Des le­vées de fonds à foi­son...

IT for Business - - SOMMAIRE - PA­TRICK BRÉBION Pa­trick Brébion Ré­dac­teur en chef ad­joint

Mis en avant par le po­li­tique, le mou­ve­ment start-up est re­de­ve­nu at­trac­tif pour les in­ves­tis­seurs. Si les le­vées de fonds sont un moyen de leur per­mettre de se dé­ve­lop­per, elles dé­notent plus un in­té­rêt fi­nan­cier qu’une ga­ran­tie de leur per­ti­nence et de leur so­li­di­té.

Fin août, le Se­cré­ta­riat gé­né­ral pour l’in­ves­tis­se­ment a pré­sen­té son rap­port, concer­nant en par­ti­cu­lier les in­ves­tis­se­ments du PIA 3 (Pro­gramme d’in­ves­tis­se­ments d’ave­nir, troi­sième vo­let) et les ac­tions des So­cié­tés d’ac­cé­lé­ra­tion du Trans­fert de Tech­no­lo­gies (SATT). Pour rap­pel, ces der­nières, 14 struc­tures en France, va­lo­risent les ré­sul­tats de re­cherche de la­bo­ra­toires et de start-up is­sues du monde aca­dé­mique. Ré­sul­tats mis en avant : 38 % de celles sou­te­nues par les SATT ont réa­li­sé au moins une le­vée de fonds - donc très sen­si­ble­ment au-des­sus de la moyenne fran­çaise de 25 % -, et 21 % d’entre elles ont réa­li­sé deux le­vées ou plus, « ce qui est es­sen­tiel pour des so­cié­tés qui dé­ve­loppent des tech­no­lo­gies “deep tech” », pour ci­ter le rap­port. Dans un re­gistre dif­fé­rent, la jour­née FD­DAY 2018 or­ga­ni­sée par France Di­gi­tale a réuni au­tour de 4 000 start-up. L’évé­ne­ment était lar­ge­ment pla­cé sous le signe du fi­nan­ce­ment, in­ves­tis­se­ments pri­vés comme aides pu­bliques. Plus quo­ti­dien­ne­ment, vos ser­vi­teurs de la ré­dac­tion D’IT for Bu­si­ness re­çoivent presque quo­ti­dien­ne­ment des e-mails triom­phants an­non­çant de nou­velles le­vées de fonds se chif­frant en di­zaines de mil­liers ou en di­zaines de mil­lions d’eu­ros.

Si les be­soins de fi­nan­ce­ment d’une start-up sont évi­dents, ces le­vées de fonds té­moignent cer­tai­ne­ment plus de pers­pec­tives al­lé­chantes que de réa­li­tés bu­si­ness ou tech­no­lo­giques. Le constat s’im­pose : si plus de 90 % des jeunes pousses ont dis­pa­ru 6 ans après leur créa­tion - ce qui in­clut pro­ba­ble­ment une part de celles qui ont bé­né­fi­cié de fi­nan­ce­ments même consé­quents -, c’est que le cri­tère d’in­ves­tis­se­ment n’était peut-être pas le bon... Très vieille start-up, Jaw­bone, spé­cia­li­sée dans les ob­jets connec­tés, a le­vé 1 Md$ … avant de dis­pa­raître en 2017. Au fi­nal, il reste sur­pre­nant que même des struc­tures comme les SATT, en charge du sou­tien de ces mou­ve­ments, se laissent al­ler à uti­li­ser ce type d’in­di­ca­teurs.

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