Fa­çon­nez vos équipes de ma­nière di­ver­si­fiée et in­no­vante,

Adop­ter un ma­na­ge­ment mo­derne et se consti­tuer des équipes mul­ti-fa­cettes sont de réels avan­tages pour aug­men­ter la va­leur de la DSI et sa­tis­faire nos clients in­ternes.

IT for Business - - SOMMARIRE - par Ma­thieu Fle­cher

Il m’a été don­né plu­sieurs fois l’oc­ca­sion de­puis le dé­but de l’an­née de faire l’éloge et l’ana­lyse du ma­na­ge­ment des hommes au sein des DSI. Plu­sieurs fois aus­si de dire la né­ces­si­té pour les DSI, pour la DSI, de sa­voir suivre une voie de pro­grès, en adop­tant des modes de fonc­tion­ne­ment dif­fé­rents et plus dans l’air du temp : la maî­trise tech­no­lo­gique ne suf­fit plus, le sa­voir ne suf­fit plus. Il faut que les DSI entrent dans une ère du ma­na­ge­ment émo­tion­nel et adap­ta­tif. Plus ques­tion d’être un «chef», hor­mis qu’il soit d’or­chestre… Dans ce contexte, l’une des clés de la sur­vie de la DSI dans la jungle pro­fes­sion­nelle est de sa­voir oc­cu­per le ter­rain de la tech­no­lo­gie, de la pro­mou­voir, mais aus­si de fa­çon­ner ses équipes et ses modes de fonc­tion­ne­ment pour faire face à ces nou­veaux pa­ra­digmes : la sha­dow IT de ses clients, l’ul­tra-di­ver­si­fi­ca­tion des in­no­va­tions, l’am­pli­fi­ca­tion des tech­no­lo­gies et des so­lu­tions.

Fa­çon­ner ses équipes.

C’est pour moi la tâche la plus dure. Em­bau­cher un col­la­bo­ra­teur est dé­sor­mais de­ve­nu un en­ga­ge­ment fort. Un fu­tur col­la­bo­ra­teur au sein d’une équipe exis­tante, il faut le re­cru­ter­non seule­ment sur le sa­voir-faire bien sûr, mais sur le sa­voir-être. « I don’t need a cle­ver jerk », me di­sait mon pre­mier pa­tron. À quoi ce­la sert dans une équipe d’avoir quel­qu’un de ca­rac­té­riel, d’in­adap­té au contexte de l’équipe ? Si ce n’est à dé­truire un châ­teau de cartes d’un souffle. Dans tous mes re­cru­te­ments de DSI, je m’at­tache dé­sor­mais à re­cru­ter dans l’op­tique de faire face aux en­jeux «émo­tion­nels» de mes clients in­ternes. Ils veulent de la sou­plesse, de la di­ver­si­té des so­lu­tions, un time-to­mar­ket im­bat­table, du plug & play comme dans leur vie tech­no­lo­gique à do­mi­cile.

Aus­si, si vous pos­tu­lez dans ma DSI, outre un tra­di­tion­nel CV, vous se­rez mis en si­tua­tion.

Non pas une si­tua­tion que vous maî­tri­sez, mais face à un chal­lenge que vous ne maî­tri­sez pas. En de­hors de tout contexte in­for­ma­tique. Gé­né­ra­le­ment j’ap­porte un ob­jet as­sez com­plexe pour ne pas être iden­ti­fié au pre­mier abord, une pièce mé­ca­nique, un ou­til en bois, dont vous de­vrez trou­ver l’usage. En fait, je me moque de sa­voir si vous trou­vez ce que c’est, ce qui m’in­té­resse c’est la fa­çon sys­té­mique dont vous al­lez l’abor­der : par sa cons­ti­tu­tion ? Par son usage ? Par son in­ter­ac­tion ? Il existe plu­sieurs ma­nières de trou­ver, et je teste au­tant votre ca­pa­ci­té d’ana­lyse que vos ré­ac­tions com­por­te­men­tales face à ce chal­lenge in­édit. C’est ce que j’ap­pelle mettre une pres­sion saine sur un can­di­dat. Face à une si­tua­tion in­édite, il ne se­ra pas dans un mode où il ac­ti­ve­ra ses mé­ca­nismes de dé­fense, il de­vra bais­ser la garde. Ce pre­mier test me per­met d’avoir des can­di­dats « ana­ly­tiques » dans leur dé­marche…

Le deuxième vo­let d’une équipe fa­çon­née 2.0, c’est l’as­pect cultu­rel.

