien, en tout cas. Syn­tec Numérique l’a rap­pe­lé au mois de juin (voir en­ca­dré) et les ré­sul­tats se­mes­triels pu­bliés au mois de juillet le confirment. Le syn­di­cat note que les ac­ti­vi­tés qui portent la crois­sance sont prin­ci­pa­le­ment la mise en confor­mi­té ré­gle­men­taire (no­tam­ment le RGPD) et la trans­for­ma­tion di­gi­tale. Beau­coup d’en­tre­prises sont éga­le­ment en train

de se « clou­di­fier » et ce­la dope éga­le­ment le sec­teur. Les ESN se sont ac­com­mo­dées du cloud et des lo­gi­ciels en mode Saas. « L’en­goue­ment des en­tre­prises pour le Saas a une consé­quence né­faste sur l’ac­ti­vi­té de cus­to­mi­sa­tion, mais gé­nère des pres­ta­tions de con­seil et d’in­té­gra­tion au SI exis­tant » , ex­plique Di­dier Fauque. Un point que no­taient les di­ri­geants du Ci­gref, au mois de juin der­nier, rap­pe­lant les ten­sions qui existent en ma­tière de com­pé­tences dis­po­nibles à ce ni­veau sur le mar­ché et, dans cer­tains cas, l’en­vo­lée des coûts des pres­ta­tions. L’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle se­ra-t-elle le pro­chain re­lais de crois­sance ? Pas tout de suite. Les pro­jets liés à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle n’ont gé­né­ré que 125M€ de re­ve­nus en 2017, se­lon Syn­tec Numérique qui s’at­tend à ce que chiffre at­teigne 186M€ sur l’en­semble de l’an­née 2018. « C’est en­core très faible » , re­con­naît Be­noit Darde.

Des ob­jec­tifs in­ter­na­tio­naux

Plus que la concen­tra­tion na­tio­nale, c’est l’ex­pan­sion à l’in­ter­na­tio­nal qui porte la dy­na­mique des ESN fran­çaises. Atos a ain­si dé­bour­sé 3,4 Md$ pour ren­for­cer sa pré­sence aux États-unis et dans l’off­sho­ring en Inde : 18000 des 23000 em­ployés de l’amé­ri­cain Syn­tel y sont en ef­fet ba­sés. Ak­ka Tech­no­lo­gies, de son cô­té, est en­trée en né­go­cia­tion ex­clu­sive pour ac­qué­rir une so­cié­té de ser­vices en in­gé­nie­rie et en R&D spé­cia­li­sée dans l’aé­ro­nau­tique, PDS Tech aux États-unis. Ses ef­fec­tifs gros­si­ront ain­si de 2600 per­sonnes. GFI In­for­ma­tique a pour sa part réus­si son OPA sur la so­cié­té belge de con­seil en tech­no­lo­gie Real­dol­men, qui gon­fle­ra ses ef­fec­tifs de 1250 per­sonnes. La le­vée de fonds de 100 M€ opé­rée par Ta­lan au mi­lieu de l’été ser­vi­ra en par­tie à ac­croître sa pré­sence in­ter­na­tio­nale. Dé­jà pré­sente dans près de dix pays, L’ESN se dote au mois de sep­tembre d’une di­rec­tion in­ter­na­tio­nale im­plan­tée à Londres, et a pour am­bi­tion d’ou­vrir des bu­reaux en Bel­gique, en Ita­lie, au Por­tu­gal et aux Pays-bas d’ici 2019.

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