Si fiers d’avoir dé­cou­vert

Créa­tion ci­vique

L'Écho Républicain - - Le Fait Du Jour - Va­lé­rie Beau­doin @Beau­doinvb

Quatre-vingt-dix col­lé­giens et éco­liers ont cé­lé­bré le cen­te­naire de l’ar­mis­tice de 1918, hier ma­tin, de­vant le mo­nu­ment aux morts de Dreux. Ils ont ima­gi­né eux-mêmes com­ment rendre hom­mage aux sol­dats morts pour la France. Une cé­ré­mo­nie pleine de fraî­cheur et de sé­rieux.

De mé­moire de mo­nu­ment aux morts, on n’a ja­mais vu au­tant d’en­fants réunis à son pied : quatre­vingt­dix élèves de Dreux, ras­sem­blés hier ma­tin, pour rendre un hom­mage aux sol­dats tom­bés pen­dant la guerre de 14­18.

La Mar­seillaise em­plit l’air frais et lé­ger de ce ma­tin consa­cré au cen­te­naire de l’ar­mis­tice de 1918. Les 6e du col­lège LouisAr­mand et les CM2 de l’école Mar­ce­lin­ber­the­lot connaissent les pre­miers cou­plets de l’hymne na­tio­nal par coeur.

Même chose pour la chan­son de Craonne : pas une hé­si­ta­tion dans la re­prise des pa­roles pour ra­con­ter la vie quo­ti­dienne de ces « sa­cri­fiés » de la Grande Guerre. L’ac­cor­déon de Ch­loé Le­hé­ron, la pro­fes­seure de mu­sique du col­lège, sou­ligne le cô­té po­pu­laire des mots de ces jeunes gens condam­nés « à lais­ser leur peau sur le pla­teau de Craonne ».

Cha­cun est ve­nu avec une te­nue sobre. Seules les co­cardes, réa­li­sées par les éco­liers et les dra­peaux fiè­re­ment por­tés par Meh­di et Mar­wan, ap­portent de la cou­leur à une cé­ré­mo­nie très sé­rieuse.

Bien­sûr, quand ils ont com­men­cé à ré­flé­chir à leur com­ mé­mo­ra­tion, au mois de sep­tembre, les élèves ont sug­gé­ré un lan­cer de confet­tis.

Mais, après des heures de tra­vail avec leurs pro­fes­seurs, des votes dé­mo­cra­tiques pour choi­sir les idées, ils sont re­ve­nus d’eux­mêmes à la so­len­ni­té. Quand on a 11 ans, on peut être très sé­rieux.

Cette mi­nute de si­lence qui dure une mi­nute

Cha­cun l’a prou­vé, hier ma­tin, en te­nant par­fai­te­ment son rôle. Maxence, en maître de cé­ré­mo­nie, an­nonce les phases de la com­mé­mo­ra­tion. Meh­di et Mar­wan portent haut le dra­peau, sans fai­blir, pen­dant une heure. Des éco­liers ra­vivent la mé­moire de quelques­uns des sol­dats drouais « morts loin de chez eux et seuls ». Des col­lé­giens donnent vie à des sen­ti­ments ou­bliés de­puis cent ans en li­sant quelques lettres de sol­dats à une fian­cée, à une épouse, à une mère.

Même le chan­ge­ment du dé­rou­lé ini­tal pour lais­ser le temps au sous­pré­fet, Was­sim Ka­mel et au maire de Dreux, Gé­rard Ha­mel (LR) de par­ler ne per­turbe pas les rangs im­pec­cables des en­fants.

Et puis, il y a cette mi­nute de si­lence qui dure vrai­ment une mi­nute. Celle pen­dant la­quelle Ra­fik pense « à tous ces sol­dats qui sont morts pour notre li­ber­té ».

Tout ce­la va­lait bien un dis­cours de clô­ture d’oli­vier Mar­leix (LR). Un dé­pu­té qui n’ou­blie pas de dire à tous ces en­fants, même ceux dont les fa­milles viennent de loin, qu’ils ont peut­être un an­cêtre dans les rangs de ces sol­dats. Un élu qui évoque Clé­men­ceau pour leur dire que « la France se­ra tou­jours sol­dat de l’idéal ». ■

« La France se­ra tou­jours sol­dat de l’idéal »

SO­LEN­NI­TÉ. Meh­di est l’un des porte-dra­peau. Ses ca­ma­rades et lui tiennent par­fai­te­ment leur rôle.

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