Khyar al­lume la flamme

À peine sor­ti des ju­niors, le Fran­çais de vingt ans s’est of­fert l’or conti­nen­tal, hier. Il a dé­sor­mais un pied aux Jeux de Rio. Comme Au­tomne Pa­via sa­crée en – 57kg.

L'Équipe - - JUDO - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL OLLIVIER BIENFAIT

Ins­tal­lé en tri­bunes aux cô­tés du di­rec­teur tech­nique na­tio­nal, JeanC­laude Se­naud, Ted­dy Riner bon­dit de son siège comme si un res­sort l’en avait bru­ta­le­ment pro­pul­sé ; Au­drey Tcheu­méo en fait de même. Le duo ap­plau­dit à tout rompre, large sou­rire aux lèvres. Il est à peine 19 heures à Ka­zan et Wa­lide Khyar vient de triom­pher, en fi­nale des – 60 kg, de l’Azer­baïd­ja­nais Or­khan Sa­fa­rov, mé­daillé de bronze mon­dial 2013 et vice-cham­pion d’Eu­rope 2015. L’une des ré­fé­rences de la ca­té­go­rie.

En­core me­né d’un wa­za-ari et d’un yu­ko à soixante-huit se­condes du terme du com­bat, le so­cié­taire de Flam 91 (Long­ju- meau-Massy) ne s’est pour­tant ja­mais vu perdre pour au­tant. Sur­gon­flé à la confiance, il a hap­pé, ar­ra­ché (ura-nage) et in­crus­té son ri­val dans le ta­pis. Avec une agres­si­vi­té rare qui fait sa griffe. « J’ai tou­jours été comme ça, com­men­tait-il sans ex­cès de joie ap­pa­rent à l’is­sue de la cé­ré­mo­nie pro­to­co­laire. Je sa­vais que, en face, ça al­lait cra­quer. Ça fi­nit tou­jours par cra­quer. » Une tor­nade que ce phé­no­mène de vingt ans, troi­sième du der­nier Pa­ris Grand Slam et mé­daillé de bronze lors des Mon­diaux ju­niors 2015.

Bap­tiste Le­roy, son en­traî­neur de club, exulte ; Franck Cham­billy, son coach ré­fé­rent, l’en­serre et le dé­colle du sol. Au té­lé­phone, Ch­ris­tophe Ga­glia­no, troi­sième aux Jeux d’At­lan­ta en – 71 kg et dé­sor­mais dans le staff na­tio­nal, sa­voure be­noî­te­ment. « Pour moi, ce n’est pas une sur­prise, souffle ce­lui qui cha­peaute Khyar de­puis 2012. Je sa­vais qu’il en avait le po­ten­tiel. » Le pre­mier cha­pitre d’une belle his­toire a été ponc­tué en Rus­sie. Le deuxième de­vrait dé­mar­rer au pre­mier jour des Jeux de Rio (5-21 août). Dans la pré­face de l’ou­vrage, il convien­dra de men­tion­ner que le cham­pion d’Eu­rope 2016 des su­per-lé­gers a été in­ter­dit de toutes com­pé­ti­tions na­tio­nales et in­ter­na­tio­nales entre no­vembre 2012 et no­vembre 2013. Comme douze autres ju­niors fran­çais, il avait été convain­cu de cha­par­dages dans un ma­ga­sin de sport de To­kyo, où le groupe était alors en stage, il y a près de trois ans et de­mi. Une conne­rie de jeu­nesse pour ce gar­çon de­ve­nu, de­puis et pour beau­coup, un exemple à l’INSEP.

Une pe­tite heure après que Khyar a goû­té, main droite sur le coeur, sa pre­mière Mar­seillaise, une nou­velle onde de bon­heur par­cou­rait l’échine du clan bleu avec le suc­cès d’Au­tomne Pa­via (–57 kg, 27 ans). Une vic­toire qui fuyait la mé­daillée de bronze olym­pique de­puis no­vembre 2014 et le Grand Prix de Je­ju. Un bail, pour l’Or­léa­naise, tout juste sor­tie d’un se­mestre de re­vers et de doutes. Une sale pé­riode comme « elle n’en avait ja­mais connu au­pa­ra­vant, en ju­niors comme en se­niors », dixit Ri­chard, son père, 6e dan et pro­fes­seur de ju­do à Car­cas­sonne. À quelque trois mois et de­mi des Jeux, c’est avec son sé­same olym­pique aux deux tiers obli­té­ré en poche qu’elle est sor­tie de son noir tun­nel.

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