Don du son :

Keyboards Recording - - SOMMAIRE - par Klaus Blas­quiz

Brice De­lage

Ve­nus de par­tout, mu­si­ciens stars ou ano­nymes, lec­teurs de KR ou col­lec­tion­neurs, amateurs ou pro­fes­sion­nels : tous ap­portent leur pierre à l’édi­fice de Mu­sé­lec en lui confiant ins­tru­ments de musique, ap­pa­reils au­dio, ac­ces­soires ou do­cu­men­ta­tion. Vé­ri­table pièce de mu­sée ou pe­tit ob­jet in­si­gni­fiant : ils ont tous leur place dans les col­lec­tions du mu­sée.

Un gui­ta­riste émé­rite me si­gnale, quand on se croise sur scène lors d’un ré­cent concert de Ra­mon Pi­pin ( «Jouer “Cous­cous B ou let­tium” avec Ra mon Pi­pi n au Ca­fé de la Danse: un fan­tasme réa­li­sé !»):« J’ ai quel­que­chose pour toi, que tu ne dois pas avoir dans tes col­lec­tions !» L’in­croyable Brice De­lage, né à Pa­ris en 1980, qui a son Bac avec men­tion A B ,« ce qui avait souf­flé pas mal de gens à l’ époque, mais c’ est sans doute parce qu’ il s’ agis­sait d’ un Bac­ca­lau­réat Musique », est se­lon lui un gui­ta­riste «se­mi-au­to­di­dacte» . Il a tra­vaillé dès 13 ans avec deux pro­fes­seurs de gui­tare, qui vont vite le lais­ser se dé­brouiller seul. En re­vanche, il a un pro­fes­seur de musique au ly­cée :« L’ ex­tra ord in ai­reMr Her­vé Le Pu il, qui m’ a fait prendre conscience de l’ énor­mi­té de la musique .» Il fi­ni­ra par faire le MAI (Mu­sic Aca­de­my In­ter­na­tio­nal) à Nan­cy en 2001… Ses idoles sont évi­dem­ment d’abord des gui­ta­ristes : Billy Gib­bons, Tom Mo­rel­lo ou Jeff Beck, mais il se tourne sou­vent vers des mu­si­ciens aus­si im­por­tants et éclec­tiques tels que Prince, Mes­siaen, Stra­vins­ky ou Zap­pa. Son rêve d’ado est bien sûr de ga­gner sa vie en jouant de la gui­tare, ce à quoi il va fi­na­le­ment ar­ri­ver. Alors qu’il ha­bite en Bretagne, il passe le plus clair de son temps à jouer avec Dog­town, un co­ver­band fun­ky-grun­gy, puis va se consa­crer à des pro­jets plus per­son­nels comme What About Your Mom, Clas­si­cal Ani­mals ou Brice De­lage &HisCi­ty Sha­kers .« J’ ai me le­fuzz,lel ars en, le rock’ n’ roll qui donne en­vie de cra­cher par terre, mais tout au­tant la musique sa­vante, to­nale ou non, ré­flé­chie, celle exempte de la dic­ta­ture du 2 et du 4.» Il fait éga­le­ment beau­coup de musique à l’image, no­tam­ment pour les do­cu­men­taires, et ac­com­pagne Ja­ckie Ber­royer sur un spec­tacle« tor­dant et po­lé­mique »: Ma vie­de­jo­lie­fille. Il s’in­té­resse pa­ral­lè­le­ment à la cui­sine, mais aus­si à l’as­tro­no­mie et la cos­mo­lo­gie, tout en col­lec­tion­nant les pé­dales (dont il est un vé­ri­table fa­na­tique) et, dans une moindre me­sure, les gui­tares, même s’il ne joue prin­ci­pa­le­ment que sur deux d’entre elles. Avec Brice, on se ren­contre la pre­mière fois alors qu’il est dé­mons­tra­teur Fen­der, à l’oc­ca­sion d’un évé­ne­ment Cus­tom Shop : on au­ra par­lé de mon livre TheFen­derBass…

Tré­mo­lo mé­ca­nique

Le DeAr­mond Tre­mo­lo Control (Mo­del 60B), ob­jet du don du son de Brice De­lage (« J’ aime le cô­té­ti me cap­sule de ton mu­sée »), est en fait la deuxième ver­sion de la pre­mière pé­dale d’ef­fet pour gui­tare ja­mais réa­li­sée. Elle était conçue et fa­bri­quée par l’Amé­ri­cain Rowe In­dus­tries, un in­dus­triel de l’élec­tro­nique im­plan­té à To­le­do dans l’Ohio. Il s’agit d’un vi­bra­to mé­ca­nique dont le prin­cipe de fonc­tion­ne­ment est par­ti­cu­liè­re­ment simple : dans un pe­tit ré­ser­voir rem­pli d’un li­quide conduc­teur, à l’ori­gine un la­ve­vitres amé­ri­cain, le Win­dex, un contac­teur est agi­té par un mo­teur élec­trique. À l’aide de la roue Rate, on choi­sit la fré­quence du tré­mo­lo, sur le bou­ton Depth on com­mande la pro­fon­deur ou la quan­ti­té de tré­mo­lo et deux contac­teurs (que l’on peut en­fon­cer du pied) per­mettent de mettre en marche ou de cou­per l’ef­fet, ce­la en silence. L’en­gin fonc­tionne ex­clu­si­ve­ment sur 115 V, ce qui im­pose de trim­ba­ler avec soi un trans­fo plus gros que la pé­dale elle-même ! L’ef­fet pro­duit est très or­ga­nique : «Onsent bien le pat­tern li­quide », re­marque Brice, mais l’ en­gin n’est pas d’un em­ploi ai­sé, il de­mande en ef­fet à être ré­gu­liè­re­ment rem­pli du­dit li­quide, faute de quoi l’ef­fet perd de son ef­fi­ca­ci­té.

Mer­ci Mr Brice De­lage pour votre don du son !

Brice et l’une de ses gui­tares « cus­tom De­lage » à la fi­ni­tion très… fla­shy.

De­lage teste son don du son des­ti­né à Mu­sé­lec : il fau­drait re­mettre du lave-vitres !

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