Pa1000 Dans la cour des grands

Le Pa4X est l’ar­ran­geur phare de Korg. Il brille par sa tech­ni­ci­té pro­fes­sion­nelle in­té­grant des fonc­tion­na­li­tés proches de celles d’un syn­thé­ti­seur ; c’est le seul ar­ran­geur qui va aus­si loin dans l’édi­tion des sons et des styles. Le Pa1000 dé­barque avec

Keyboards Recording - - MUSICPLAY À L’ÉCOUTE - par To­ny Green

Look plus jeune, en­ceintes in­té­grées et spé­ci­fi­ca­tions tech­niques très proches de celles de son grand frère le Pa4X, ce nou­veau ve­nu va sa­tis­faire les plus exi­geants d’entre vous, no­tam­ment ceux qui veulent un syn­thar­ran­geur à un ta­rif plus que com­pé­ti­tif. Le Pa1000 ar­bore des fonc­tion­na­li­tés que n’a pas son grand frère, comme la fonc­tion Kaoss. Arghhh, j’en­tends dé­jà des grin­ce­ments de dents des afi­cio­na­dos du Pa4X. Au­riez-vous ou­blié qu’il n’y a pas d’ob­so­les­cence pro­gram­mée chez Korg ? Gra­tui­te­ment, le Kaoss est dans la nou­velle EPROM du Pa4X. Pour ceux qui ont cra­qué sur tel ou tel style du Pa4X ou d’un autre ar­ran­geur de la marque, Korg met à dis­po­si­tion gra­tui­te­ment des packs com­plets de styles pour que cha­cun ne re­grette pas son an­cien ins­tru­ment et puisse bé­né­fi­cier du tra­vail des pro­gram­meurs. Voyons si ce « pe­tit » joue dans la cour des grands…

Un ar­ran­geur am­pli­fié

Ce n’est pas un, mais trois claviers que pro­pose l’équipe de R&D Korg en plus du Pa4X : le Pa1000 ob­jet de ce banc d’es­sai, son pe­tit frère Pa700, et une ver­sion orien­tale du 700 avec les styles et un pan­neau de com­mandes adap­tés va être mis pro­chai­ne­ment sur le mar­ché (fi­gure 1).

C’est dans un écrin de cou­leur prune avec des in­serts en alu­mi­nium sur les faces la­té­rales que se pré­sente la bête (fi­gure 2). Le look, certes jeune, reste sé­rieux et pro­fes­sion­nel. La qua­li­té de fa­bri­ca­tion est à tous les étages. Outre un large écran cou­leurs tac­tile in­cli­nable de 7 pouces (fi­gure 3), Korg a dé­ci­dé de conser­ver les très nom­breuses touches de com­mande. Un atout pour un usage scé­nique, de mul­tiples diodes rouges sou­lignent ces com­mandes. Pe­tit bé­mol pour te­nir le bud­get, exit la table de mixage phy­sique, le ru­ban de contrôle, les quatre bou­tons de fill-in, tout se fait via l’écran. La mé­ca­nique du cla­vier n’est pas aus­si per­for­mante que celle du Pa4X en termes de tou­cher, pas de 76 notes, pas d’ali­men- ta­tion fan­tôme, ni de connec­tique XLR (fi­gure 4) et quelques fonc­tions lo­gi­cielles en moins. Il faut bien des dif­fé­rences pour jus­ti­fier que le Pa4X reste le boss de la gamme !

Al­lez, po­wer on !

Hou­là, que se passe-t-il ? Ils sont où les 2 x 33 W ? Sur­pris, ré­flexe oblige, je me rends dans le me­nu glo­bal de l’ins­tru­ment et no­tam­ment vers les ré­glages de l’éga­li­seur. Ouf, aus­si­tôt le gain aug­men­té, la puis­sance de l’am­pli­fi­ca­tion est bien pré­sente. Pro­to = sur­prise, ga­geons que les mo­dèles com­mer­cia­li­sés au­ront les bons ré­glages de base ! C’est donc sans sa­tu­ra­tion, avec des basses très pré­sentes grâce à un évent sur la face ar­rière, un peu trop de ré­ver­bé­ra­tion à mon goût, que le mo­teur EDS-X du Pa1000 me fait pen­ser for­te­ment à ce­lui du Pa4X. L’un à cô­té de l’autre, il reste bien dif­fi­cile de faire la dif­fé­rence.

