Ma­za­rine Pin­geot : « Lut­ter contre l’au­to­cen­sure des élèves »

L'Écho Républicain - - Le Fait Du Jour -

Ma­za­rine Pin­geot, fille de Fran­çois Mit­ter­rand, fait par­tie des cin­quante pro­fes­sion­nels qui ac­ceptent de par­ti­ci­per l’opé­ra­tion. La ro­man­cière, pro­fes­seure de phi­lo­so­phie, est la mar­raine de l’as­so­cia­tion.

Quel est le sens de votre en­ga­ge­ment dans cette as­so­cia­tion ?

C’est une as­so­cia­tion que j’ai dé­cou­verte par le biais d’un ami. L’idée est de tra­vailler sur le ca­pi­tal sym­bo­lique. On es­saye de dire aux col­lé­giens, aux ly­céens, que les études sont une voie pos­sible pour eux, quel que soit le mi­lieu d’où ils viennent. Nous lut­tons contre l’au­to­cen­sure que ces élèves s’im­posent. Ils manquent d’in­for­ma­tion sur les fi­lières qui existent alors qu’il y a des voies qui peuvent leur plaire dans le do­maine des arts, de la culture, des sciences… Nous fai­sons de la pé­da­go­gie par l’exemple.

A quels élèves, jus­te­ment, vous adres­sez-vous ?

On s’adresse en priorité à des ly­céens ou des col­lé­giens. À ces élèves qui ont ten­dance à se dire : « ce n’est pas fait pour moi ». L’as­so­cia­tion lutte contre cette ph­rase. C’est une ma­nière pour nous de lut­ter contre les frac­tures qui existent en France, no­tam­ment en nous adres­sant aux élèves du mi­lieu ru­ral.

Ce sont eux, peut­être, avec ceux des ban­lieues des villes moyennes, qui sont plus éloi­gnés des fi­lières d’ex­cel­lence. Dans les grandes ban­lieues d’ile­de­france, comme la Seine­saint­de­nis, il y a une exis­tence, une va­lo­ri­sa­tion de la culture is­sue de la rue, comme le rap. C’est aux élèves de ces zones ou­bliées que l’on s’adresse. On les ac­cueille dans des lieux pres­ti­gieux comme L’ENS, à Lyon, une grande fac, à Bor­deaux… À Dreux, c’est une pre­mière dans un ly­cée. Mais, il y a l’idée de les va­lo­ri­ser.

Com­ment se dé­roulent ces en­tre­tiens ?

Il y a d’abord une pré­sen­ta­tion col­lec­tive des in­ter­ve­nants de­vant tous les élèves. Cha­cun se pré­sente, parle de son par­cours. Les pro­fes­sion­nels sont en­suite re­grou­pés par do­maine, la culture, la jus­tice. Les élèves par­ti­cipent en­suite aux ate­liers qui les in­té­ressent. Là, il y a des échanges, par­fois très poin­tus, presque tech­niques sur les fi­lières, par­fois beau­coup plus gé­né­raux sur le mé­tier, la fa­çon de le vivre… Il y a sou­vent un sui­vi avec des en­sei­gnants. Mais ce­la peut être sim­ple­ment un “one shot” qui peut être un dé­clic chez un élève. Le mot­clef, c’est “s’au­to­ri­ser”. ■

« C’est aux élèves de ces zones ou­bliées que l’on s’adresse »

PHO­TO PAS­CAL PERROUIN

NO­VEMBRE 2014. Ma­za­rine Pin­geot est mar­raine de l’as­so­cia­tion “Les en­tre­tiens de l’ex­cel­lence” et croit à la pé­da­go­gie de l’exemple. Une rai­son pour elle de ve­nir à Dreux.

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