Comment sa­voir si nous sommes de bons DSI ? par Ma­thieu Fle­cher

Élus par leurs pairs, les DSI de l’an­née nous donnent des guides d’évo­lu­tion de la pro­fes­sion et de ses meilleures pra­tiques. À l’aune de la ving­tième édi­tion des DSI de l’an­née, in­ter­ro­geons-nous sur ce qu’est, en 2018, un « bon » DSI.

IT for Business - - SOMMAIRE - Ma­thieu Fle­cher est le pseu­do­nyme d’un DSI bien réel

En jan­vier se­ra connu le nom du ou de la DSI de l’an­née. Un tro­phée convoi­té qui, cette an­née, a pour ori­gi­na­li­té de ne pas gal­vau­der le terme de « di­gi­tal », mais de mettre l’ac­cent sur plu­sieurs ca­rac­té­ris­tiques qui, en 2018, sont des élé­ments im­por­tants pour dis­tin­guer un « bon » DSI. D’un point de vue aca­dé­mique, il existe trois grandes ca­té­go­ries de DSI. Le DSI « keep the light on », DSI mi­ni­ma­liste, dé­po­si­taire de la tech­nique et qui fait « juste » tour­ner la ma­chine in­for­ma­tique. Le DSI « stay in the race », qui a réus­si à s’in­té­grer dans une re­la­tion fruc­tueuse avec les dif­fé­rentes di­rec­tions mé­tiers, en leur ap­por­tant non seule­ment un ap­pui tech­no­lo­gique, mais aus­si un ni­veau de contri­bu­tion dans le cadre d’un réel par­te­na­riat. La der­nière ca­té­go­rie, « change the rule », re­groupe les DSI qui non seule­ment ont su tis­ser ces re­la­tions, mais aus­si, à tra­vers le numérique, qui viennent ap­por­ter un réel chan­ge­ment au fonc­tion­ne­ment de l’en­tre­prise. Un vé­ri­table ap­port qui, dans le meilleur des cas, vient dis­rup­ter et chan­ger le bu­si­ness mo­del de son en­tre­prise. Idéa­le­ment, le DSI de l’an­née se­ra de cette der­nière mou­ture… Ne nous leur­rons pas, de tels can­di­dats ne sont pas lé­gion, car toutes les en­tre­prises n’ont pas un ni­veau de ma­tu­ri­té numérique suf­fi­sant pour lais­ser émer­ger de tels pro­fils.

Ne per­dez pas espoir, chères et chers DSI, car l’édi­tion 2018/2019 du DSI de l’an­née, qui se­ra la ving­tième du nom, pos­sède plu­sieurs ca­té­go­ries qui vont vous per­mettre de pos­tu­ler même si vous ne rem­plis­sez pas l’en­semble des cases de la « per­fec­tion di­gi­tale ». Des ca­té­go­ries di­ver­si­fiées et très re­pré­sen­ta­tives de la mo­der­ni­té qui sied pour se pré­va­loir d’une évo­lu­tion vers un réel prix du Numérique : DSI as a ser­vice, DSI aug­men­té, DSI open, DSI or­ches­tra­teur, DSI com­mu­ni­cant, DSI for good. Des in­ti­tu­lés « mo­dernes » et, il me semble, très per­ti­nents.

Le DSI as a ser­vice sou­ligne la ca­pa­ci­té d’ac­cès ra­pide, pour les uti­li­sa­teurs, à des so­lu­tions as a ser­vice, le tout in­té­gré au le­ga­cy des en­tre­prises. À ce jour, quel DSI ne veut pas pa­rier sur les ou­tils Saas ? Outre leur as­pect time-to-mar­ket ou de­li­ve­ry, ces so­lu­tions per­mettent de sa­tis­faire les uti­li­sa­teurs en cou­vrant leurs be­soins.

Le prix DSI aug­men­té, un peu plus tech­nique, sur des tech­no­lo­gies re­la­ti­ve­ment avant-gar­distes, ré­com­pen­se­ra ce­lui ou celle qui au­ra su dans des sys­tèmes com­plexes, les rendre conver­gents, tout en in­cluant au pas­sage des nou­velles tech­no­lo­gies comme L’IA, le ma­chine lear­ning, ...

