Le groupe Eif­fage re­pense l’en­tre­tien de son parc ma­té­riel avec In­for

IT for Business - - SOMMARIRE - FRAN­ÇOIS JEANNE

Dans le cadre de son pro­jet EMAT d’har­mo­ni­sa­tion de la main­te­nance de ses équi­pe­ments entre ses dif­fé­rentes fi­liales, le spé­cia­liste du BTP a choi­si d’adap­ter le pro­gi­ciel In­for. Un ob­jec­tif am­bi­tieux, pour­sui­vi en im­pli­quant les mé­tiers et les ré­gions dans le pa­ra­mé­trage du pro­duit. Les bé­né­fices po­ten­tiels de l’op­ti­mi­sa­tion de la ges­tion du ma­té­riel ain­si créés sont im­por­tants.

« La pre­mière mis­sion de mon ser­vice est de contri­buer à la conver­gence et à l’har­mo­ni­sa­tion des pro­ces­sus dans l’en­tre­prise », ex­plique Mi­kael Goe­ta, Di­rec­teur de la Maî­trise d’ou­vrage SI Mé­tiers du groupe Eif­fage (65000 col­la­bo­ra­teurs, 15 mil­liards d’eu­ros de CA en 2017 dont 21% hors de France). Avec le pro­jet EMAT, il s’agit de pou­voir al­louer les ma­té­riels de son parc de ma­nière ra­tion­nelle, ren­table et ef­fi­cace entre les dif­fé­rents chan­tiers en cours au sein des dif­fé­rentes branches tra­vaux du groupe (Construc­tion, Éner­gie Sys­tèmes et In­fra­struc­tures).

170 000 équi­pe­ments à gé­rer

Il fal­lait pour ce­la rap­pro­cher des vi­sions très dis­pa­rates de la main­te­nance – cu­ra­tive et pré­ven­tive – des quelque 170000 équi­pe­ments (dont pas moins de 20000 vé­hi­cules) en pos­ses­sion de ce lea­der eu­ro­péen du BTP et des conces­sions (au­to­routes, ly­cées, hô­pi­taux, stade, etc). «Cer­taines en­ti­tés dis­po­saient d’ap­pli­ca­tions pour as­su­rer cette GMAO, mais vieillis­santes. Et dans beau­coup de si­tua­tions, c’était une simple feuille de ta­bleur qui fai­sait of­fice d’ou­til», dé­taille Mi­kael Goe­ta.

Dans tous les cas, les so­lu­tions en vi­gueur n’étaient plus de taille à fran­chir les en­jeux de la trans­for­ma­tion di­gi­tale opé­rée au sein du groupe. Et sur­tout, il était dif­fi­cile de pro­po­ser une vi­sion conso­li­dée du parc, en temps réel, ce qui em­pê­chait le prêt ra­pide et ef­fi­cace d’équi­pe­ments in­uti­li­sés à un en­droit. Avec un taux d’uti­li­sa­tion de cer­tains équi­pe­ments de chan­tier so­phis­ti­qués as­sez faible, il était es­sen­tiel de dis­po­ser d’une vi­sion conso­li­dée du parc en temps réel. Le prêt ra­pide et ef­fi­cace d’équi­pe­ments in­uti­li­sés à des chan­tiers en at­tente a ren­du pos­sible une op­ti­mi­sa­tion des coûts de lo­ca­tion tem­po­raire de ma­té­riels.

Amé­lio­rer les taux d’uti­li­sa­tion des ma­té­riels

En amont du pro­jet in­for­ma­tique pro­pre­ment dit, le tra­vail a d’abord por­té sur la mo­dé­li­sa­tion des pro­ces­sus, pour faire par-

« Je ne crois pas qu’un uti­li­sa­teur fi­nal soit en me­sure d’ex­pri­mer ses be­soins sur le pa­pier. Il a be­soin de se pro­je­ter sur des élé­ments concrets, pa­rexem­pleu­ne­ma­quette»

