JEAN-NI­CO­LAS BAYLET

DI­REC­TEUR GÉ­NÉ­RAL DU GROUPE LA DÉ­PÊCHE DU MI­DI

L'Édition Toulouse de La Tribune - - Dossier Les Nouveaux -

À32 ans, Jean-ni­co­las Baylet in­carne l’ave­nir du groupe La Dé­pêche du Mi­di. Un groupe « dont on par­lait dans tous les re­pas de fa­mille, confie-t-il. Une en­tre­prise fa­mi­liale est om­ni­pré­sente dans votre vie. » Pour­tant, le fils de Jean-mi­chel Baylet et pe­tit-fils de Jean Baylet as­sure ne pas avoir eu de pres­sion au mo­ment de choi­sir sa car­rière : « Si je n’avais pas eu d’af­fi­ni­tés avec ce mi­lieu, j’au­rais pu faire autre chose. » Dans son cur­sus, c’est d’ailleurs ce qu’il fait, pré­fé­rant l’en­tre­pre­neu­riat et la ges­tion avec no­tam­ment un di­plôme de L’EM Lyon Bu­si­ness School. Il passe en­suite deux ans à l’étran­ger, d’abord à New York pour Na­tixis, puis en Ar­gen­tine pour le groupe Pierre Fabre. « J’ai dé­cou­vert d’autres fa­çons de tra­vailler comme le prag­ma­tisme à l’amé­ri­caine » , ex­plique-t-il. Le VIE en Ar­gen­tine lui a rap­pe­lé « l’im­por­tance de la culture d’en­tre­prise, même au- de­là des fron­tières » .

MO­DER­NI­SER ET PÉ­REN­NI­SER LE GROUPE

Mais en jan­vier 2011, le groupe fa­mi­lial le rat­trape : il est nom­mé di­rec­teur dé­lé­gué de La Dé­pêche du Mi­di avant de de­ve­nir di­rec­teur gé­né­ral ad­joint en sep­tembre 2012. « L’en­vie s’est dé­ve­lop­pée au fil du temps. Du­rant mes études, je suis res­té at­ten­tif à l’évo­lu­tion des mé­dias et ce­la avait du sens d’y re­ve­nir compte te­nu de mon ex­pé­rience » , sou­ligne Jean-ni­co­las Baylet, di­rec­teur gé­né­ral de­puis sep­tembre 2014. Pré­si­dé par sa mère Ma­rie-france Mar­chand-baylet de­puis la no­mi­na­tion de son père au gou­ver­ne­ment en fé­vrier der­nier, le groupe em­ploie près de 1 800 sa­la­riés et en­re­gistre un chiffre d’af­faires d’en­vi­ron 250 M€. Il édite au­jourd’hui six quo­ti­diens, après l’ac­qui­si­tion du groupe Les Jour­naux du Mi­di en juin 2015. Une fu­sion ac­com­pa­gnée d’une baisse des ef­fec­tifs dé­non­cée par les syn­di­cats, qui avan­çaient le chiffre de 346 sup­pres­sions d’em­ploi à l’époque. « Cette fu­sion est tou­jours en cours » , in­siste JeanNi­co­las Baylet, sou­li­gnant le « contexte com­plexe » des mé­dias. « Ce n’est pas évident car il y a des cultures d’en­tre­prises dif­fé­rentes, des mé­thodes de tra­vail dif­fé­rentes… Les deux groupes étaient plus ou moins concur­rents. » Comme dans beau­coup de sec­teurs en dif­fi­cul­té, « il y a une lo­gique de concen­tra­tion » , rap­pelle- t-il. Une concen­tra­tion qui ne l’in­quiète pas mal­gré les ac­cu­sa­tions ré­pé­tées de l’opi­nion en­vers les mé­dias. « Au­jourd’hui, il n’y a pas de si­tua­tion de mo­no­pole. L’offre d’in­for­ma­tion est très im­por­tante. Notre plus gros concur­rent, ce sont les ré­seaux so­ciaux. 44 % des Amé­ri­cains ne s’in­forment que par Fa­ce­book » , re­lève JeanNi­co­las Baylet. Un bou­le­ver­se­ment qui a un im­pact sur les ac­ti­vi­tés du groupe. De son propre aveu, un des en­jeux du di­rec­teur gé­né­ral est « d’in­suf­fler la culture de l’in­no­va­tion et l’agi­li­té qu’im­plique la di­ver­si­fi­ca­tion des ac­ti­vi­tés » . Pas évident au sein d’une vieille dame de 146 ans « mo­no­ac­ti­vi­té pen­dant 135 ans » , pointe-t-il. Adepte d’un « ma­na­ge­ment par­ti­ci­pa­tif et très res­pon­sa­bi­li­sant » , Jean-ni­co­las Baylet sou­haite, « sans avoir de so­lu­tion mi­racle » , re­trou­ver un mo­dèle éco­no­mique pé­renne et re­ve­nir à l’équi­libre. « Le mo­dèle éco­no­mique est fragile, note- t- il. La si­tua­tion est pa­ra­doxale puis­qu’on n’a ja­mais fait aus­si bien en termes d’au­dience. Mais les re­ve­nus sont mis à mal par la gra­tui­té sur In­ter­net et la baisse de la pu­bli­ci­té. »

Paul Pé­rié

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