Des com­mer­çants de l’ag­glo­mé­ra­tion parlent

L'Éclaireur du Gâtinais (Loiret) - - A La Une - PAR LAU­RENCE BER­NARD

◗ Voi­ci cer­tains des nom­breux com­men­taires tels qu’en­ten­dus ven­dre­di :

Un spé­cia­liste de l’équi­pe­ment de la mai­son (Amil­ly) : « J’ai d’autres ma­ga­sins ailleurs et cela ne se passe pas de la même fa­çon. Ici, on est devant un trou et on n’en sait pas la pro­fon­deur ».

Un bou­lan­ger (Amil­ly et Mon­tar­gis) : « Nous avons beau­coup de pertes. Je me de­mande comment faire pour mes 25 sa­la­riés. Et aus­si comment je vais payer mes charges. Et je ne sais pas quoi faire par rapport à ma fa­bri­ca­tion. Je ne vois pas de sor­tie… »

« Les gens re­poussent même pour les che­veux ! »

Un coif­feur (Mon­tar­gis), et une coif­feuse (Amil­ly ): « Je perds 35 à 40 % de chiffre d’af­faires, je vais li­cen­cier » ; « Les gens re­poussent même pour les che­veux ! Je suis seule. Si vrai­ment je ne tra­vaille pas à Noël, je vais être obli­gée de fer­mer ».

Un res­pon­sable de grande sur­face (Ville­man­deur) : « Je suis in­dé­pen­dant. Ce n’est pas vi­vable. Les chiffres parlent ».

Un pâ­tis­sier (Mon­tar­gis ): Même si je com­mence à tra­vailler de­main, je ne vais pas faire mon chiffre car je n’au­rai pas pu pro­duire avant. J’au­rai 15 jours de re­tard, Noël se­ra pas­sé. Comment si peu peuvent blo­quer toute une éco­no­mie ? »

Une op­ti­cienne (Amil­ly) : « Notre chiffre d’af­faires est im­pac­té à plus de 30 % et nos charges sont très im­por­tantes. La si­tua­tion va vite de­ve­nir in­sup­por­table si d’autres sa­me­dis nous sont re­ti­rés ».

Un conces­sion­naire mo­to ( Ville­man­deur) : « Je suis dans la zone rouge de ma tré­so­re­rie à une époque à la­quelle je ven­dais beau­coup d’ac­ces­soires. Je ne com­prends pas que l’on ne puisse pas cir­cu­ler. Je com­mence à perdre pa­tience ».

Une coif­feuse avec salon d’es­thé­tique (Amil­ly) : « Mes dix sa­la­riées ont peur de ve­nir au salon. Je suis en congé ma­ter­ni­té mais obli­gée d’aller voir comment ça se passe ».

Un com­mer­çant ayant fran­chises à Mon­tar­gis et à Amil­ly : « Notre perte monte à près de 50 % à Amil­ly, – 35 % à Mon­tar­gis. Le 17 no­vembre, j’ai dû de­man­der à mes sa­la­riés d’Amil­ly de ren­trer chez eux. J’ai es­sayé de parler avec les gi­lets jaunes tous les jours la pre­mière se­maine. En vain. Il y a des choses in­ac­cep­tables dans un état de droit. Li­ber­té, Éga­li­té, Fra­ter­ni­té ? Il n’y en a plus ».

Le di­ri­geant d’un hy­per­ mar­ché ou­ver­te­ment blo­qué : « Nous fai­sons moins 40 %. C’est dra­ma­tique. J’ai 420 col­la­bo­ra­teurs ; c’est au­tant de fa­milles tou­chées. Il faut aus­si les conte­nir, si­non ils iraient dé­blayer eux­mêmes tout ce qui en­combre le rond­point… »

Un fran­chi­sé du vê­te­ment et du sport : « Sur 450 ma­ga­sins, je suis le 2e plus tou­ché de France ».

Un spé­cia­liste de res­tau­ra­tion ra­pide : « Au dé­but ça al­lait, mais main­te­nant il faut par­fois s’in­ter­po­ser entre des clients et de nou­veaux gi­lets jaunes. La ten­sion monte ».

Un trans­por­teur pres­ta­taire de l’AME : « Nous su­bis­sons une perte sèche de 40 %. Un ar­rêt de bus tout neuf a été dé­mo­li, cela va coûter très cher à la col­lec­ti­vi­té. Et comme nous sommes moins en­ca­drés par les forces de l’ordre, nous su­bis­sons dé­sor­mais un jet de pierre par jour ».

Un ban­quier (pré­sence : Amil­ly et Mon­tar­gis) : « Nous, nous le voyons : les achats se font quand même… mais par In­ter­net. Ce se­ra le 2e ef­fet de ce mou­ve­ment, car les gens vont prendre de nou­velles ha­bi­tudes. Vous al­lez souf­frir au­tant qu’au mo­ment des inondations ».

« Sur 450, je suis le 2e plus tou­ché de France »

Beau­coup se disent pour le fond mais contre la forme.

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