Russ Free­man

Speak Ea­sy

Jazz Magazine - - DOSSIER - FB

Pia­niste “co­ol”, “west coast”, “blanc”, Russ Free­man n’en était pas moins un au­then­tique bop­per, qui sut ac­tua­li­ser l’hé­ri­tage de Bud Po­well à sa fa­çon au­près de Chet Ba­ker au nom du­quel sa mé­moire reste at­ta­chée. Après un bap­tême du feu avec Char­lie Par­ker dès 1947, un pu­pitre dans le Char­lie Min­gus Be­bop Band de 1949, son par­te­na­riat avec Chet de 1952 à 1956 fut ponc­tué d’in­fi­dé­li­tés avec la bande du Ligh­thouse d’Her­mo­sa Beach : Shor­ty Ro­gers, Jim­my Giuffre, Art Pep­per et Shel­ly Manne. Les qua­li­tés mé­lo­diques de ce der­nier sus­ci­tèrent entre le pia­niste et le bat­teur une in­dé­fec­tible com­pli­ci­té qui sus­ci­ta l’al­bum 25 cm en duo “Shel­ly Manne & Russ Free­man”. Ce der­nier re­ti­tré “The Two” fut as­sem­blé en 30cm au “The Th­ree” de Shel­ly Manne (avec Ro­gers et Giuffre). Con­trai­re­ment aux autres pièces de “The Two”, Speak Ea­sy ne com­porte pas d’au­then­tiques so­los de bat­te­rie (hor­mis l’in­tro­duc­tion et un ré­jouis­sant échange de courtes in­ter­jec­tions ryth­miques), mais con­siste en un constant contre­point pia­no-bat­te­rie re­le­vant plus du tri­logue que du dia­logue, tant la main gauche se trouve ac­tive entre basses et ac­cords face à l’al­ter­nance de longues lignes et de courts mo­tifs ima­gi­nés par un main droite d’une belle au­to­no­mie vis-à-vis même de la struc­ture du mor­ceau. Un ré­gal au titre sans am­bi­guï­té. • Shel­ly Manne, “The Th­ree & The Two”, Con­tem­po­ra­ry, 1954

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