Talk4 pro­pose un co­bot très « col­la­bo­ra­tif »

IT for Business - - SOMMAIRE - STÉ­PHANE MORACCHINI

La start-up mise sur la col­la­bo­ra­tion homme-ro­bot pour ana­ly­ser en temps réel les ré­ponses à des ques­tions ou­vertes. De quoi en­ga­ger des conver­sa­tions vrai­ment co-construc­tives et col­la­bo­ra­tives à grande échelle ou en réunion, au sein de l’en­tre­prise comme avec ses clients.

Elle, elle a di­ri­gé des en­tre­prises en pleine trans­for­ma­tion : Man­po­wer, Pierre & Va­cances... Lui, c’est un spé­cia­liste des ré­seaux neu­ro­naux dou­blé d’un en­tre­pre­neur – il a créé Dy­na­lo­gic puis Dy­na­sim, spé­cia­li­sées dans la si­mu­la­tion de tra­fic. À deux, Fran­çoise Gri et Al­bert Geor­gel ont fon­dé Talk4 (pro­non­cer Talk for…) en juillet 2017. Leur start-up pro­pose une pla­te­forme dite d’en­ga­ge­ment conver­sa­tion­nel. En fait, elle change la donne dans le do­maine des ap­pli­ca­tions d’ani­ma­tion de réunion comme dans ce­lui de l’ana­lyse des ver­ba­tims. Sa re­cette ? Le co­bot, un ro­bot col­la­bo­ra­tif ca­pable d’ana­ly­ser des ré­ponses à des ques­tions ou­vertes, et ce­la en quelques mi­nutes.

Conçu par Al­bert Geor­gel, le co­bot re­pose sur un prin­cipe de ma­chine lear­ning dy­na­mique. « Con­trai­re­ment aux tech­no­lo­gies ba­sant leur in­ter­pré­ta­tion des don­nées sur une on­to­lo­gie ou un plan de clas­se­ment a prio­ri, nous fai­sons émer­ger le clas­se­ment des don­nées elles-mêmes, ex­plique-t-il. En­suite, nous consi­dé­rons qu’il n’y a pas de consen­sus pos­sible sur un clas­se­ment op­ti­mal. Le clas­se­ment dé­pend tou­jours de ce que l’uti­li­sa­teur veut voir dans les don­nées et doit donc in­té­grer sa grille de lec­ture, afin de l’ai­der à lire les don­nées très ra­pi­de­ment. » En pra­tique, lors de l’ana­lyse, le co­bot com­mence par pro­po­ser un tri par groupe thé­ma­tique à par­tir d’un échan­tillon de ver­ba­tims. Sur cette base, l’uti­li­sa­teur, pla­cé dans un rôle de su­per­vi­seur, consti­tue à son tour ses propres groupes. Puis le ro­bot ap­prend de ce clas­se­ment pour re­cal­cu­ler im­mé­dia­te­ment un mo­dèle de tri per­ti­nent.

Bien plus que d’adap­ter l’in­ter­pré­ta­tion des don­nées au contexte pré­cis de l’uti­li­sa­teur, cette col­la­bo­ra­tion ro­bot­su­per­vi­seur as­sure aus­si la per­ti­nence des ré­sul­tats sur un vo­lume de don­nées ré­duit, ce que ne per­met pas l’ap­pren­tis­sage au­to­ma­tique su­per­vi­sé. En­fin, par sa ca­pa­ci­té à trai­ter les ques­tions ou­vertes en temps réel, Talk4 marque une rup­ture avec les so­lu­tions d’ani­ma­tion de réunion ac­tuelles, li­mi­tées à des son­dages à base de ques­tions fer­mées et à des nuages de mots clés à l’in­té­rêt li­mi­té. « Les ques­tions ou­vertes sont celles qui per­mettent les vé­ri­tables échanges, d’en­ga­ger une dé­marche vrai­ment co­cons­truc­tive et col­la­bo­ra­tive, re­marque Fran­çoise Gri. Dans un sé­mi­naire re­grou­pant 800 per­sonnes, par exemple, le co­bot ana­lyse les ré­ponses à un ques­tion­ne­ment ou­vert en 5 à 7 mi­nutes ».

Sur le plan fonc­tion­nel, la pla­te­forme de la start-up pro­pose de créer des « talks », des ses­sions de ques­tion­ne­ment à base de ques­tions ou­vertes ain­si que fer­mées. Un talk peut aus­si in­té­grer du conte­nu : vi­déos, images, pré­sen­ta­tions… Et il est bien sûr pos­sible de créer des pro­to­coles éla­bo­rés, mê­lant des talks en mode asyn­chrone et d’autres en réunion, en pré­sen­tiel ou à dis­tance. En mode Saas, l’ap­pli­ca­tion est ac­ces­sible de­puis un PC, une ta­blette ou un smart­phone. « Talk4 est fait pour or­ga­ni­ser des conver­sa­tions utiles, dé­fend Fran­çois Gri, qu’il s’agisse d’em­bar­quer tous les col­la­bo­ra­teurs d’une en­tre­prise dans la dis­cus­sion sur un plan de trans­for­ma­tion, de me­ner une ré­flexion en réunion, d’or­ga­ni­ser une for­ma­tion en pé­da­go­gie in­ver­sée ou, en­core, de co-créer avec des clients. ». Un in­té­rêt bien com­pris par Nes­pres­so ou le groupe ban­caire BPCE, qui comptent par­mi les pre­miers clients de l’édi­teur. Fort de ses pre­miers suc­cès, ce­lui-ci met d’ailleurs le tur­bo pour peau­fi­ner sa pla­te­forme, en prio­ri­té pour pro­po­ser une in­ter­face fa­ci­li­tant la su­per­vi­sion du co­bot par tout uti­li­sa­teur. Et il s’at­telle aus­si à pré­pa­rer sa pre­mière le­vée de fonds.

Fran­çoise Gri et Al­bert Geor­gel, co­fon­da­teurs

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