LES COU­REURS

Joggeur - - Entrainement Le 10 Km En Question -

CA­RO­LINE

« J’ai ten­dance à par­tir trop vite, por­tée par l’am­biance et par tous ces cou­reurs au­tour de moi. Il m’est dé­jà ar­ri­vé de coin­cer dès le 3e km. Les deux der­niers tiers de la course m’ont sem­blé alors très longs. Avec un point de cô­té en plus ! De toute fa­çon, ce­la de­vient dif­fi­cile après le 7e km, l’al­lure sur 10 km est in­tense. Il m’est ar­ri­vé d’avoir l’idée d’ar­rê­ter, non pas par épui­se­ment mais tout sim­ple­ment parce que mon ob­jec­tif chro­no­mé­trique de­ve­nait hors de por­tée et que mon men­tal dé­cro­chait. Je conti­nuais mal­gré tout mais, dans ma tête, j’avais lâ­ché, in­ca­pable de dé­pas­ser ce mur in­vi­sible, non pas phy­sique mais uni­que­ment psy­cho­lo­gique. Mon meilleur temps sur 10 km a été réa­li­sé alors que je ne vi­sais pas mon re­cord. J’ai en plus bé­né­fi­cié de la pré­sence d’un co­pain qui a don­né le bon tem­po dès le dé­but. Une fois le rythme bien im­pri­mé dès le 3e ki­lo­mètre, je n’ai plus re­gar­dé ma montre, avec cette bonne sur­prise à l’ar­ri­vée ».

YVAN PHI­LIPPE

« La course de 10 km n’est pas mon ef­fort de pré­di­lec­tion. Je le trouve dif­fi­cile, exi­geant, violent… En gé­né­ral, je sais vite après le dé­part si je se­rai dans le coup. Je conti­nue de re­dou­ter cette dis­tance, même après plu­sieurs an­nées de pra­tique, mais ma ges­tion de course a évo­lué. J’ai long­temps pris le par­ti du dé­part très, voire trop, ra­pide et du pas­sage à mi-course très sou­vent en avance sur mes pré­vi­sions. Dans ce contexte, j’ai tou­jours su­bi la se­conde moi­tié de course, et par­fois fi­ni très pé­ni­ble­ment. As­sez ré­cem­ment, j’ai ac­cep­té de me ré­soudre à par­tir pru­dem­ment. La sa­gesse ve­nant en vieillis­sant, lors d’un 10 km à Nice sur la Pro­me­nade des An­glais, j’ai cou­ru en ne­ga­tive split de quelques se­condes ! Quelques mois plus tard, je bat­tais mon re­cord per­son­nel, en cou­rant sans montre avec une ges­tion de l’ef­fort du même type, mais sans ne­ga­tive split ».

« Pour moi, il n’y a rien à faire, c’est dé­part ra­pide sur 2 km, sta­bi­li­sa­tion sur 4 ou 5 km au mieux, et après j’es­saye de te­nir le plus long­temps pos­sible, avec un gros coup de mou du 8e km jus­qu’à 500 mètres de l’ar­ri­vée. J’ai es­sayé d’être ré­gu­lier mais j’ai du mal et, de toute fa­çon, je coince quand même au 6e ou 7e km. Quant à par­tir un peu plus len­te­ment, je n’y ar­rive pas du tout. Je ne sais pas si c’est très ra­tion­nel mais je m’en fiche un peu. Pour mon mo­deste re­cord de 43’43” (4’22”au km), je passe au 5e km en 21’20” (42’40” sur 10 km) et je mets plus de 5 mi­nutes du 8e au 9e km. Et en­core je me suis amé­lio­ré, j’ai dé­jà fait “mieux” en étant en moins de 21 mi­nutes au 5e km pour qua­si­ment 45 mi­nutes à l’ar­ri­vée… »

Dans tous les cas de fi­gure, la dis­tance « 10 km » né­ces­site de pré­ser­ver du re­lâ­che­ment alors que tout in­vite à vivre un run ten­du !

Les courses, donc les oc­ca­sions de s’éta­lon­ner, sont dé­sor­mais très nom­breuses. Vous pou­vez ra­ter un ob­jec­tif et vous re­mettre en selle une se­maine plus tard pour l’at­teindre...

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