Malaise chez les pom­piers

L'Éclaireur du Gâtinais (Loiret) - - En Gatinais - La. B.

Le centre de se­cours prin­ci­pal de Mon­tar­gis-Ville­man­deur était plein, sa­me­di, car il ac­cueillait le SDIS du Loi­ret pour la Sainte-Barbe, sa sainte pa­tronne. Beau­coup s’étaient dé­pla­cés mal­gré le cô­té in­cer­tain de la cir­cu­la­tion – et même d’as­sez loin. Car on le sent bien : il y a comme un malaise chez les pom­piers.

◗ Les of­fi­ciels n’ont pas eu la langue dans leur poche, sa­me­di. Même si, de fa­çon très sen­sible, cha­cun a fait en sorte de ne pas mettre d’huile sur le feu… Cu­rieu­se­ment, seul le dé­pu­té Modem Ri­chard Ra­mos (1) s’est mon­tré le plus vin­di­ca­tif à propos d’un des su­jets qui pro­voquent une sorte de malaise chez les pom­piers : une di­rec­tive eu­ro­péenne re­met­tant di­rec­te­ment en cause les pos­si­bi­li­tés d’as­treinte chez les vo­lon­taires.

Le mo­dèle fran­çais doit-il s’im­po­ser en Eu­rope ?

« Nous al­lons dé­fendre le mo­dèle fran­çais, qui doit s’im­po­ser à l’Eu­rope. Sans doute le Sé­nat vous dé­fen­dra­t­il aus­si ! ». Tout en se di­sant d’ac­cord, le sé­na­teur Hugues Sau­ry nuan­ çait : « Per­sonne ne doit im­po­ser son mo­dèle – ni l’Eu­rope ni nous. Mais nous de­vons faire en sorte que ce qui fonc­tionne conti­nue de fonc­tion­ner, et que les pa­trons em­ployant des SP ne soient pas dé­fa­vo­ri­sés ».

C’est d’au­tant plus sou­hai­table pour le bien de tous que l’ac­ti­vi­té opé­ra­tion­nelle du ser­vice est chaque an­née en hausse pro­gres­sive, tout comme un peu par­tout en France (voir ci­des­sous)… et que cela in­duit une aug­men­ta­tion de la sol­li­ci­ta­tion des sa­peurs­pom­piers vo­lon­taires en as­treinte… sous ré­serve de leurs dis­po­ni­bi­li­tés. Or, la di­rec­tive en ques­tion pour­rait im­po­ser un temps de re­pos de sé­cu­ri­té tel qu’il in­ter­di­rait de fait les as­treintes. Le di­rec­teur dé­par­te­men­tal ne sau­rait être plus clair : « Elle re­met en cause l’en­ga­ge­ment al­truiste des vo­lon­taires et notre mo­dèle d’or­ga­ni­sa­tion, puisque près de 80 % de notre ef­fec­tif est com­po­sé de sa­peurs­pom­piers vo­lon­taires ». Et de rap­pe­ler aux plus in­quiets « la fa­ci­li­té d’al­lu­mer so­cia­le­ment le feu que nous sa­vons tous dif­fi­cile à éteindre ».

Les pom­piers le savent, eux qui sont de plus en plus souvent vic­times d’agres­sion lors de leurs in­ter­ven­tions de se­cours à per­sonne. Cela contri­bue gran­de­ment au malaise. « Sur­tout dans un ter­ri­toire très concer­né par la déshé­rence de la dé­mo­gra­phie mé­di­cale, où les pom­piers sont les ac­teurs prin­ci­paux de la per­ma­nence des soins, qui ré­pondent à tous les ap­pels, jus­ti­fiés ou non », a ap­puyé le dé­pu­té Door (2), qui a dit sou­te­nir les SP sur trois points : d’abord en ap­pe­lant le gou­ver­ne­ment à ré­flé­chir sur cette di­rec­tive eu­ro­péenne. En­suite en ren­for­çant la sé­cu­ri­té in­té­rieure au­tour des pom­piers. Et en sor­tant, via amen­de­ment, les in­ves­tis­se­ments des ser­vices de se­cours de la fa­meuse contrainte bud­gé­taire du 1,2 % ap­pli­cable à toutes les col­lec­ti­vi­tés lo­cales ». Ce qui per­met­trait de main­te­nir le nombre des ef­fec­tifs.

Hommes et femmes font bonne fi­gure, mais l’in­quié­tude est bel et bien là quant à l’avenir des vo­lon­taires, entre autres.

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