Pour­quoi et comment de­ve­nir ve­gan

L’eu­ré­lienne Ka­tia Bau­doncq signe De­ve­nir ve­gan qu’elle pré­sente et dé­di­cace, au­jourd’hui, à Chartres

L'Écho Républicain - - Chartres Vivre Sa Ville - Laurence Gé­li­neau laurence.ge­li­neau@cen­tre­france.com

Sans pro­sé­ly­tisme, l’eu­ré­lienne Ka­tia Bau­doncq prône le vé­ga­nisme comme un « mode de vie res­pec­tueux et sain ». Elle l’ex­plique dans De­ve­nir ve­gan qu’elle pré­sente, ce sa­me­di, à Chartres.

Elle a cra­qué en man­geant du foie gras. Le ga­vage des oies pour le plai­sir gus­ta­tif de l’homme a été le dé­clen­cheur de son vé­gé­ta­risme.

Dix ans plus tard, elle se penche sur ce qui « n’est pas une lu­bie ni une mode mais une prise de conscience » : faire le choix de ne pas manger, de ne pas por­ter et de ne pas uti­li­ser de pro­duits is­sus de l’ex­ploi­ta­tion des ani­maux. Un mode de vie qui, pour elle, s’ap­pa­rente à une phi­lo­so­phie.

« Je suis vé­gé­ta­rienne à grande ten­dance ve­gane. Pour moi, il n’y a pas un vé­ga­nisme abou­ti. On est ve­gan comme on a en­vie de l’être. Pas­ser du vé­gé­ta­risme et du vé­gé­ta­lisme au vé­ga­nisme (voir Re­pères) peut pro­cé­der d’un che­mi­ne­ment per­son­nel. Je ne pense pas qu’il y ait de par­cours pré­dé­fi­nis. »

Ka­tia Bau­doncq, pro­duc­trice au­dio­vi­suelle aux cô­ tés de son ma­ri réa­li­sa­teur, a po­sé ses va­lises à Saint­vic­tor­de­bu­thon, au coeur du Perche.

En sep­tembre 2017, la mai­son d’édi­tion Ideo lui com­mande un livre sur le vé­ga­nisme : « Ce n’était pas en­core dans l’air du temps comme au­jourd’hui où il y a beau­coup de dé­bats au­tour du su­jet. »

Elle l’ex­plique dans son livre : il n’y a pas une fa­ çon d’être ni de de­ve­nir ve­gan.

Prise de conscience

« Ce n’est pas seule­ment éthique, c’est aus­si pour des rai­sons éco­lo­giques ou de san­té. Quand on est ve­gan, on a ten­dance à être plus al­truiste. On met sa pe­tite per­sonne de cô­té pour pen­ser da­van­tage aux autres, les ani­maux

comme les hu­mains. On se pré­oc­cupe du sort des ani­maux, mais aus­si de l’ex­ploi­ta­tion des hommes. »

Le sort de l’es­pèce hu­maine et ani­male de­vient une mo­ti­va­tion com­mune. « J’ado­rais la viande, mais quand on prend conscience de ce qui se passe réel­le­ment on ré­flé­chit. Le goût et les ha­bi­tudes ali­men­taires évo­luent. »

Le cô­té mi­li­tant est sous­ja­cent : « On se bat pour une cause et on a en­vie que les choses changent. Par exemple, je ne sup­porte plus les rayons bou­che­rie des ma­ga­sins, ces ca­davres éta­lés. Je su­bis cette vi­sion de la cruau­té que l’on in­flige aux ani­maux et c’est obs­cène. »

Mais pas jus­qu’au point de sac­ca­ger les bou­che­ries ou fro­ma­ge­ries : « Je peux com­prendre, mais je ne cau­tionne pas et je n’agi­rai pas de cette ma­nière. Il faut prô­ner le dia­logue afin de mieux se com­prendre. La fron­tière est mince entre la to­lé­rance et la li­ber­té. »

Ka­tia Bau­doncq a donc écrit ce livre qu’elle « au­rait ai­mé avoir comme sup­port quand je suis de­ve­nue “vé­gé” ». “Le vé­ga­nisme pour les dé­bu­tants” en quelque sorte. ■

« Ce n’était pas en­core dans l’air du temps comme au­jourd’hui »

è Dé­bat. (*) Ideo. 16,50 €.

PHOTO : QUENTIN REIX

KA­TIA BAU­DONCQ. « J’ai plai­sir à me sen­tir en ac­cord avec mes convic­tions ».

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