Ces Eu­ré­liens qui changent de vie

Qu’ils soient jeunes di­plô­més ou plus ins­tal­lés dans leur tra­vail, de plus en plus d’Eu­ré­liens sont ten­tés par la re­con­ver­sion pro­fes­sion­nelle ou le chan­ge­ment de vie.

L'Écho Républicain - - La Une - PHO­TO :

DÉ­CI­SIONS. De plus en plus d’Eu­ré­liens sont ten­tés par une re­con­ver­sion pro­fes­sion­nelle ou un chan­ge­ment de vie, no­tam­ment à l’étran­ger. TÉ­MOI­GNAGES. Cer­tains ont dé­ci­dé de sau­ter le pas et té­moignent de ce choix d’une vie plus en ac­cord avec leurs en­vies et leurs convic­tions.

Rêve d’un nou­veau mé­tier, de s’ins­tal­ler à l’étran­ger… S’ils sont nom­breux à sou­hai­ter chan­ger de vie, cer­tains Eu­ré­liens ont osé sau­ter le pas, sans re­grets. Ren­contres. Chan­ge­ment de cap. À 27 ans, Odile Saint­Jean, de Saint­Lu­bin­des­Jon­che­rets, a dé­ci­dé de chan­ger de cap. Son par­cours est brillant : études à la Sor­bonne, mas­ters. Sor­tie des bancs de la fac, elle trouve un em­ploi dans l’agroa­li­men­taire, puis de­vient pré­vi­sion­niste vente à Pa­ris. « Un poste avec beau­coup de res­pon­sa­bi­li­tés, de charge de tra­vail et de stress. » Elle en­chaîne les heures à ral­longe, sans y trou­ver son compte.

« Créer mon propre site in­ter­net »

Le tra­vail est bien payé, mais l’en­vie d’autre chose fait son che­min : « Je pas­sais mes jour­nées de­vant des ta­bleurs gra­phiques. J’avais l’im­pres­sion de ne pas me sen­tir à ma place. Au bout de six mois, j’ai dé­mis­sion­né. » Elle pense alors faire le tour du monde, puis lui vient une idée bien à elle : « Créer mon propre site in­ter­net de vente en ligne, de pro­duits ar­ti­sa­naux et bio, par­cou­rir le monde à la re­cherche des se­crets de beau­té des femmes. » Une dé­ci­sion sou­te­nue par son en­tou­rage : « J’ai eu beau­coup de chance que mes proches soient avec moi. Ce n’est pas fa­cile, après avoir fait de longues études, de par­tir sur tout autre chose. » De­puis, elle met toute son éner­gie dans la réa­li­sa­tion de ce pro­jet, ef­fec­tue les dé­marches pour créer son en­tre­prise. « Au­jourd’hui, je me sens bien et, si ça marche, j’au­rais la chance d’avoir un tra­vail qui me plaît vrai­ment. » Coup de foudre. J’ai un dicton : « Pas de gloire sans au­dace. » Fré­dé­ric Ros­si­gnol, 35 ans, ori­gi­naire de Lu­ray, a tout quit­té pour s’ins­tal­ler, dé­fi­ni­ti­ve­ment, au Ca­na­da, il y a douze ans. En Eure­et­Loir, il tra­vaille d’abord dans le do­maine phar­ma­ceu­tique, puis rentre dans l’ar­mée. Mais une ren­contre avec une Qué­bé­coise vient bou­le­ver­ser cette vie bien tra­cée. Il se rend au Qué­bec, lors d’une per­mis­sion : « En ren­trant, il a fal­lu choi­sir entre cette vie que je ve­nais de dé­cou­vrir et une brillante car­rière dans l’ar­mée. » Sur un coup de tête, il part et s’ins­talle à Chicoutimi : « La sym­pa­thie des gens, l’am­biance… J’ai su ra­pi­de­ment, au plus pro­fond de moi, que je res­te­rai dé­sor­mais ici. » Sur place, il trouve ra­pi­de­ment du tra­vail, puis dé­cide de re­prendre des études de chi­mie : « J’ai eu la chance de pou­voir tra­vailler dans mon do­maine du­rant les va­cances sco­laires d’été. Je n’avais pas en­core ter­mi­né mes études qu’ils m’avaient dé­jà pro­po­sé un CDI de cadre tech­ nique. » Dix ans après, il est ana­lyste de pro­cé­dé dans cette raf­fi­ne­rie d’alu­mine. « Mon sa­laire brut est quatre fois su­pé­rieur au Smic et j’ai une belle qua­li­té de vie. »

« J’ai un dicton : pas de gloire sans au­dace »

« J’ai en­fin le sen­ti­ment de vivre ma vie. » Mu­riel Che­de­ville, Eu­ré­lienne de 57 ans, a ap­pris à prendre du re­cul et « à ne plus su­bir. » Sa phi­lo­so­phie : « On a tou­jours le choix. » Sa pre­mière re­con­ver­sion in­ter­vient après avoir tra­vaillé des an­nées dans une banque : « Ça ne cor­res­pon­dait plus à mes va­leurs. Je suis donc par­tie sur un plan de dé­part vo­lon­taire. » Elle dé­cide, alors, de mon­ter son en­tre­prise, un com­merce dans les loi­sirs créa­tifs à Cour­ville­sur­Eure : « Un rêve, qui, au bout de quatre ans, a tour­né au cau­che­mar, avec une li­qui­da­tion ju­di­ciaire. » Elle re­bon­dit en­core et de­vient ac­com­pa­gnante pour en­fants han­di­ca­pés : « À l’époque, c’était des contrats de six ans et le mien n’a pas été re­nou­ve­lé. » Il en faut plus pour la dé­sta­bi­li­ser : « Au­jourd’hui, je suis au­di­trice qua­li­té, ré­dac­trice/tra­duc­trice pour une pla­te­forme in­ter­net et, en pa­ral­lèle, je me suis lan­cée en au­to­en­tre­pre­neuse dans le mar­ke­ting re­la­tion­nel. Ces trois ac­ti­vi­tés cor­res­pondent à mes va­leurs et j’or­ga­nise mon temps comme je le sou­haite. » Elle ajoute ne rien re­gret­ter de son par­cours, mal­gré les dif­fi­cul­tés : « J’ai en­fin le sen­ti­ment de vivre ma vie, plu­tôt que celle d’une autre. »

TÉ­MOI­GNAGES. Odile Saint-Jean et Mu­riel Che­de­ville ont quit­té un tra­vail bien payé pour trou­ver un mé­tier plus en ac­cord avec elles-mêmes. Fré­dé­ric Ros­si­gnol (en haut), est par­ti vivre au Ca­na­da.

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