« Notre cible prin­ci­pale est le cou­reur oc­ca­sion­nel »

Olivier Gui est, de­puis peu, en charge de la stra­té­gie de la FFA en ma­tière de course à pied. Avec un dis­cours qui va sans doute faire grin­cer des dents : la Fé­dé­ra­tion veut chou­chou­ter le cou­reur oc­ca­sion­nel et de­mande aux clubs de tout faire pour l’ac­cu

Jogging International - - Actus - Pro­pos re­cueillis par Ni­co­las Gar­don, pho­to Vincent Ly­ky

Jog­ging In­ter­na­tio­nal : Ces der­nières an­nées, on a par­fois eu du mal à sai­sir la stra­té­gie de la Fé­dé­ra­tion en ma­tière de course à pied. Quelle est- elle à ce jour ?

Olivier Gui : Au­jourd’hui, on sait globalement bien en­ca­drer les cou­reurs qui font par­tie de nos clubs. Mais, d’un autre cô­té, la France compte de nom­breux cou­reurs au­to­nomes, qui pra­tiquent en de­hors de toute struc­ture, en toute li­ber­té. La FFA a des choses à leur ap­por­ter, mais il faut que les clubs soient en me­sure d’ac­cueillir ces dif­fé­rents pro­fi ls, no­tam­ment les plus oc­ca­sion­nels, qui ont da­van­tage be­soin d’ac­com­pa­gne­ment que d’en­traî­ne­ment. Il faut l’avouer : ce n’est pas quelque chose de cultu­rel dans nos struc­tures. Mais le but aus­si, pour la FFA, c’est de s’in­té­res­ser aux cou­reurs qui ne sou­haitent pas in­té­grer une struc­ture. Par exemple avec notre « Pass Event » à 8 €, le cou­reur s’ins­crit à une épreuve et, via notre plate- forme « J’aime courir », il a ac­cès à un plan d’en­traî­ne­ment in­di­vi­dua­li­sé fait par un coach fé­dé­ral.

Le pro­blème, c’est qu’au­jourd’hui, les clubs, et en par­ti­cu­lier les plus pe­tits, n’ont sou­vent pas les moyens fi­nan­ciers et hu­mains d’or­ga­ni­ser l’ac­cueil de ces cou­reurs « loisirs »…

Ac­tuel­le­ment, en club FFA, on doit avoir entre 60 000 et 100 000 cou­reurs. À cô­té de ça, 4,8 mil­lions par­ti­cipent à des courses sur l’an­née. Cer­tains clubs par­viennent à en cap­ter une par­tie, d’autres n’ont pas le savoir-faire, l’éner­gie ou l’en­vie de le faire. Mais cer­tains clubs se mo­bi­lisent et se rendent compte que ce­la gé­nère une dy­na­mique ain­si que de nou- velles li­cences qui vont per­mettre de com­pen­ser, éven­tuel­le­ment, des baisses de sub­ven­tion mais aus­si de fi­nan­cer le fonc­tion­ne­ment de la struc­ture, en par­ti­cu­lier pour les ath­lètes vi­sant la per­for­mance, ou pour les jeunes.

Peut- on donc af­fir­mer que votre cible est, dé­sor­mais, le cou­reur oc­ca­sion­nel ?

Tout à fait. Nous vi­sons ce­lui qui cherche à se dé­stres­ser, à re­trou­ver une meilleure san­té et à pro­fi­ter de la convi­via­li­té au sein d’un groupe. Mais les clubs doivent com­prendre qu’il faut ac­com­pa­gner dans un pre­mier temps et pas en­traî­ner. Car au bout de quelque temps, le cou­reur oc­ca­sion­nel va de­ve­nir cou­reur ré­gu­lier et se­ra alors à la re­cherche d’en­traî­ne­ment plus poin­tu.

Pas mal de struc­tures, sou­vent pri­vées, ont su at­ti­rer ces cou­reurs…

Oui, mais la FFA doit prendre la main dans ce do­maine et agir. On est peut- être pas­sé à cô­té de­puis quelques an­nées… Il faut donc que l’on s’adapte, en pro­po­sant par exemple des séances qui soient com­pa­tibles avec les ho­raires de tra­vail du cou­reur, donc le mi­di ou plus tard le soir… Le but étant d’avoir des so­lu­tions pour tous les types de cou­reurs.

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