Mi­kael Goe­ta, Di­rec­teur de la Maî­trise d’ou­vrage SI Mé­tiers du groupe Eif­fage

ta­ger à l’en­semble des ac­teurs un vo­ca­bu­laire com­mun, par exemple sur la no­tion d’in­ter­ven­tion ou de compte-ren­du d’in­ter­ven­tion. Par la suite, l’équipe réunie par Mi­kael Goe­ta lance un ap­pel d’offres sur le mar­ché, au­quel In­for ré­pond avec suc­cès avec son ERP In­for EAM, cou­plé au mo­dule EPM de ma­na­ge­ment de la per­for­mance. Le grand oral, in­té­grant une dé­mons­tra­tion, est réa­li­sé face à un par­terre in­so­lite, mixant la DSI, la MOA et…. 35 uti­li­sa­teurs fi­naux re­pré­sen­ta­tifs de la di­ver­si­té des mé­tiers et des ré­gions où le groupe opère. Les pro­fes­sion­nels concer­nés sont va­riés, al­lant du tech­ni­cien de main­te­nance, en pas­sant par le ma­ga­si­nier, le chef d’ate­lier et le res­pon­sable de parc, jus­qu’au di­rec­teur ma­té­riel de ré­gion et de branche pour les fonc­tion­na­li­tés de pi­lo­tage.

Des uti­li­sa­teurs de tous ho­ri­zons

Trois grands axes de tra­vail sont re­te­nus : la mise en place d’une ges­tion in­té­grale de la flotte de vé­hi­cules pour en amé­lio­rer la pro­duc­ti­vi­té et l’er­go­no­mie (mo­dule In­for OS) ; le dé­ve­lop­pe­ment d’une so­lu­tion de pla­ni­fi­ca­tion de la main­te­nance et d’ex­ploi­ta­tion des équi­pe­ments à par­tir d’in­for EAM ; et en­fin la prise en compte des be­soins des tech­ni­ciens en mo­bi­li­té, en uti­li­sant le mo­dule In­for Tran­sit. «Le kick off date de sep­tembre 2016. Nous avons consa­cré les cinq pre­miers mois à la concep­tion dé­taillée de la so­lu­tion on pre­mise, ce qui in­cluait no­tam­ment la réa­li­sa­tion des in­ter­faces avec nos autres ap­pli­ca­tions de ges­tion, et re­qué­rait donc l’in­ter­ven­tion de notre DSI», ex­plique Mi­kael Goe­ta. Là en­core, l’équipe pro­jet in­nove en ou­vrant lar­ge­ment cette phase aux uti­li­sa­teurs fi­naux : elle est no­tam­ment ryth­mée par une ving­taine d’ate­liers où se ren­contrent les consul­tants d’in­for Con­sul­ting Ser­vices et des re­pré­sen­tants des mé­tiers. «Pour plus d’ef­fi­ca­ci­té, nous avons tra­vaillé à par­tir d’im­plé­men­ta­tions stan­dards pro­po­sées par In­for, ame­nées à évo­luer en­suite sui­vant les de­mandes des uti­li­sa­teurs. In­for re­par­tait tra­vailler sur une ma­quette qui était sou­mise à la va­li­da­tion des mé­tiers » . La mé­thode en ques­tion est adap­tée de In­for De­ploy­ment Me­thod et qua­li­fiée de «se­mi-agile» par Laurent Ca­vail­hès, le di­rec­teur de pro­jet chez l’édi­teur.

Un an pour la pre­mière mise en pro­duc­tion

« Je ne crois pas qu’un uti­li­sa­teur fi­nal soit en me­sure d’ex­pri­mer ses be­soins sur le pa­pier. Il a be­soin de se pro­je­ter sur des élé­ments concrets, par exemple une ma­quette », af­firme Mi­kael Goe­ta. « Et je pense éga­le­ment qu’il est né­ces­saire de pro­cé­der par ité­ra­tions plu­tôt que de vi­ser une pre­mière ver­sion com­plète » . Ici, un pre­mier noyau a été mis en pro­duc­tion au bout d’un an et, de­puis, des fonc­tion­na­li­tés sup­plé­men- taires y sont pro­gres­si­ve­ment agré­gées.