Su­perbe ca­deau que nous fait Korg que de ne pas ré­duire la qua­li­té des sons. L’en­semble est tou­jours aus­si im­pres­sion­nant (1 750 sons d’usine, quatre fois plus de mé­moire PCM que le Pa900), les perles sont lé­gion et ce dans toutes les fa­milles ins­tru­men­tales. Bien évi­dem­ment, toutes les sub­ti­li­tés ins­tru­men­tales sont ac­ces­sibles via la vé­lo­ci­té du jeu qui en­voie les dif­fé­rentes couches d’échan­tillons ou car­ré­ment par les trois contrô­leurs au-des­sus du pitch bend (as­si­gnables à une pé­dale). Chaque fa­bri­cant ar­bore un nom dif­fé­rent : ici ce sont les sons DNC, chez Ya­ma­ha les voix de su­per-ar­ti­cu­la­tion. Les orgues à roues pho­niques sont ceux du 4X, leur com­mande se fait via l’écran en lieu et place des cur­seurs rec­ti­lignes du Pa4X. Ça sonne hy­per pro et, cô­té ef­fets, c’est le chaos !

Korg signe l’ar­ran­geur qui pro­pose le plus de pos­si­bi­li­tés en termes d’édi­tion so­nore, de bi­douillage des ef­fets.

Kaoss ou chaos ?

Bon fa­cile la bla­gou­nette. Une nou­velle fonc­tion dé­barque sur toute la fa­mille des ar­ran­geurs, ins­pi­rée for­te­ment des Korg Kaoss Pad uti­li­sés par les DJ (fi­gure 5). Qu’est-ce que c’est, com­ment ça fonc­tionne ? À l’heure où le coût des pro­ces­seurs tombe en flèche, il de­vient ai­sé de dis­po­ser de cen­taines d’ef­fets (en­core plus sur le Pa4X !). Com­ment maî­tri­ser toute cette puis­sance ? Korg signe l’ar­ran­geur qui pro­pose le plus de pos­si­bi­li­tés en termes d’édi­tion so­nore, de bi­douillage des ef­fets.

Le Kaoss per­met en live de ma­na­ger tous les ef­fets du bout des doigts en gé­rant le chaos que pro­cure cette pro­fu­sion quand elle n’est pas maî­tri­sée ! C’est une sorte d’in­ter­face tac­tile qui com­bine des ef­fets en dé­pla­çant son doigt sur des courbes, des cases où deux pa­ra­mètres d’ef­fets so­nores ou ryth­miques se mé­langent. On compte pas moins de 65 pre­sets d’usine pour des mil­liers de pos­si­bi­li­tés et, bien sûr, un vrai ar­pé­gia­teur est in­té­gré. Korg oblige, on peut abu­ser de rac­cour­cis pour construire sa propre in­ter­face. À l’usage, c’est très in­tui­tif, loin d’être un gad­get, on sculpte sa musique et ce quel que soit le style en­vi­sa­gé. Force est de consta­ter que mes élèves se sont ap­pro­prié cet ou­til bien plus vite que moi et que les ré­sul­tats sont au ren­dez-vous. En­core une nou­velle fa­çon de faire de la musique !

Ryth­mique et styles

Tech­ni­que­ment, c’est Korg qui dis­pose de la ryth­mique la plus com­plète du mar­ché. Les trois in­tro­duc­tions va­rient en fonc­tion de la to­na­li­té de l’ac­cord joué, on peut bou­cler les in­tro, fi­naux et break, les quatre va­ria­tions sont sur huit pistes, le tout

est pro­gram­mable et syn­chro­ni­sable avec des boucles au­dio conçues « in board » et ran­gées dans les quatre pads pro­gram­mables. Un mode gui­tare est là pour plus de réa­lisme et, hy­per pra­tique, un en­re­gis­treur d’ac­cords (Chord Se­quen­cer) en­re­gistre en un clic une grille d’ac­cords qui boucle, li­bé­rant la main gauche. Je vous mets au dé­fi de faire pa­reil chez la concur­rence !

Cô­té pa­lette sty­lis­tique, 430 styles usine, 1 152 em­pla­ce­ments per­son­na­li­sables (!) et, comme chez Ke­tron et main­te­nant Ya­ma­ha, il n’est pas rare de trou­ver car­ré­ment des mor­ceaux hy­per connus avec leurs in­tro et fi­naux pour le plus grand plai­sir de tous. Korg n’est pas avare en styles et pro­pose en sus et gra­tui­te­ment des banques de styles et de sons Korg, mais pas que. Style Crea­tor Bot, un lo­gi­ciel em­bar­qué, per­met de construire au­to­ma­ti­que­ment un style com­plet à par­tir d’une sé­quence MI­DI File nor­mée. Nom­breux sont les fo­rums qui pro­posent des tas de styles pour la va­rié­té fran­çaise et étran­gère. Un ré­gal. Ga­geons qu’un jour on puisse faire de même avec un fi­chier au­dio !

