Vincent Lau­riat, DSI de Saur, La soif de la trans­for­ma­tion

Pas­sion­né par la tech­nique, mais peut-être en­core plus, cu­rieux de tout, Vincent Lau­riat a com­men­cé par maî­tri­ser toutes les fa­cettes de l’in­for­ma­tique avant d’en­chaî­ner les trans­for­ma­tions de sys­tèmes d’in­for­ma­tion.

IT for Business - - SOMMARIRE - PA­TRICK BRÉBION

Mes pa­rents au­raient pré­fé­ré me voir suivre des études de phar­ma­cie » , se rap­pelle Vincent Lau­riat. Si le mot geek n’existe pas à l’époque, l’homme fait sans conteste par­ti de la pre­mière vague de pas­sion­nés par la mi­cro-in­for­ma­tique, une pas­sion dé­clen­chée par l’achat fa­mi­lial d’un Apple II. « Il fal­lait dé­ve­lop­per ses propres jeux » , sou­ligne-t-il. Peu de temps après, in­terne au ly­cée, il aide les sur­veillants lan­cés dans des cur­sus in­for­ma­tiques à faire leurs contrôles. Il in­té­gre­ra donc une école d’in­gé­nieur in­for­ma­tique qui se ter­mine par un stage à Seat­tle chez Mi­cro­soft. « L’oc­ca­sion de dé­cou­vrir le vrai vi­sage de l’in­for­ma­tique » , in­siste-il, et d’in­té­grer l’édi­teur, une so­cié­té en­core mo­deste à ce mo­ment-là. « À l’époque, nous pas­sions un peu pour des far­fe­lus. La plu­part des gens uti­li­saient Lo­tus 123 » , s’amuse notre in­ter­lo­cu­teur. Deux an­nées plus tard, il doit ren­trer en France pour ef­fec­tuer son ser­vice mi­li­taire. Il trouve le moyen d’y échap­per et ré­in­tègre Mi­cro­soft, dans la fi­liale fran­çaise cette fois, et sur un poste d’avant-vente. « Nous al­lions voir des DSI pour leur pro­po­ser des so­lu­tions de mes­sa­ge­rie et de bu­reau­tique. Les ré­ac­tions d’alors – “n’im­porte qui va pou­voir en­voyer un e-mail au DG ?” - té­moignent de la per­cep­tion de ces ou­tils… ». Quelques an­nées après, il est vo­lon­taire pour re­par­tir quelques temps aux États-unis. Il s’agit de tes­ter et dé­ve­lop­per sur Win­dows 3.51. C’est l’oc­ca­sion pour lui de dé­cou­vrir In­ter­net et son po­ten­tiel. De re­tour en France, la di­rec­tion lui pro­pose de prendre en charge les sites in­ter­net de Mi­cro­soft France. « Ceux-ci ont ra­pi­de­ment comp­té pas loin d’un mil­lion d’uti­li­sa­teurs. J’ai alors dé­cou­vert le mar­ke­ting, la com­mu­ni­ca­tion, la mise en place de sites de e-com­merce, et ce qui com­men­çait à res­sem­bler à un CRM » , se sou­vient-il. Même s’il in­ter­vient en­core au ni­veau tech­nique, sur SQL Ser­ver, le constat s’im­pose : « Je m’éloi­gnais un peu de mon mé­tier de base d’in­gé­nieur » . Il en­té­rine cette évo­lu­tion par une for­ma­tion à l’es­sec et passe cô­té uti­li­sa­teur, d’abord chez BETC-HAVAS, puis chez CBS Out­door. «Même si je n’avais ja­mais te­nu ce type de fonc­tion, le pas­sage s’est fait na­tu­rel­le­ment» , sou­ligne Vincent Lau­riat, qui ap­plique entre autres ce qu’il ap­pris chez l’édi­teur amé­ri­cain, à sa­voir l’iden­ti­fi­ca­tion de la va­leur créée avant tout in­ves­tis­se­ment tech­nique, et un mode agile dans le dé­ve­lop­pe­ment. « Chez CBS Out­door, l’ap­port des ap­pli­ca­tions de re­la­tion client de­vait se concré­ti­ser par une di­vi­sion par deux du nombre de ren­dez-vous né­ces­saires avant la com­mande » , illus­treil. Deux an­nées plus tard, l’op­por­tu­ni­té se pré­sente de prendre le poste de DSI chez Brink’s, un chal­lenge mo­ti­vant. Plu­sieurs de ses pré­dé­ces­seurs y sont pas­sés et ont je­té l’éponge. « Après une an­née à ré­or­ga­ni­ser la DSI, l’in­fo­gé­reur avait pris un peu trop d’in­dé­pen­dance, j’ai im­pul­sé une nou­velle lo­gique. Le paie­ment au ser­vice rem­pla­çait le paie­ment à l’acte » , ré­sume notre in­ter­lo­cu­teur. Con­crè­te­ment, au lieu de faire payer les clients pour un ra­mas­sage de la re­cette à une fré­quence don­née, les nou­veaux ser­vices ont par exemple consis­té à ins­tal­ler des coffres connec­tés chez les clients com­mu­ni­quant avec le back-of­fice. « La DSI s’est po­si­tion­née en of­freur de ser­vices aux mé­tiers. La donne a chan­gé. Au lieu de com­mer­cia­li­ser des pas­sages, des coups de frein dans le lan­gage mé­tier, et de cher­cher à tou­jours plus ré­duire les coûts, les com­mer­ciaux vendent un ser­vice de confiance, par exemple, 1000 € sé­cu­ri­sés et cré­di­tés avant même le ra­mas­sage » , ex­plique Vincent Lau­riat. Une trans­for­ma­tion qui a bien sûr im­pli­qué de faire évo­luer le SI de l’en­tre­prise en pro­fon­deur. Le chal­lenge réus­si, et même s’il aime se dé­tendre par la pra­tique du jog­ging et sa pas­sion pour les voi­tures de col­lec­tion - il pos­sède entre autres une Aus­tin Hea­ley -, notre homme reste à l’af­fût de nou­veaux dé­fis. En 2017, le groupe Saur lui donne l’oc­ca­sion d’étan­cher sa soif. « L’ac­ti­vi­té de ce groupe ouvre un champ des pos­sibles illi­mi­té, s’en­flamme le DSI. L’ap­pli­ca­tion de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle sur les don­nées is­sues des 40000 sites de l’en­tre­prise (châ­teaux d’eau, centres d’épu­ra­tion...) per­met­tra de li­mi­ter la pé­ni­bi­li­té des tâches ou en­core de pro­po­ser des nou­veaux ser­vices à nos clients » .

2014-2015 EMBA, HEC Pa­ris 2006-2007 Es­sec 1989-1992 In­gé­nieur, Epita For­ma­tion De­puis 2017 DSI, Saur 2011-2017 DSI, Brink’s France 2009-2011 DSI, Ex­te­rion Me­dia (ex CBS Out­door) 2007-2009 DSI, BETCHa­vas-bol­lo­ré 1990-2006 Mi­cro­soft MI N I B I O

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