Pro­chains dos­sards

La sé­lec­tion de Jog­ging

Jogging International - - Sommaire - Renaud Mon­cla

Dans le cercle fer­mé des ma­ra­thons eu­ro­péens les plus cou­rus, le 42 km de la Ville Lu­mière ne brille pas for­cé­ment par ses ex­cès de vi­tesse et ses ré­fé­rences chro­no­mé­triques. À Pa­name, la beau­té unique du par­cours qui forme quasiment une boucle com­plète (dé­part et ar­ri­vée sont dis­tants de moins d’un ki­lo­mètre) fe­rait presque ou­blier les pas­sages cri­tiques concen­trés sur la se­conde moi­tié du tra­cé. Après la mise en ac­tion trom­peuse avec son dé­part en des­cente don­né en haut des ChampsÉ­ly­sées, les 50 000 par­ti­ci­pants mettent le cap à l’est pour re­joindre le bois de Vin­cennes via la place de la Na­tion. Le re­tour dans Paris s’ef­fec­tue par la porte de Cha­ren­ton, avant de ga­gner pour la se­conde fois la place de la Bas­tille, puis les berges de la Seine au ni­veau du quai des Cé­les­tins. C’est à ce mo­ment-là qu’une autre course va com­men­cer, plus exi­geante et pié­geuse. Le ki­lo­mètre 26 marque ain­si le dé­but des vraies dif­fi­cul­tés, avec le tun­nel des Tui­le­ries, un long boyau de 831 m. Il est sui­vi par une sé­rie de trois sou­ter­rains sur la voie Georges-Pom­pi­dou, entre Con­corde et Al­ma. De vrais casse-pattes, ces montagnes russes, avec leur suc­ces­sion de des­centes et de pe­tites côtes qui s’en­chaînent à un rythme fou entre les 27e et 28e km. Les mol­lets sifflent et les cuisses souffrent. Il faut être fort men­ta­le­ment pour ne pas dé­cro­cher.

Faux plat sans fin

La sé­quence « sup­plice » n’est pas ter­mi­née, puisque se pro­file, dès le 31e km, le bou­le­vard Exel­mans ( XVIe ar­ron­dis­se­ment) et son re­dou­table faux plat mon­tant qui s’étire sur 5 km. Le fa­meux « mur » , cette dé­faillance physique bien connue des ma­ra­tho­niens, frappe sou­vent les têtes et les or­ga­nismes à cet en­droit. La pente conti­nue à s’éle­ver en at­ta­quant le bou­le­vard Su­chet avant qu’une pe­tite des­cente bien­ve­nue vous mène de­vant la fon­da­tion Louis-Vuitton. Les trois der­niers ki­lo­mètres, en lé­ger faux plat mon­tant, se jouent de toute fa­çon dans la tête. Et avec les spec­ta­teurs en­thou­siastes sur le cô­té de la route, plus de sou­cis : vous irez au bout !

Le ma­ra­thon de Paris ne se ré­sume pas qu’à son cadre, comme ce dé­part gran­diose des ChampsÉ­ly­sées. Après la mi-course, les choses se com­pliquent sin­gu­liè­re­ment.

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