Fred Hersch Trio

Heart­songs

Jazz Magazine - - LE GUIDE - LU­DO­VIC FLO­RIN Fred Hersch (p), Mi­chael For­ma­nek (b), Jeff Hir­sh­field (dm). New York, RPM Stu­dios, 4 et 5 dé­cembre 1989.

1 CD Sun­ny­side / So­ca­disc

Ré­édi­tion. Quelle bonne idée de ré­édi­ter cet al­bum des dé­buts de car­rière de Fred Hersch ! D’au­tant plus qu’il bé­né­fi­cie d’une re­mas­te­ri­sa­tion qui, par rap­port à l’édi­tion ori­gi­nale, confère à la mu­sique da­van­tage de pré­ci­sion et de dy­na­misme. Celle-ci s’ancre à plein dans son époque, celle des an­nées 1980 avec cette fa­çon toute spé­ci­fique d’im­pro­vi­ser qui con­siste à dé­ve­lop­per chaque idée au plus loin tout en col­lant au stan­dard in­ter­pré­té, pra­tique mise à l’hon­neur par Keith Jar­rett au dé­but de la dé­cen­nie. Hersch n’a alors pas en­core pous­sé aus­si loin son lan­gage contra­pun­tique – bien qu’il s’es­quisse dans sa ver­sion soul-fun­ky d’I Mean You. En re­vanche, l’in­ten­si­té de son ex­pres­sion dans les bal­lades est dé­jà confon­dante (Lul­la­by), tan­dis que sa per­son­na­li­té s’af­firme dans ces com­po­si­tions avec un je-ne-sais-quoi de féé­rique, lorsque comme dans Free For Th­ree par exemple, il de­meure dans la par­tie sur­aigüe du pia­no. On per­çoit aus­si une éner­gie vi­tale ex­pan­sive – quoique tou­jours sous contrôle – dans des pièces comme Beam Me Up ou The Sphinx (d’Or­nette Co­le­man), bien dif­fé­rente du Fred Hersch du XXIe siècle.

Ad­mi­ra­ble­ment ac­com­pa­gné par de jeunes loups vou­lant, comme lui, conqué­rir New York, l’al­bum a pris plus qu’un bain de jou­vence : il a ac­quis la pa­tine des oeuvres im­pu­tres­cibles ! •

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.