MISS

Jalouse - - VOIR ET ÊTRE VU -

“BRING YOUR GAME, NOT YOUR NAME” ?

PAS SI SÛR. BOXE, BAS­KET-BALL OU FOR­MULE 1, LES IT GIRLS ÉCLIPSENT PEU à PEU LES CHEER­LEA­DERS SUR LE BORD DES TER­RAINS.

LES TRI­BUNES SE­RAIENT-ELLES LE NOU­VEAU FRONT ROW ?

Àvos marques, prêts, par­tez! Entre Cannes, Coa­chel­la et la fashion week, sur le grand échi­quier des mon­da­ni­tés, im­pos­sible dé­sor­mais de ra­ter les évé­ne­ments spor­tifs. On a ain­si vu Ca­ra De­le­vingne, Gi­gi Ha­did et les soeurs Jen­ner au Grand Prix de Mo­na­co, Kh­loé Kar­da­shian sou­te­nir les Clip­pers (alors que La­mar, son ex, n’y joue plus) lors des playoffs de la NBA, ou en­core Pa­ris Hil­ton as­sis­ter au “com­bat du siècle” (la ren­contre de boxe May­wea­ther-pacquiao). Kel­ly Rohr­bach, quant à elle, n’a pas hé­si­té à sau­ter dans un avion pour as­sis­ter à un match de bas­ket en plein shoo­ting pour… Ja­louse ! Mais qu’est-ce qui fait cou­rir les filles? Pour Na­tha­lie Bé­gui­not, brand ma­na­ger chez Adi­das Ori­gi­nals, qui in­vite sou­vent les it girls fran­çaises à Ro­land-gar­ros, tout est ques­tion d’émo­tion : “Plus qu’as­sis­ter à un match, nos guests vivent un mo­ment, une com­mu­nion, qui les change des évé­ne­ments où l’on se de­mande si l’on a mis le bon out­fit, ex­plique-t-elle. At­teindre son pos­sible et le dé­pas­ser, l’ef­fort, la beau­té du geste… Les va­leurs du sport fas­cinent.” Le live spor­tif, son ins­tan­ta­né et son ex­ci­tante in­cer­ti­tude font vi­brer les pe­tites sol­dates d’un uni­vers très co­di­fié où tout est pla­ni­fié. Même son de gong chez Nike qui convie par­fois les fa­shio­nis­tas dans sa loge du Parc des Princes pour leur of­frir “une ex­pé­rience unique”, et as­sure qu’au bout de quelques mi­nutes, même les plus scep­tiques sim­ple­ment ve­nues dé­cou­vrir un nou­vel uni­vers, se mettent à sou­te­nir – par­fois ar­dem­ment – l’une des équipes. Avant de le par­ta­ger sur Ins­ta­gram ou de se faire pho­to­gra­phier. “Si tu es in­vi­té dans une loge, tu sais que tu viens aus­si faire des pho­tos”, confirme la brand ma­na­ger. Cham­pion des tech­niques d’ac­ti­va­tion de marque (ac­tions au­tour d’une marque pour sti­mu­ler l’in­té­rêt, l’es­sai ou la fi­dé­li­sa­tion), l’évé­ne­ment spor­tif a tout bon. “La marque prend de la co­ol­ness en s’as­so­ciant à des filles qui ont du style, et elles gagnent en puis­sance”, ex­plique Na­tha­lie Bé­gui­not. En muscles ? Pas vrai­ment…

ANGLE OP­PO­SÉ CA­MÉ­RA

C’est bien sûr d’image dont il s’agit. Plus que du kiff, sur le bord des ter­rains, on vient cher­cher du cool (comme aux playoffs de la NBA), du chic (comme au Saut Her­mès) ou de la street cre­di­bi­li­ty (comme à May­wea­ther-pacquiao). Et, comme lors d’un dé­fi­lé, mieux vaut être bien pla­cé. Aux États-unis, la lo­gique hié­rar­chique du front row s’ap­plique dé­sor­mais aux ter­rains de sport (mais aus­si, se­lon le New York Times, aux cours de gym ou de

spin­ning les plus ex­clu­sifs, dont on s’ar­rache les pre­miers rangs!). Outre le simple fait d’être in­vi­té, le pla­ce­ment marque l’im­por­tance. Le com­bat le plus violent lors de la ren­contre May­wea­ther-pacquiao fut d’ailleurs ce­lui des ce­lebs et de leurs pu­bli­cistes à la re­cherche de la meilleure place (celle du front row, angle op­po­sé à la ca­mé­ra). In­ter­ro­gés par le Los An­geles Times, ses or­ga­ni­sa­teurs ra­content com­bien le sea­ting fut com­pli­qué. Pas in­vi­tés, car l’évé­ne­ment était trop de­man­dé, les VIP de la A-list ont payé des for­tunes (10000 $, plus de 350 000 $ à la re­vente, pour être au plus près de l’ac­tion) et s’at­tendent tous à un trai­te­ment de fa­veur. À qui alors oc­troyer un pre­mier rang ? Qui pla­cer à cô­té de qui (on ne place pas, par exemple, un ac­teur à cô­té d’un autre ac­teur)? Comment dire non à tel os­ca­ri­sé? Pire, comment lui dire qu’il se­ra au deuxième rang? Un vrai up­per­cut. Pour­tant, en boxe comme en bas­ket et ailleurs, trop près de l’ac­tion, les pre­miers rangs ne sont pas ceux où l’on voit le mieux, mais bel et bien ceux où votre te­nue est la mieux vue. Car, au-de­là d’une quel­conque vi­si­bi­li­té (ce­la fait long­temps que les tri­bunes sont un en­droit où se mon­trer), c’est aus­si de mode dont il s’agit.

198 Ci-contre, cam­pagne Cha­nel “Co­co Coach” prêt-à-por­ter au­tom­ne­hi­ver 2015-16. Ci-des­sous, Kh­loé Kar­da­shian au match Hous­ton Ro­ckets/los An­geles Clip­pers, à Los An­geles en mai 2015. Page de droite, l’ac­teur Jus­tin Long prend en pho­to Kate Up­ton,...

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