Le La­bo Pa­ris jongle entre bande et disque dur pour sto­cker à moindre coût

IT for Business - - SOMMAIRE - MA­RIE VARANDAT

« Quand on a entre un et deux pé­ta­oc­tets de don­nées par an, le prix du sto­ckage de­vient cri­tique et im­pacte di­rec­te­ment notre com­pé­ti­ti­vi­té » Ar­naud Ca­réo, Chief Tech­ni­cal Of­fi­cer du La­bo Pa­ris

Sto­ckant des vo­lu­mé­tries de l’ordre du pé­ta­oc­tet, le la­bo­ra­toire de post-pro­duc­tion ci­né­ma­to­gra­phique a op­ti­mi­sé ses coûts et fia­bi­li­sé l’ar­chi­vage en s’ap­puyant sur les so­lu­tions d’atem­po, qu’il a en­tiè­re­ment per­son­na­li­sées à l’aide de scripts py­thon.

Quand on jongle tous les jours avec des vo­lumes de don­nées de l’ordre du té­ra­oc­tet, le coût du sto­ckage est for­cé­ment le cri­tère dé­ter­mi­nant la so­lu­tion. La­bo­ra­toire de post-pro­duc­tion ci­né­ma­to­gra­phique, le La­bo Pa­ris en fait l’ex­pé­rience tous les jours. Fon­dé en 2015, il compte quelques grands block­bus­ters à son ac­tif : « Le Pe­tit Spi­rou » de Ni­co­las Ba­ry, « Le Re­dou­table » de Mi­chel Ha­za­na­vi­cius, « Ma­ry­line » de Guillaume Ga­lienne, ou en­core « San­ta & Cie » d’alain Cha­bat. Il est spé­cia­li­sé dans l’éta­lon­nage. En d’autres termes, il contri­bue au suc­cès de chaque film en re­tra­vaillant les images brutes sor­ties des ca­mé­ras. Contraste, sa­tu­ra­tion, net­te­té… à la fois tech­nique et ar­tis­tique, sa mis­sion consiste à amé­lio­rer le ren­du vi­suel tout en res­ti­tuant l’es­thé­tique et l’at­mo­sphère sou­hai­tées par le réa­li­sa­teur. Son in­ter­ven­tion est de­ve­nue d’au­tant plus cri­tique que les films sont tour­nés avec plu­sieurs ca­mé­ras, cha­cune ayant des ca­rac­té­ris­tiques et des es­paces co­lo­ri­mé­triques dif­fé­rents, ce qui sup­pose un tra­vail d’ho­mo­gé­néi­sa­tion. « En moyenne, chaque ca­mé­ra filme avec un dé­bit de 1 voire 1,5 té­ra­oc­tet par heure, pré­cise Ar­naud Ca­réo, Chief Tech­ni­cal Of­fi­cer du La­bo Pa­ris. Le vo­lume gé­né­ré par trois ou quatre ca­mé­ras fil­mant la même sé­quence est donc consi­dé­rable et, à l’échelle d’un film, il faut comp­ter plus de 100 té­ra­oc­tets d’images, dont juste 10% en­vi­ron se­ront uti­li­sés dans l’oeuvre fi­nale » .

En pra­tique, les col­la­bo­ra­teurs du La­bo Pa­ris en charge de l’éta­lon­nage ne tra­vaillent qu’avec une par­tie de ces don­nées à un ins­tant t. Pour au­tant, la so­cié­té doit as­su­rer la sé­cu­ri­té de 100% des images tour­nées, comme l’ex­plique Ar­naud Ca­réo : « la pro­duc­tion d’un film, c’est deux mois de tournage et un an de post-pro­duc­tion. Tout au long de cette an­née de trai­te­ment, les sé­quences tour­nées par le client sont sous notre res­pon­sa­bi­li­té, que ce soit sur les sta­tions de tra­vail pour l’édi­tion et l’éta­lon­nage, ou dans le sto­ckage de l’ar­chive » .

Dès lors, on com­prend ai­sé­ment que le res­pon­sable tech­nique de l’in­fra­struc­ture in­for­ma­tique et vi­déo ait cher­ché une so­lu­tion à la fois fiable pour pro­té­ger les don­nées et peu oné­reuse pour ré­duire les coûts. « Par­tant du prin­cipe qu’il faut comp­ter en­vi­ron 200 eu­ros par té­ra­oc­tet sur disque et seule­ment 25 sur bande » , Ar­naud Ca­réo s’est tout na­tu­rel­le­ment tour­né vers le sto­ckage sur bande, mais en fai­sant ap­pel à une so­lu­tion adap­tée aux mou­ve­ments conti­nuels de don­nées entre l’ar­chi­vage et les sta­tions de tra­vail. Évo­luant dans le mi­lieu de la post-pro­duc­tion de­puis des an­nées, il avait en ef­fet une idée très pré­cise de ce qu’il ne vou­lait pas, à sa­voir des so­lu­tions ma­nuelles avec une perte de temps consi­dé­rable en contrôles et vé­ri­fi­ca­tions lors des trans­ferts de don­nées entre les sta­tions, les salles de pro­jec­tion et l’ar­chi­vage. « Pour dis­po­ser d’une in­fra­struc­ture fiable et ef­fi­cace, nous avons choi­si Atem­po-di­gi­tal Ar­chive pour pro­té­ger, mi­grer et res­tau­rer les don­nées à toutes les étapes de notre work­flow » , ex­plique-t-il. Grâce aux API et ser­vices web four­nis par Atem­po, le La­bo Pa­ris a com­plè­te­ment per­son­na­li­sé sa so­lu­tion : les vi­déos ar­rivent di­rec­te­ment sur le sto­ckage disque par­ta­gé en RAID 6 des éditeurs et, après éta­lon­nage et en­co­dage, elles sont au­to­ma­ti­que­ment sau­ve­gar­dées sur cha­cune des li­brai­ries de bandes du­pli­quées sur deux sites dif­fé­rents afin d’aug­men­ter leur sé­cu­ri­té. Les sites sont re­liés par une fibre op­tique noire pour ga­ran­tir les dé­bits, donc les temps de ré­ponse. Cha­cun des sites stocke 1400 bandes LTO-6 avec 4 lec­teurs per­met­tant de lire des car­touches en pa­ral­lèle, soit un sto­ckage de 3 pé­ta­oc­tets par site. Au mo­ment du mon­tage fi­nal, les fi­chiers vi­déo sont res­tau­rés par simple script à par­tir d’une des li­brai­ries vers les disques afin que l’équipe d’éta­lon­nage puisse tra­vailler sur le film en haute dé­fi­ni­tion. L’ac­cès se fait sim­ple­ment par NFS ou CIFS. Confiant sur la pro­tec­tion des don­nées dont il a la res­pon­sa­bi­li­té et très sa­tis­fait par le ni­veau d’au­to­ma­ti­sa­tion ob­te­nu, Ar­naud Ca­réo a non seule­ment trou­vé une so­lu­tion fi­nan­ciè­re­ment at­trayante, mais qui lui fait aus­si ga­gner beau­coup de temps : « Au­jourd’hui, je peux pas­ser plus de temps avec mes clients et par­fois même me rendre sur les tour­nages ! » .

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