Qu’a de plus cette ryth­mique que celle du Pa4X ? Je di­rais, rien ! En­fin si, des cen­taines de nou­veaux styles mais que l’on peut trans­fé­rer vers le Pa4X, exit l’ob­so­les­cence et ce n’est pas un concept vir­tuel mais une réa­li­té fac­tuelle. Lorsque je com­pare des ar­ran­geurs, cha­cun a ses spé­cia­li­tés, ses cou­leurs. Im­pos­sible de se sa­tis­faire d’une seule marque et heu­reu­se­ment ! Korg brille dans les fa­milles Funk, Jazz et les mu­siques d’am­biance avec nappes. Ses points faibles : le thé dan­sant où il convien­dra d’étof­fer la pro­po­si­tion usine en pui­sant dans la base Korg mise à dis­po­si­tion sur le net et en pro­fi­tant des User qui fonc­tionnent comme les styles usine en ac­cès di­rect sur le SSD ou car­ré­ment la clé USB ; n’ou­bliez pas de té­lé­char­ger au pas­sage les styles orien­taux, une spé­cia­li­té.

High-tech à tous les étages

Les syn­thar­ran­geurs Korg ont pour ca­rac­té­ris­tique d’être ceux qui per­mettent le plus d’en­trer en mode pro­gram­ma­tion. Que ce soit pour les sons, les styles, mais aus­si pour l’échan­tillon­nage avec un sé­quen­ceur/sam­pleur hy­per puis­sant qui tra­vaille avec deux lec­teurs to­ta­le­ment in­dé­pen­dants. Ils peuvent lire et mé­lan­ger des fi­chiers Mid, Kar, au­dio Wav ou MP3 avec fonc­tion de trans­po­si­tion, mo­du­la­tion de tem­po et at­té­nua­teur de voix. C’est un « all in­clu­sive » qui n’est pas de mise chez la concur­rence !

Les chan­teurs pro­fi­te­ront d’un har­mo­ni­seur TC He­li­con à trois voix (quatre sur le Pa4X), mais pas d’une en­trée mi­cro XLR avec son ali­men­ta­tion fan­tôme. Les gui­ta­ristes ont une en­trée spé­ci­fique per­met­tant d’uti­li­ser les ef­fets gé­rés par les pro­ces­seurs du cla­vier (voir « al­ler plus loin… ») . Le sam­pleur au­dio en­re­gistre tout ce qui passe par l’am­pli­fi­ca­teur, que ce soit de l’au­dio et/ou du MI­DI, avec pos­si­bi­li­té de re­mix et d’édi­tion afin de pré­pa­rer des boucles pour les pads qui se syn­chro­nisent aux styles. Le SongBook est une puis­sante base de don­nées conçue par des mu­si­ciens qui font du bal­loche. On y met tout en bazar, confi­gu­ra­tions de jeu, Mid, Kar, Wav, MP3, etc., et le mo­teur de re­cherche re­trouve tout par nu­mé­ro, titre, au­teur, etc. Quant aux mé­moires de re­gis­tra­tion, le fa­meux mode Set is­su des Kro­nos, elles per­mettent d’en­re­gis­trer dans le dé­tail vos confi­gu­ra­tions pour vos pres­ta­tions. En­fin, un ma­nuel vi­déo (voir « al­ler plus loin… ») est en cours de concep­tion et ne cesse de s’étof­fer pour une maî­trise to­tale de toutes les fonc­tions.

Une bonne af­faire

Korg nous pro­pose non pas à vil prix, mais au juste prix, un ins­tru­ment pro­fes­sion­nel qui n’a rien à en­vier au fer de lance de sa gamme, le Pa4X. C’est un syn­thar­ran­geur qui em­barque avec lui toute la puis­sance né­ces­saire pour édi­ter sons ou styles en gar­dant à l’es­prit que, lors­qu’on signe chez Korg, l’ob­so­les­cence est re­pous­sée. Grâce aux ta­bleaux que nous vous pré­sen­tons ci-des­sus, met­tant en avant les grandes dif­fé­rences entre les Pa, cha­cun pour­ra choi­sir son cla­vier en fonc­tion de son ca­hier des charges.

Il nous res­te­ra à tes­ter le cla­vier orien­tal et on se de­mande vrai­ment pour­quoi il n’existe plus de ver­sion en rack (ex­pan­deur), pour les ac­cor­déo­nistes ou tout sim­ple­ment pour ga­gner de la place dans son stu­dio ? Reste à es­sayer d’ima­gi­ner ce qui se trame dans les la­bos de R&D de la marque. J’ai une in­vi­ta­tion sous le coude, vi­déo, nou­velle in­ter­face, nou­veaux contrô­leurs, al­lez sa­voir ? Je de­meu­re­rai de marbre jus­qu’au feu vert de cette joyeuse équipe ita­lienne qui ne man­que­ra pas de nous éton­ner. D’ici là, faites-vous plai­sir avec du concret, et place au rêve, en sa­chant que Korg ne vous lais­se­ra pas de­vant de nou­velles fonc­tions sans vous les pro­po­ser en up­date.

Tech­ni­que­ment, c’est Korg qui dis­pose de la ryth­mique la plus com­plète du mar­ché.

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