Per­nod Ri­card dis­tille ses don­nées

IT for Business - - SOMMAIRE - PA­TRICK BRÉBION

Pour ac­cé­lé­rer sa trans­for­ma­tion, l’in­dus­triel mise sur la ra­tio­na­li­sa­tion de son sys­tème d’in­for­ma­tion, mais aus­si, lar­ge­ment, sur une uti­li­sa­tion ac­crue de toutes les sources de don­nées, no­tam­ment pour ses ac­ti­vi­tés com­mer­ciales.

Un apé­ri­tif lé­gen­daire et dé­sor­mais près d’une cen­taine de marques de vins et spi­ri­tueux, comme la vod­ka Ab­so­lut, les whis­keys ir­lan­dais Ja­me­son et Red­breast... Une di­ver­si­té liée à une po­li­tique sou­te­nue de crois­sance ex­terne. « Nous avons deux mé­tiers très dif­fé­rents. L’ac­ti­vi­té de pro­duc­tion ou d’éla­bo­ra­tion - de la ré­colte ou de l’achat de la ma­tière pre­mière au choix des chais de vieillis­se­ment -, et d’autre part l’ac­ti­vi­té de dis­tri­bu­tion, par­tout dans le monde » , dé­crit Maël Tan­nou, VP IT So­lu­tions chez Per­nod Ri­card. Une dis­tri­bu­tion com­plexe qui doit s’adap­ter à toutes les ré­gle­men­ta­tions et spé­ci­fi­ci­tés lo­cales d’un ré­seau com­mer­cial cou­vrant plus de 80 pays, aux pre­miers rangs des­quels les États-unis et la Chine. « 94% de notre chiffre d’af­faires est réa­li­sé en de­hors de la France. Ce qui fait mon­ter les de­grés de la balance com­mer­ciale » , sou­ligne en sou­riant Maël Tan­nou.

Co­rol­laire de ces spé­ci­fi­ci­tés, le sys­tème d’in­for­ma­tion de l’in­dus­triel est re­la­ti­ve­ment dis­pa­rate. Son or­ga­ni­sa­tion se dé­com­pose en ap­pli­ca­tions pour par­tie glo­bales, com­munes à l’en­semble des fi­liales, et pour par­tie lo­cales. « J’ai un rôle de res­pon­sable des “bu­si­ness so­lu­tions’’ au ni­veau glo­bal, mais je tra­vaille très étroi­te­ment avec mes ho­mo­logues res­pon­sables d’ap­pli­ca­tions lo­cales dans les dif­fé­rentes ré­gions ou en­core des ap­pli­ca­tions très spé­ci­fiques pour nos ac­ti­vi­tés in­dus­trielles de marques » , dé­taille le res­pon­sable. Qui mise no­tam­ment sur de nou­veaux usages de la don­née pour ac­cé­lé­rer la trans­for­ma­tion di­gi­tale du groupe. « Cette trans­for­ma­tion re­pose sur plu­sieurs fa­cettes, de la ra­tio­na­li­sa­tion aux nou­veaux mo­dèles de créa­tion de va­leur. Par exemple, nous avons lan­cé un pro­jet avec la so­lu­tion en Saas de Work­day, qui rem­pla­ce­ra à terme les ap­pli­ca­tifs lo­caux » , pré­voit Maël Tan­nou. Au-de­là de cette étape, il s’agit de trans­for­mer les pro­ces­sus par l’uti­li­sa­tion des don­nées. Exemple ? « Dans la ges­tion des ta­lents, la don­née agré­gée gé­né­rée pour­rait nous per­mettre de mieux com­prendre les fac­teurs de réus­site. Par exemple voir que les di­rec­teurs com­mer­ciaux ont souvent eu une ex­pé­rience in­ter­na­tio­nale ou au sein du mar­ke­ting » , ima­gine notre in­ter­lo­cu­teur.

Si les res­sources hu­maines ou la sup­ply chain sont des do­maines d’ap­pli­ca­tion pro­met­teurs pour la trans­for­ma­tion numérique, c’est d’abord sur les do­maines du mar­ke­ting et de la re­la­tion com­mer­ciale que les tech­no­lo­gies di­gi­tales ont chan­gé la donne. « L’époque où l’on s’adres­sait à un seg­ment est dé­pas­sée de­puis plu­sieurs an­nées. Il s’agit dé­sor­mais de tra­vailler dans le cadre d’une re­la­tion per­son­na­li­sée, sui­vie dans le temps, et de bien ana­ly­ser l’en­ga­ge­ment client, constate Maël Tan­nou. Tout en s’as­su­rant que vous ne col­lec­tez que la don­née per­ti­nente pour votre uti­li­sa­tion » .

Si les cam­pagnes mar­ke­ting de Per­nod Ri­card res­tent très souvent lo­cales, l’or­ga­ni­sa­tion de la don­née consom­ma­teur s’est struc­tu­rée au ni­veau glo­bal. « Un même consom­ma­teur peut in­ter­agir avec plu­sieurs fi­liales sans le sa­voir. Pour évi­ter les sol­li­ci­ta­tions mul­tiples et les risques d’in­co­hé­rences, il s’agis­sait d’abord de ra­pa­trier et de nor­ma­li­ser les don­nées puis, dans une se­conde étape, de s’in­ter­fa­cer di­rec­te­ment avec les sys­tèmes lo­caux des fi­liales via des API pour per­mettre une exé­cu­tion réel­le­ment consu­mer-cen­tric, en qua­si temps réel » , ex­plique-t-il.

Pour te­nir cette pro­messe, le res­pon­sable a lan­cé plu­sieurs chan­tiers en pa­ral­lèle. La construc­tion d’une lo­gique au­tour des mi­cro-ser­vices et des API s’est ra­pi­de­ment dé­ve­lop­pée au sein du groupe. « L’ap­proche API est un ex­cellent moyen pour dé­ployer ra­pi­de­ment et créer des sy­ner­gies glo­bales, tout en res­pec­tant des spé­ci­fi­ci­tés lo­cales » , ex­plique Maël Tan­nou. Là aus­si, Per­nod Ri­card s’ap­puie sur des offres tech­no­lo­giques exis­tantes, comme celles de Mi­cro­soft, Sa­les­force, Oracle ou Ama­zon, et sur un ré­seau de par­te­naires conseils et in­té­gra­teurs, al­lant du free­lance à la grande ESN en pas­sant par des ac­teurs spé­cia­li­sés, comme Neoxia ou Mo­rea sur le De­vops.

Une ac­cé­lé­ra­tion di­gi­tale et da­ta dont le po­ten­tiel semble in­épui­sable. « Nous avons com­men­cé à struc­tu­rer l’usage des mé­dias so­ciaux au ser­vice des ventes, as­sure Maël Tan­nou. Nous met­tons au­jourd’hui en place des POC pour af­fi­ner la vi­sion com­mer­ciale. Par exemple, pour en­voyer au re­pré­sen­tant com­mer­cial le nom des bars qui font le plus de buzz cette se­maine dans sa ville, avec quel type de pro­duits, en fonc­tion des posts sur les ré­seaux so­ciaux, de la mé­téo... » .

« L’ap­proche API est un ex­cellent moyen pour dé­ployer ra­pi­de­ment et créer des sy­ner­gies glo­bales, tout en res­pec­tant des spé­ci­fi­ci­tés lo­cales » Maël Tan­nou, VP IT So­lu­tions chez Per­nod Ri­card

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