Le DSI open se­ra ce­lui qui au­ra pu mettre en place un lien so­cial/so­cié­tal avec ses uti­li­sa­teurs, ses équipes, en ayant im­plé­men­té des labs, ha­cka­thons, ou d’autres ty­po­lo­gies de struc- tures or­ga­ni­sa­tion­nelles qui cassent un peu les codes conven­tion­nels des or­ga­ni­sa­tions des en­tre­prises et de la DSI.

Le DSI or­ches­tra­teur, ca­té­go­rie peut-être la plus conven­tion­nelle de toutes, ré­vèle l’im­por­tance du ou de la DSI dans la plu­part des or­ga­ni­sa­tions consé­quentes, celles où il faut jon­gler avec dif­fé­rents SI de dif­fé­rentes fi­liales, qu’elles soient in­ter­na­tio­nales ou ré­gio­nales avec les pro­blé­ma­tiques que ce­la re­cèle, celles où il faut ré­pondre ef­fi­ca­ce­ment à la di­ver­si­té des di­rec­tions mé­tiers.

La ca­té­go­rie DSI com­mu­ni­cant est pour moi l’une des plus im­por­tantes… C’est celle où le DSI, par sa ca­pa­ci­té à vul­ga­ri­ser et à com­mu­ni­quer, est apte à faire pas­ser les mes­sages tech­no­lo­giques au­près de di­rec­tions mé­tiers bien souvent ber­cées par l’illu­sion que L’IT est une af­faire de spé­cia­listes et de tech­no­lo­gies.

En­fin le prix DSI for good se­ra at­tri­bué au ou à la DSI qui au­ra su mettre en place pour les sa­la­riés et, en­core mieux, pour les clients des ap­pli­ca­tions qui changent la vie du quo­ti­dien, à tra­vers des ou­tils simples, fonc­tion­nels, et plé­bis­ci­tés dans un cadre où les nou­veaux modes d’or­ga­ni­sa­tion le per­mettent.

Que manque-t-il fi­na­le­ment pour at­tri­buer les tro­phées du DSI de l’an­née ? Des dos­siers so­lides ba­sés sur des ex­pé­riences vé­cues, im­plé­men­tées et ef­fec­tives. Pour avoir dé­jà fait par­tie du ju­ry, je peux at­tes­ter que les dos­siers les plus va­lo­ri­sants étaient ceux dont les réa­li­sa­tions étaient avé­rées et si­gni­fi­ca­tives. Dans l’at­tri­bu­tion des tro­phées, c’est es­sen­tiel. Et c’est aus­si une grande qua­li­té d’un ou d’une DSI de pou­voir pré­sen­ter des dos­siers concrets.

D’autres ca­té­go­ries au­raient pu être ins­ti­tuées pour

qua­li­fier ce qu’un bon DSI est en 2018, en com­pa­rai­son du DSI de l’an­née de la pre­mière édi­tion. Outre la tech­ni­ci­té qui doit être la brique de base, c’est pour moi sans conteste le lea­der­ship et sa com­mu­ni­ca­tion. Mais ces deux qua­li­tés ne sont pour au­tant pas suf­fi­santes… L’une des grandes qua­li­tés est aus­si de sa­voir s’en­tou­rer de ta­lents. L’as­pect RH, la fa­çon de consti­tuer des équipes, est de­ve­nu pri­mor­dial, et le tro­phée du DSI de l’an­née ne peut s’ac­qué­rir qu’au tra­vers des réa­li­sa­tions me­nées par un col­lec­tif. C’est à la fois l’un des conseils, mais aus­si une consta­ta­tion que les lau­réats des an­nées pré­cé­dentes avaient su in­té­grer dans leur dé­marche et dans leur dos­sier. Être le meilleur en­traî­neur du monde ne suf­fit pas à être cham­pion du monde, il faut l’équipe qui va avec. Je suis im­pa­tient d’être en jan­vier 2019 pour dé­cou­vrir le ving­tième cru de cette ins­ti­tu­tion du DSI de l’an­née ! En fe­rez-vous par­tie ?

Ma­thieu Fle­cher, DSI d’une en­tre­prise in­dus­trielle fran­çaise, ma­thieu.fle­cher @gmail.com (*)

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.