Le « fris­son Léo Fer­ré » par Ca­li

L'Éclaireur du Gâtinais (Loiret) - - Spectacles / Loisirs - MI­CHELLE LIGNEAU

Le chan­teur Ca­li s’est pro­duit à la salle des fêtes ven­dre­di der­nier, à l’in­vi­ta­tion de l’AME, avec son tout der­nier pro­gramme de concerts « Ca­li chante Fer­ré ».

◗ Ca­li le dit : il faut ré­pa­rer une énorme bourde. Celle, pour la France, de n’avoir pas cé­lé­bré l’an­ni­ver­saire du poète qui au­rait eu 100 ans il y a deux ans.

Si l’uni­vers de Fer­ré semble loin de ce­lui de Ca­li, ce­lui­ci a l’au­dace de chan­ter ses plus belles chan­sons, les plus dif­fi­ciles, un Eve­rest, comme il le dit lui­même. Mais dure et ris­quée est l’as­cen­sion.

Une « ma­chine » à spec­tacle par­fai­te­ment ro­dée

Chan­teur ner­veux jus­qu’à l’ex­ci­ta­tion, à la cor­po­relle em­prun­tée, qui ru­git, crie, aboie, qui passe en force et non avec force, avec la voix qui dé­rape et cherche l’ef­fet, il a heu­reu­se­ment der­rière lui une « ma­chine » à spec­tacle par­fai­te­ment ro­dée.

Une scé­no­gra­phie re­cher­chée, des mu­si­ciens brillants, une at­mo­sphère psy­ché­dé­lique, des fonds de scènes aux cou­leurs écla­tantes, où se dé­ploient des au­rores bo­réales et un son qui ac­ca­pare l’es­pace et confisque l’es­sen­tiel, tout est à l’ex­cès.

Il y a beau­coup d’an­nées, à deux pas de la salle des fêtes, sur le Pâ­tis, Léo Fer­ré est ve­nu chan­ter sous un cha­pi­teau, éclai­ré par quelques pro­jec­teurs, cri­nière blanche et ha­bit noir, ter­mi­nant le spec­tacle le poing le­vé, sur « Les anar­chistes ». Émo­tion ir­rem­pla­çable.

Le fris­son court en­core. Mais c’était il y a beau­coup d’an­nées.

(PHO­TO : JEAN-LOUIS GORCE)

Ca­li, un peu per­du dans son dé­cor de bulles de lu­mière.

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