L’en­trée du centre des im­pôts mu­rée

L'Éclaireur du Gâtinais (Loiret) - - La Une - JEAN-LOUIS MA­CÉ

◗ La jour­née de jeu­di a mar­qué un tour­nant dans la lutte en­ga­gée par les gi­lets jaunes. Suite à l’in­ter­pel­la­tion des onze in­di­vi­dus ayant mu­ré le centre des im­pôts, un groupe d’une trentaine de per­sonnes a dé­am­bu­lé toute la jour­née dans les rues de Mon­tar­gis. Les ma­ni­fes­tants sont al­lés en fin de ma­ti­née « faire pres­sion » à l’en­trée du com­mis­sa­riat de po­lice où les in­ter­pel­lés étaient pla­cés en garde à vue. « Nous de­man­dons leur li­bé­ra­tion im­mé­diate ! », exi­geaient les contes­ta­taires tan­dis que les po­li­ciers leur de­man­daient de lais­ser l’ac­cès libre au com­mis­sa­riat.

Un face­à­face ten­du qui se pro­lon­geait jus­qu’à ce que la nou­velle de la pré­sence d’une équipe de tour­nage de France 3 au­tour de Be­noit Di­geon n’in­cite les gi­lets jaunes à aller à la ren­contre du maire de Mon­tar­gis.

Quelques mi­nutes plus tard, en plein mi­lieu de la rue Do­rée, le groupe de ma­ni­fes­tants in­ter­pel­lait le maire en lui de­man­dant de « faire quelque chose » pour les gar­dés à vue. « Tout est dans les mains du pro­cu­reur, je ne peux rien faire », ré­pon­dait du tac au tac Be­noit Di­geon.

Puis la dis­cus­sion pre­nait un tour plus po­li­tique, les gi­lets jaunes de­man­dant au maire de Mon­tar­gis de les re­joindre dans leur com­bat. Droit dans ses bottes et faisant face aux ma­ni­fes­tants sans re­cu­ler d’un pouce, le maire de Mon­tar­gis re­fu­sait d’en­fi­ler le gi­let jaune qu’un des ma­ni­fes­tants lui ten­dait.

« Je suis d’ac­cod avec vous sur le fond »

« Mon ana­lyse est la même que la vôtre, il y a trop de taxes dans ce pays. Je suis d’ac­cod avec vous sur le fond, mais pas sur la forme. Si l’Etat a des dettes, soit il se serre la cein­ture, soit il aug­mente les im­pôts. La vé­ri­té, c’est qu’il n’a pas vou­lu bais­ser son train de vie », ob­jec­tait le maire en re­pliant son gi­let jaune et en le ren­dant à son pro­prié­taire.

De leur cô­té, les ma­ni­fes­tants ne désar­maient pas, cer­tains me­na­çant de faire le siège de la mai­rie. « On va s’ins­tal­ler devant chez vous M. le maire. On peut le faire. On va pas­ser Noël devant chez vous ! »

Après la ren­contre, vi­rile mais cor­recte, Jé­rôme Tor­te­rat, l’un des porte­pa­role des gi­lets jaunes mon­tar­gois, se fé­li­ci­tait de cette ren­contre.

« Ça fait une se­maine qu’on es­saie de le voir. On vou­drait qu’il vienne nous ren­con­trer au rond­point ca­ca­huète. On l’a ap­pe­lé deux fois, il n’a pas ré­pon­du ».

Après cette en­tre­vue, le groupe re­ga­gnait en­core le com­mis­sa­riat pour s’en­qué­rir de la si­tua­tion des gar­dés à vue. Des po­li­ciers ve­naient une fois en­core à leur ren­contre et in­ci­taient le groupe à lais­ser l’en­trée libre. Les dis­cus­sions étaient en­core très tendue, puis le groupe, ten­té de faire le siège du tri­bu­nal, fi­nis­sait par se dis­per­ser pour re­joindre les rond­spoints.

Be­noit Di­geon ren­dant le gi­let jaune a ten­té de nouer le dia­logue avec les ma­ni­fes­tants.

Après l’in­ter­pel­la­tion, des gi­lets jaunes ont fait le siège au com­mis­sa­riat.

Jeu­di der­nier, des gi­lets jaunes ont dé­fi­lé rue Do­rée.

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