«Il y a des pro­messes de re­tours sur in­ves­tis­se­ment», convient Mi­ckael Goe­ta. Le pro­jet vise no­tam­ment à op­ti­mi­ser les phases d’en­tre­tien, le taux d’uti­li­sa­tion des ma­té­riels sur les chan­tiers, no­tam­ment la dis­po­ni­bi­li­té et l’ef­fi­ca­ci­té grâce à l’en­tre­tien, à of­frir une meilleure ca­pa­ci­té de pi­lo­tage et une ré­duc­tion des coûts de ges­tion as­so­ciés comme, par exemple, la dis­pa­ri­tion to­tale du pa­pier dans les pro- ces­sus. «Il faut sa­voir que le parc ma­té­riel d’un groupe comme Eif­fage re­pré­sente un pa­tri­moine d’en­vi­ron 3 mil­liards d’eu­ros, avec des frais d’en­tre­tien an­nuels d’en­vi­ron 5 à 7% de ce mon­tant. Ga­gner ne se­rait-ce que quelques pour­cents sur cette somme jus­ti­fie lar­ge­ment ce pro­jet EMAT», sou­ligne notre in­ter­lo­cu­teur.

Pour mieux me­su­rer ces pro­grès, des in­di­ca­teurs TUM (taux d’uti­li­sa­tion moyen des équi­pe­ments) se mettent pro­gres­si­ve­ment en place et vont évo­luer au fur et à me­sure que les bases de don­nées vont s’en­ri­chir.

Un autre axe de pro­grès est ce­lui de la sé­cu­ri­té des col­la­bo­ra­teurs du groupe. Du ma­té­riel ad hoc et bien en­tre­te­nu, c’est l’as­su­rance de ré­duire le nombre d’ac­ci­dents et leurs consé­quences hu­maines et fi­nan­cières. C’est aus­si une né­ces­si­té ré­gle­men­taire, avec des contrôles fré­quents sur les chan­tiers et des amendes qui peuvent s’avé­rer très lourdes en cas de man­que­ment. C’est en­fin un en­ga­ge­ment fort du groupe dans le cadre de sa po­li­tique RH.

Une ving­taine de sites ont à ce jour été dé­ployés pour l’en­semble des mé­tiers du groupe. À terme, en juin 2019, il de­vrait y en avoir plus de 200 et près de 2000 uti­li­sa­teurs concer­nés. Pour mieux les «em­bar­quer», la dis­po­ni­bi­li­té de plu­sieurs fonc­tion­na­li­tés en si­tua­tion de mo­bi­li­té (smart­phone, ta­blette) est un plus. Deux cas d’usage ont dé­jà été dé­ve­lop­pés, à sa­voir le compte-ren­du d’in­ter­ven­tion, avec même la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser des fonc­tion­na­li­tés d’en­re­gis­tre­ment vo­cal pour les tech­ni­ciens. Ain­si qu’un mo­dule qui re­lie une dou­chette au pé­ri­phé­rique pour une sai­sie plus ra­pide des en­trées et sor­ties dans le stock.

«La mo­bi­li­té est un fac­teur d’ac­cé­lé­ra­tion de l’ac­cep­ta­tion avec un ef­fet boule de neige», convient Mi­kael Goe­ta. Qui pense que la gé­né­ra­li­sa­tion de l’iot va aus­si ac­cé- lé­rer le phé­no­mène : « EMAT est le pre­mier pi­lier d’un pro­gramme plus im­por­tant qui reste à conduire au­tour de la connais­sance de notre ac­ti­vi­té avec une nor­ma­li­sa­tion de la don­née, des ré­fé­ren­tiels com­muns et une no­men­cla­ture com­mune. Nous al­lons pou­voir nous bench­mar­ker, po­ser des KPI en les croi­sant avec d’autres sources, en­ri­chir les don­nées tran­sac­tion­nelles et là-en­core amé­lio­rer la ges­tion de nos équi­pe­ments » .

Le tra­vail a d’abord por­té sur la mo­dé­li­sa­tion des pro­ces­sus, pour faire par­ta­ger à l’en­semble des ac­teurs un vo­ca­bu­laire com­mun

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