Hu­meur

Où quand, suite à un rhume qui n’en fi­nit pas, on se re­trouve do­pé sans trop le vou­loir. Mais sans trop s’en plaindre non plus, re­mar­quez…

Jogging International - - Sommaire - Ni­co­las Gar­don

Quand le ré­dac­teur en chef de Jog­ging se dope…

Et vous avez une course pré­vue bien­tôt ? » J’ai l’im­pres­sion qu’on vient de m’en­fon­cer un poi­gnard de 30 cm dans le cô­té droit du crâne, ma gorge est, à l’évi­dence, squat­tée par la plus grande co­lo­nie de cac­tus ja­mais vue sur Terre et ça fait trois jours qu’au­cun mil­li­litre d’air n’est par­ve­nu à pas­ser par mes na­rines. Et lui, il me de­mande si j’ai une course… « Non, mais parce que pour votre si­nu­site, je vais vous pres­crire des cor­ti­coïdes, ça ne pas­se­ra pas au contrôle an­ti­do­page. » Bon, doc­teur, que les choses soient claires : le jour où les or­ga­ni­sa­teurs d’une course dé­ci­de­ront de tendre le fla­con à un cou­reur ter­mi­nant, dans ses heures de gloire, dans le premier cin­quième du pe­lo­ton, n’est pas ar­ri­vé. Mais bon, on va jouer le jeu : « Oui, un pe­tit trail de 20 km dans 15 jours. » « Ça ira, il n’y au­ra plus d’ef­fets du mé­di­ca­ment d’ici là. »

NOU­VEAUX POU­MONS

Et me voi­là, à la sor­tie de la phar­ma­cie, avec le pe­tit sac conte­nant le pe­tit fla­con conte­nant les pe­tits com­pri­més ef­fer­ves­cents qui me fe­ront vo­ler. La pre­mière épreuve, c’est quand même d’ava­ler la chose, tout sim­ple­ment im­monde. Mais bon, s’il faut en pas­ser par là pour bou­ter la si­nu­site hors de mes fron­tières, je suis prêt à tous les sa­cri­fices gus­ta­tifs. Plus per­tur­bants que ce mé­di­ca­ment de mau­vais goût, ses ef­fets. Dé­jà, la si­nu­site s’est fait la malle, mer­ci d’avoir de­man­dé. Mais c’est sur un ter­rain de squash, trois jours après le dé­but du trai­te­ment, que la ré­vé­la­tion a lieu ! Je vole lit­té­ra­le­ment sur le court, mon ad­ver­saire ne voit rien et, au bout de deux heures de jeu, je suis prêt à re­par­tir pour une autre ses­sion. Le len­de­main, ça re­com­mence, cette fois sur une sor­tie qui ne de­vait être qu’un foo­ting tran­quille. 5 min 30 s/ km, puis 5 min, 4 min 30 s pour fi nir par 6 km à 4 min/ km… Les jambes tournent toutes seules, la fré­quence car­diaque ne s’em­balle pas, les pou­mons sont heu­reux. Re­tour à la phar­ma­cie. « La dose que vous pre­nez n’est pas énorme, mais elle suf­fit en ef­fet à amé­lio­rer

ra­pi­de­ment les per­for­mances. Après, il y a peut- être aus­si un res­sort psy­cho

lo­gique… » Et là, je me mets à com­prendre, un peu, ceux qui flirtent avec l’in­ter­dit, voire qui le dé­foncent à la voi­ture- bé­lier : si trois jours de pe­tits ca­chets m’ont per­mis de me re­trou­ver avec des jambes de feu, j’ima­gine à peine ce que l’on res­sent quand on passe au « vrai ». Et quand on ajoute le gros chèque pro­mis aux plus ra­pides/ forts/ pré­cis/en­du­rants… Et si l’ado pon­giste que j’étais avait ac­cep­té les bê­ta­blo­quants pro­po­sés par un en­traî­neur qui lui vou­lait du bien ? Et si, lors de mes quelques an­nées en salle de mus­cu­la­tion, j’avais dit oui à ceux qui pous­saient au­tant la fonte que le pis­ton de leur se­ringue de sté­roïdes ? Tiens, aux jeux Olym­piques de Pyeon­ghang, en Co­rée du Sud, un ath­lète russe vient de se faire cho­per la main dans le pot de Mel­do­nium. Oui, même au cur­ling, il va fal­loir mettre un bon coup de ba­lai…

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