Mort d’Au­rian : de trois à six ans de pri­son re­quis

L'Éclaireur du Gâtinais (Loiret) - - La Une - JEAN-BAP­TISTE DOS RA­MOS/ LA RÉ­PU­BLIQUE DU CENTRE

Les pré­ve­nus com­pa­rais­saient pour non-as­sis­tance à per­sonne en dan­ger, re­cel de ca­davre et mo­di­fi­ca­tion de la scène de crime.

◗ L’au­dience de lun­di avait beau avoir un par­fum de cour d’as­sises, ce n’est pas la res­pon­sa­bi­li­té des trois pré­ve­nus dans la mort d’Au­rian MiPou­dou, tué par arme à feu en 2017, qui a fait l’ob­jet des dé­bats. Dans le box des ac­cu­sés, Ke­vin, 23 ans, et El Ka­cim, 24 ans, à qui la jus­tice re­proche de ne pas avoir por­té se­cours à Au­rian, 16 ans au mo­ment des faits, tou­ché par un coup de fu­sil de chasse lors d’une soi­rée ar­ro­sée le 31 jan­vier 2017, puis d’avoir ca­ché le ca­davre, dé­truit l’arme à feu et in­cen­dié la voi­ture qui avait ser­vi à trans­por­ter le corps.

Coup de feu ac­ci­den­tel ?

Com­pa­rais­sant libre, Alain, 48 ans, le beau­père de Ke­vin, est, lui, pour­sui­vi pour non­as­sis­tance à per­sonne en dan­ger. Seul manque à l’ap­pel Alexis, le fils d’Alain et le de­mi­frère de Ke­vin. Pré­sen­té comme le chef de bande et l’au­teur prin­ci­pal des faits, Alexis est mort d’une over­dose quelques mois après le drame.

C’est chez Alain, dans un pe­tit stu­dio de Cour­te­nay, que se sont dé­rou­lés les faits. Ce soir­là, Ke­vin, Alexis, El Ka­cim et Au­rian, dont l’ami­tié était avant tout scel­lée par l’er­rance, l’al­cool et les stu­pé­fiants, au­raient dé­ci­dé de ter­mi­ner la soi­rée chez ce qua­dra­gé­naire à la san­té fra­gile, après avoir bu plus que de rai­son. C’est alors qu’Alexis au­rait sor­ti un fu­sil de chasse à double ca­non scié et mis en joue, « pour jouer », Au­rian.

L’ado­les­cent au­rait fait un mou­ve­ment pour ti­rer l’arme vers lui et le coup de feu, fa­tal, se­rait par­ti.

C’est en tout cas les dé­cla­ra­tions qu’ont main­te­nues Ke­vin et Alain à l’au­dience. El Ka­cim, lui, a tout nié en bloc : en pre­mier lieu sa pré­sence dans l’ap­par­te­ment au mo­ment du coup de feu.

Le mes­sage de la mère d’Au­rian

Dans les mi­nutes qui ont sui­vi, le groupe a dé­ci­dé de trans­por­ter Au­rian dans le coffre de la voi­ture d’El Ka­cim. Était­il dé­jà mort à ce mo­ment­là ? Se­lon les ex­per­tises, l’ago­nie de l’ado­les­cent au­rait du­ré entre quelques mi­nutes et une de­mi­heure. Dans la nuit, Alexis, Ke­vin et, se­lon toute vrai­sem­blance, El Ka­cim, ont aban­don­né le corps dans le ca­nal de Briare et dé­truit par­tiel­le­ment l’arme à feu. Le corps a été re­trou­vé à Mont­cres­son le 11 mars 2017.

Des cir­cons­tances de la mort d’Au­rian, sa mère, Co­rinne Chaves, pré­sente à l’au­dience, n’en sau­ra pas plus. Pour­quoi n’on­tils pas pré­ve­nu la po­lice ? « Pour rien au monde, j’au­rais ren­voyé mon frère en pri­son », s’est dé­fen­du Ke­vin, qui, comme Alexis et El Ka­cim, était sor­ti de détention quelques mois au­pa­ra­vant.

Le ju­ge­ment se­ra ren­du le 23 jan­vier

« Au­rian n’était pas un mo­dèle de sa­gesse, c’était en­core un bé­bé. Il avait le sou­rire à chaque fois qu’il vous voyait. C’était à vous de le pro­té­ger, pas de le dé­truire. J’ai beau­coup de peine pour vous, car vous avez dé­truit vos vies aus­si », a dé­cla­ré aux pré­ve­nus Co­rinne Chaves, digne, mal­gré la co­lère et la dé­tresse.

Le ju­ge­ment se­ra ren­du le 23 jan­vier.

Une re­cons­ti­tu­tion des faits avait eu lieu en mars 2018.

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