10 km/jour : le dé­fi vé­gane de Mi­riam

L'Éclaireur du Gâtinais (Loiret) - - Montargis - J.-M. T.

At­teinte de sclé­rose en plaques, une Châ­let­toise a fait le choix d’une nour­ri­ture sans pro­téines ani­males. En­ga­gée dans la phi­lo­so­phie vé­gane, elle a re­layé l’opé­ra­tion « Ve­gan Ma­ra­thon run­ning tour » à l’échelle de ses moyens, avec cou­rage.

◗ Chez Mi­riam Ben Ji­la­ni, la sclé­rose en plaques (SEP) a dé­clen­ché ses pre­miers symp­tômes juste après la pre­mière gros­sesse. Mais la ma­la­die n’a été of­fi­ciel­le­ment diag­nos­ti­quée que 8 ans plus tard.

La science confirme que des fac­teurs en­vi­ron­ne­men­taux in­ter­viennent dans le dé­ve­lop­pe­ment de la SEP, cette ma­la­die in­flam­ma­toire du sys­tème ner­veux cen­tral. Un fléau au­quel plus de 100.000 Fran­çais sont confron­tés.

De­puis sept ans, Mi­riam scrute ce qui com­pose son ali­men­ta­tion, pre­nant conscience de la part im­por­tante d’in­gré­dients chi­miques dans l’ali­men­ta­tion in­dus­trielle.

La chi­mie, elle a dé­jà « don­né » pour soi­gner son mal. « Le pro­blème est que mon corps ne sup­por­ tait pas les trai­te­ments mé­di­ca­men­teux. J’en ai ex­pé­ri­men­té cinq, dont l’un qui est une forme de chi­mio­thé­ra­pie. Même les cor­ti­coïdes, pres­crits lors de pous­sées “mo­teur” de ma sclé­rose, me sont de­ve­nus insupportables. »

Sen­si­bi­li­sée par une amie éga­le­ment ma­lade, qui était comme elle vé­gé­ta­lienne, Mi­riam a pous­sé la dé­marche plus loin. Sou­cieuse de la cause ani­male, elle est de­ve­nue vé­gane (lire en en­ca­dré).

« Être dé­pen­dant de mé­di­ca­ments et sa­voir ce qu’ont su­bi les ani­maux en la­bo­ra­toire pour que ces mé­di­ca­ments soient com­mer­cia­li­sés, c’est in­sup­por­table. Sur­tout que des al­ter­na­tives fiables à l’ex­pé­ri­men­ta­tion ani­male existent », in­siste­t­elle.

« On peut être spor­tif et vé­gé­ta­lien »

« Il n’y a au­cune ca­rence dans l’ali­men­ta­tion vé­gé­tale si elle est bien me­née. Je ne vais pas plus mal qu’avant. Quand on est bien dans sa tête et en ac­cord avec soi­même, on va tout de suite mieux ».

De­puis le dé­but de l’été, Mi­riam est dé­lé­guée de l’as­so­cia­tion Ve­gan Ma­ra­thon pour le Centre­Val de Loire. Cette ONG re­groupe des spor­tifs de haut ni­veau comme Fio­na Oakes (trois re­cords du monde de Ma­ra­thon) qui, comme Karl Le­wis ou les soeurs Williams, sont vé­gé­ta­riens.

Mi­riam me­sure sa re­la­tive « chance » : elle peut en­core mar­cher. Même si c’est avec une bé­quille. À dé­faut de prouesses ath­lé­tiques phé­no­mé­nales, elle a dé­ci­dé de par­cou­rir à pied 10 km quo­ti­dien­ne­ment du­rant dix jours consé­cu­tifs.

Son smart­phone en main, elle pré­sente vo­lon­tiers le pro­gramme de géo­lo­ca­li­sa­tion qui cer­ti­fie son ex­ploit. « Je ne m’en sen­tais pas ca­pable. À part pro­mou­voir le vé­ga­nisme, le but de l’as­so­cia­tion est de mon­trer que l’on peut être spor­tif, que l’on n’est pas pâle et mai­gri­chon en choi­sis­sant ce mode de vie. »

Mieux que les re­com­man­da­tions du mé­de­cin, ◗ Pour dire non à l’ex­ploi­ta­tion ani­male sous toutes ses formes, Mi­riam par­ti­ci­pe­ra au ras­sem­ble­ment qui est pro­gram­mé mar­di 26 sep­tembre à Auxy (ha­meau de Chauf­four), dans le Beau­nois, dès 17 heures.

Dé­cla­rée en pré­fec­ture, le mou­ve­ment Ve­gan Ma­ra­thon a eu chez elle un ef­fet de le­vier, don­nant une plus forte mo­ti­va­tion pour lut­ter contre les symp­tômes (dont la fa­tigue) et al­ler de l’avant. cette ma­ni­fes­ta­tion fait écho à l’opé­ra­tion « Nuits De­bout de­vant les abat­toirs ». Des groupes de veillée se­ront ain­si en place aux portes de plu­sieurs abat­toirs pri­vés et pu­blics ré­par­tis dans le monde en­tier. Contact : ve­gan­cor­po­ra­[email protected]­poste.net

Mère de trois enfants et ma­lade de la SEP, Mi­riam Ben Ji­la­ni re­pousse ses li­mites phy­siques en lut­tant contre les pré­ju­gés, no­tam­ment sur son choix d’ali­men­ta­tion.

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