Nar­cisse vers la Bun­des­li­ga

Le cham­pion du monde de Chambéry a émis le sou­hait de par­tir. Il pour­rait at­ter­rir à Kiel !

L'Équipe - - RUGBY -

IL YAUNMOMENT­dé­jà que l’idée trot­tait dans la tête de Da­niel Nar­cisse (1,89 m ; 29 ans). Les si­gnaux émis par son club à l’in­ter­sai­son l’ont confir­mé dans ses in­ten­tions de re­con­si­dé­rer son ave­nir. Pas le moindre trans­fert l’été ve­nu, Chambéry s’est, en ef­fet, mon­tré d’une dis­cré­tion rare sur le mar­ché alors que le club sa­voyard es­saie de­puis plu­sieurs sai­sons de se rap­pro­cher de Mont­pel­lier qui a, lui, frap­pé fort en rap­pe­lant Nikola Ka­ra­ba­tic et en fai­sant si­gner le Slo­vène Vid Kav­tic­nik. Un monde sé­pare au­jourd’hui les deux ani­ma­teurs de la scène fran­çaise et Da­niel Nar­cisse, le joyau de Sa­voie, en a dé­fi­ni­ti­ve­ment pris conscience. Pro­ba­ble­ment même at-il vu dans l’im­mo­bi­lisme de son club un signe réel de ré­gres­sion. Le dé­part, cou­rant juillet, de Jure Na­tek, ar­rière gau­cher slo­vène qui fai­sait par­tie des cadres, amê­me­ser­vi de dé­to­na­teur dans l’es­prit de l’ar­rière réu­nion­nais.

Un trans­fert re­cord

En fin de se­maine der­nière, il a donc pré­ve­nu son en­traî­neur Philippe Gardent avant de ren­con­trer lun­di, son pré­sident Alain Pon­cet. Il a clai­re­ment fait part de son dé­sir de par­tir. Une dé­ci­sion ir­ré­vo­cable. Les di­ri­geants cham­bé­riens sont d’au­tant plus mal à l’aise pour lui op­po­ser un re­fus qu’ils avaient as­su­ré leur joueur, lors de son re­tour il y a deux ans, de mon­ter une grosse équipe dans les quatre an­nées à ve­nir. Mal­heu­reu­se­ment de­puis le re­trait de leur spon­sor prin­ci­pal, Mi­chel Simond, les pos­si­bi­li­tés fi­nan­cières du club se sont consi­dé­ra­ble­ment ré­duites. Les res­pon­sables sa­voyards sont d’au­tant plus gê­nés aux en­tour­nures que les plus gros clubs al­le­mands sont aux aguets de­puis de nom­breux mois. De­puis son pas­sage à Gum­mers­bach – de 2004 à 2007 –, Da­niel Nar­cisse a des fans en Bun­des­li­ga, au pre­mier rang des­quels fi­gure Al­fred Gis­la­son, l’en­traî­neur is­lan­dais qui l’avait di­ri­gé et dé­sor­mais au che­vet du grand Kiel, cham­pion en titre, vain­queur de la Coupe d’Al­le­magne et fi­na­liste mal­heu­reux de la der­nière Ligue des cham­pions. Kiel, se­coué par les af­faires de corruption tout au long de l’an­née, dé­sta­bi­li­sé aus­si par les dé­parts de Ka­ra­ba­tic et de Kav­tic­nik, rêve de re­trou­ver son lustre. Il a en­ga­gé Spren­ger, l’ai­lier al­le­mand, Ilic, l’ar­rière gauche serbe, mais il lui manque un or à sa cou­ronne. Nar­cisse évi­dem­ment qui lui per­met­trait de s’ins­tal­ler dans la peau du fa­vo­ri et de par­tir en re­con­quête. Kiel a donc fait de Nar­cisse sa prio­ri­té et de­vrait, dans les heures qui viennent, faire par­ve­nir au siège de Chambéry une pro­po­si­tion dont on dit qu’elle ap­pro­che­rait un mil­lion et de­mi d’eu­ros. Une somme co­los­sale qui, si elle était ac­cep­tée par le club fran­çais, fe­rait de Nar­cisse le plus gros trans­fert de l’his­toire. Au club, évi­dem­ment, on tient une po­si­tion de cir­cons­tance. « Il y a évi­dem­ment des clubs qui s’in­té­ressent à Da­niel, s’amuse le manager Laurent Mu­nier, mais dans notre es­prit il reste in­trans­fé­rable. » Une ma­nière comme une autre d’ou­vrir les en­chères, les­quelles in­té­ressent for­te­ment Rhein-Ne­ckar Lö­wen, le nou­veau poids lourd de la Bun­des­li­ga, etLem­go qui se dit prêt à toutes les fo­lies pour at­ti­rer le Réu­nion­nais. Il est dif­fi­cile de croire que Da­niel Nar­cisse, dont l’en­vie, à près de trente ans, est de ga­gner des titres, va res­ter très long­temps à Chambéry.

LAURENT MOISSET DE­PUIS PRÈS de quinze ans Chambéry est le grand ri­val de Mont­pel­lier. S’il est res­té tout au long de cette pé­riode son dau­phin, il am­bi­tion­nait de le dou­bler et l’ar­ri­vée de Mi­chel Simond, spé­cia­liste de l’im­mo­bi­lier d’af­faires et spon­sor du club de­puis trois ans, de­vait l’y ai­der. Seule­ment, de­puis plu­sieurs mois, le fi­nan­cier s’est mon­tré très dis­cret, pre­nant ses dis­tances avec le club. Pri­vé d’une­manne im­por­tante, il était iné­luc­table que le club soit ame­né à re­voir toute sa po­li­tique. Conti­nuer, par exemple, à s’ap­puyer sur des jeunes qui se sont ré­vé­lés ces der­nières sai­sons, Ba­ra­chet, Mas­sot-Pel­let, Pa­ty, Du­mou­lin et Ro­bin. Le dé­part pro­bable de Da­niel Nar­cisse va mar­quer une vraie rup­ture. Chambéry avait réus­si, ces der­nières an­nées, à faire re­ve­nir des stars comme Sté­phane Stoe­ck­lin, Jack­son Ri­chard­son et Da­niel Nar­cisse. Il n’est pas sûr qu’il puisse, dé­sor­mais, as­su­rer le même train de vie puisque le mar­ché, au­jourd’hui, de­mande une éco­no­mie haut de gamme. Grâce au trans­fert de son Réu­nion­nais, le club sa­voyard va pou­voir s’of­frir un ou deux joueurs – s’il conclut avant le 20 août, date li­mite des trans­ferts – et pré­sen­ter une équipe com­pé­ti­tive pour… la deuxième place, étant en­ten­du que Mont­pel­lier est intouchable. Il est seule­ment dom­mage qu’au mo­men­toù la bande de Philippe Gardent a inau­gu­ré en jan­vier der­nier sa nou­velle salle, le Phare, il n’ait pas pu te­nir tous ses en­ga­ge­ments dans la quête de la pre­mière marche. – L. M.

(Photo Jean-Marc Po­chat/ L’Équipe)

CHAMBÉRY, LE PHARE, 18 FÉ­VRIER 2009. – La sai­son der­nière, Da­niel Nar­cisse (à droite) s’était frot­té à Ch­ris­tian Sch­war­zer et Rhein-Ne­ckar Lö­wen en Ligue des cham­pions. L’in­ter­na­tio­nal fran­çais de­vrait re­trou­ver très vite la Bun­des­li­ga.

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