Pas d’Ita­lexit en vue...

L'Écho Républicain - - France & Monde -

Les po­pu­listes ita­liens se sont em­ployés hier à mettre la der­nière main à leur pro­gramme com­mun dont la sor­tie de l’eu­ro, un mo­ment re­dou­tée, sem­blait ex­clue.

Les po­pu­listes ita­liens ont as­su­ré hier être dans la der­nière ligne droite avant la for­ma­tion du pre­mier gou­ver­ne­ment an­ti­sys­tème dans un pays fon­da­teur de l’Union eu­ro­péenne. Les chefs de file du Mou­ve­ment 5 étoiles (M5S, an­ti­sys­tème) et la Ligue (ex­trême droite), Lui­gi Di Maio et Mat­teo Sal­vi­ni, se sont à nou­veau réunis pour ten­ter de s’ac­cor­der sur les der­niers ar­bi­trages de leur pro­gramme com­mun et sur le pro­fil et le nom du fu­tur chef du gou­ver­ne­ment.

Dans l’at­tente d’un pre­mier mi­nistre

Cette énième ren­contre entre les deux lea­ders a per­mis « de dé­nouer les noeuds po­li­tiques du contrat » et d’ajou­ter « quelques pas­sages sur la sé­cu­ri­té et l’im­mi­gra­tion », a ajou­té Lui­gi Di Maio, en pré­ci­sant que le nom du chef du gou­ver­ne­ment se­rait dé­ter­mi­né « dans les pro­chains jours ». Deux mois et de­mi après les lé­gis­la­tives du 4 mars, qui n’ont pas dé­bou­ché sur une ma­jo­ri­té claire, les deux par­tis ont an­non­cé mer­cre­di soir avoir ré­di­gé un « contrat pour le gou­ver­ne­ment du chan­ge­ment » en 22 points et 40 pages, sur le­quel il res­tait ce­pen­dant des points de désac­cord. Plu­sieurs ébauches de ce do­cu­ment ont fui­té ces der­niers jours dans la presse mais les res­pon­sables des deux for­ma­tions pro­tes­ta­taires ont sys­té­ma­ti­que­ment as­su­ré que celles pu­bliées étaient « dé­pas­sées ». La ver­sion la plus an­cienne, qui da­tait de lun­di ma­tin et évo­quait une sor­ tie de l’eu­ro, a dé­clen­ché une vague d’in­quié­tude qui n’est pas re­tom­bée : après avoir plon­gé de 2,3 % mer­cre­di, la Bourse de Mi­lan était en re­cul de 0,33 % hier après­mi­di, ti­rée vers le bas par les banques dont la BMPS (­10 %), dé­sor­mais dé­te­nue par l’État et dont les deux par­tis en­vi­sagent de « re­dé­fi­nir la mis­sion », sans plus de pré­ci­sion. L’éven­tua­li­té d’un « Ita­lexit » n’ap­pa­raît néan­moins plus noir sur blanc dans les der­nières ver­sions du pro­gramme de gou­ver­ne­ment pu­bliées jeu­di par les mé­dias ita­liens. Exit aus­si la de­mande d’ef­fa­cer quelque 250 mil­liards d’eu­ros de dette pu­blique ita­lienne dé­te­nus par la Banque cen­trale eu­ro­péenne. En re­vanche, une « flat tax », un im­pôt sur le re­ve­nu ra­me­né à 15 et 20 %, un re­ve­nu de ci­toyen­ne­té, pro­messe du M5S qui a contri­bué à son suc­cès dans le sud du pays, et une ré­forme des re­traites as­sou­plis­sant les condi­tions ac­tuelles, sont tou­jours à l’ordre du jour. Le ba­ril de pé­trole Brent a dé­pas­sé, hier, le seuil des 80 dol­lars pour la pre­mière fois de­puis no­vembre 2014, dans un mar­ché ten­du. Pour Jas­per Law­ler, ana­lyste pour Lon­don Ca­pi­tal Group, la pro­gres­sion des cours est « im­pres­sion­nante ». D’au­tant que de ré­cents rap­ports ont fait état d’une hausse des ex­por­ta­tions amé­ri­caines et d’un fu­tur ra­len­tis­se­ment de la de­mande, deux fac­teurs qui de­vraient en théo­rie pe­ser sur les prix.

In­cer­ti­tudes po­li­tiques

De­puis plu­sieurs se­maines, les cours du pé­trole ont été ti­rés par les in­quié­tudes quant à la pro­duc­tion vé­né­zué­lienne, la­quelle pâ­tit de la crise éco­no­mique et po­li­tique qui se­coue le pays. L’élec­tion pré­si­den­tielle de di­manche, où l’ac­tuel pré­sident Ni­co­las Ma­du­ro est le grand fa­vo­ri, ne ras­sure pas les mar­chés. D’après les ana­lystes, dans l’hy­po­thèse où les États­Unis in­ter­di­raient to­ta­le­ment les im­por­ta­tions de brut vé­né­zué­lien, ce­la se tra­dui­rait, pour le mar­ché, par une dis­pa­ri­tion de plus de 400.000 ba­rils. Alors que les États­Unis, tou­jours eux, ont dé­ci­dé de sor­tir de l’ac­cord sur le nu­cléaire ira­nien et ré­ta­bli les sanc­tions contre Té­hé­ran, l’in­cer­ti­tude sur la pro­duc­tion ira­nienne a éga­le­ment contri­bué à la hausse des cours. Le groupe pé­tro­lier fran­çais To­tal a in­di­qué qu’il ne mè­ne­rait pas à terme un grand pro­jet ga­zier en­ta­mé en juillet 2017, à moins d’ob­te­nir une dé­ro­ga­tion de la part des États­Unis. Dans le même temps, l’Ara­bie saou­dite, pre­mier ex­por­ta­teur mon­dial de pé­trole et grand ri­val de l’Iran, a ré­cem­ment dé­cla­ré qu’elle pren­drait les me­sures né­ces­saires pour em­pê­cher des pé­nu­ries. La hausse des cours est éga­le­ment ali­men­tée par l’an­nonce d’un re­cul des stocks de brut aux ÉtatsU­nis et d’une très forte baisse des ré­serves d’es­sence. Elle pour­rait de­ve­nir un pro­blème pour les éco­no­mies dé­ve­lop­pées, dont l’ac­ti­vi­té avait pro­fi­té de la chute in­ter­ve­nue en 2014. Dans ses der­niers ré­sul­tats, Air France­KLM avait ain­si es­ti­mé que sa fac­ture car­bu­rant de­vrait s’ac­croître de 350 mil­lions d’eu­ros en 2018.

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