Fi­ni un in­for­ma­ti­cien pur jus. La tech­nique est une chose, la culture en est une autre. Em­bau­cher des pro­fils ayant tra­vaillé à l’in­ter­na­tio­nal, ayant le goût de la culture, de la mu­sique, de l’art, per­met, au-de­là de l’as­pect pu­re­ment cultu­rel, d’abor­der les chal­lenges et les dif­fi­cul­tés d’une autre fa­çon. Tous les in­gé­nieurs sont for­ma­tés pour pen­ser, pour ré­soudre avec des mé­tho­do­lo­gies qua­si si­mi­laires. L’in­tel­li­gence cultu­relle donne un autre re­gard.

Le troi­sième vo­let, pour les mêmes rai­sons que l’as­pect cultu­rel, c’est la di­ver­si­té.

La di­ver­si­té des âges, des gé­né­ra­tions. Les gé­né­ra­tions Y ou Z entrent dans le monde de l’en­tre­prise avec d’autres modes de fonc­tion­ne­ment. Dé­jà, ils ne sont pas pol­lués pour la plu­part d’entre eux par les pro­ces­sus aux­quels les qua­dras et quin­quas ont été sou­mis pen­dant des an­nées. Ils sont aus­si for­més sur de nou­velles mé­thodes, et leur ap­pé­tence au tra­vail col­la­bo­ra­tif est une réelle source d’échange et de par­tage. La fé­mi­ni­sa­tion des équipes in­for­ma­tiques est aus­si à mettre dans cette di­ver­si­té saine. Un ef­fet tes­to­sté­rone mi­no­ré qui fait du bien à tous, et fait sor­tir les équipes de l’in­fra­struc­ture, tra­di­tion­nel­le­ment mas­cu­lines, d’un syn­drome geek tech­no­phile.

Il ne suf­fit ce­pen­dant pas de mé­lan­ger tout ce­la pour ob­te­nir des équipes IT ef­fi­caces face aux en­jeux qui les at­tendent.

Les mé­thodes ma­na­gé­riales doivent évo­luer et, là où les autres di­rec­tions sont ca­pables d’en­clen­cher des cycles de mé­ta­mor­phose, en in­no­vant sur leurs pra­tiques et sur le ré­sul­tat, la DSI se doit de faire pa­reil. Nous vé­hi­cu­lons cette image de mo­der­ni­té et à la fois, bien trop sou­vent, nous ar­ri­vons comme une contrainte face à des mé­tiers qui nous chal­lengent de fa­çon par­fois bru­tale. Il faut que nous consi­dé­rions nos DSI comme des mi­ni-en­tre­prises n’ayant qu’un seul ob­jec­tif : faire en sorte que notre client, notre client mo­no­po­lis­tique, soit sa­tis­fait et que nous soyons une vraie source de va­leur pour lui.

Alors je n’ai qu’une mé­thode à vous pro­po­ser : soyez in­no­vants ! Tel un en­fant qui monte pour la pre­mière fois sur un vé­lo ou qui dé­bute sur un ins­tru­ment de mu­sique, ayez une dé­marche «try & fail». Es­sayez toutes sortes de modes de pi­lo­tage avec vos uti­li­sa­teurs : des ha­cka­thons, des sé­mi­naires au vert, du cycle en V, du scrum… Bref, ten­tez ! Y com­pris dans votre ma­na­ge­ment in­terne : des 360°, des « stan­dup mee­ting »… Si ce­la ne marche pas es­sayez autre chose, mais soyez mo­dernes, au­da­cieux, en­tre­pre­nants. Les dogmes comme ITIL et ISO, c’est bien comme gui­de­lines, mais ayez d’abord en tête la sa­tis­fac­tion de vos clients !

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