Com­ment MLDa dit non aux Ira­niens

L’avo­cat de Hol­lande, un nom de code aé­rien… Voi­ci les cou­lisses d’un des dos­siers de re­prise de l’OM les plus mys­té­rieux.

L'Équipe - - FOOTBALL - DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL PERMANENT MATHIEU GRÉGOIRE

Le pro­jet Al­ba­tros. Ce n’est pas un plan pour re­lan­cer le gar­dien Yo­hann Pe­lé, qui a vé­cu un cal­vaire à Nice, di­manche soir (2-3). Mais le pre­mier nom de code du dos­sier ira­nien, l’équi­valent du fa­meux « OM Champions Pro­ject » de l’Amé­ri­cain Frank McCourt, fu­tur pro­prié­taire du club. Source de beau­coup de fan­tasmes, cette piste a bien exis­té, por­tée par des in­ter­mé­diaires iden­ti­fiés. Le pre­mier d’entre eux est Me Gilles Bé­rès, sol­li­ci­té par des in­ves­tis­seurs ira­niens et qui a en­suite dé­fen­du leurs in­té­rêts. Bé­rès n’a pas été choi­si par ha­sard. Il est l’un des avo­cats de Fran­çois Hol­lande, qu’il épaule sur les af­faires d’at­teinte à la vie pri­vée de­puis de longues an­nées. Aux cô­tés de Bé­rès, on re­trouve Mi­chel Gouef­fon, un homme de ré­seaux. Dé­but 2016, Bé­rès sol­li­cite Bernard La­porte, l’an­cien se­cré­taire d’État aux Sports, pour qu’il fasse le lien avec Vincent La­brune, alors pré­sident de l’OM, et Mar­ga­ri­ta Louis-Drey­fus, la pro­prié­taire.

La­porte va in­té­grer dans la boucle un im­pre­sa­rio por­tu­gais, Pau­lo Ta­vares, qui ré­side à Mo­na­co. Ta­vares peut s’ap­puyer sur ses ami­tiés dans le foot­ball, qui vont du col­la­bo­ra­teur d’agent Jacques Crou­zel à Laurent Sch­mitt, re­pré­sen­tant de joueurs en cour dans les clubs bre­tons. Il va plan­cher sur le vo­let spor­tif et plu­sieurs grands noms vont être ap­pro­chés : le Chi­lien Ma­nuel Pel­le­gri­ni pour le poste d’en­traî­neur, Luis Cam­pos pour ce­lui de di­rec­teur spor­tif qu’il oc­cu­pait à Mo­na­co jus­qu’en juin (le Por­tu­gais a aus­si été ap­pro­ché par Igor Le­vin, l’avo­cat de MLD, et Ge­rard Lo­pez dans un dos­sier de re­prise concur­rent) et en­fin Leo­nar­do pour le job de vice-pré­sident. Le Bré­si­lien, qui se­rait au­jourd’hui dans les pe­tits pa­piers de McCourt et de son staff, n’avait pas re­je­té l’idée de re­joindre le ri­val du Paris-SG, de­man­dant seule­ment à être te­nu au cou­rant de l’avan­cée des né­go­cia­tions.

Le vo­let fi­nan­cier et tech­nique du dos­sier est gé­ré par le tan­dem Bé­rès-Gouef­fon, qui monte un tour de table réunis­sant plu­sieurs in­ves­tis­seurs étran­gers, et pas seule­ment ira­niens. Une so­cié­té ac­qué­reuse est en­re­gis­trée au Luxem­bourg. Le ca­bi­net KPMG Luxem­bourg, spé­cia­li­sé dans l’au­dit et le conseil, est char­gé d’éta­blir un bud­get pré­vi­sion­nel. Tous les ac­teurs sont réunis à Paris, le 16 mars, pour lan­cer cette cam­pagne de re­prise. Ils sont confiants. Si les moyens ne sont pas illi­mi­tés, les ga­ran­ties ban­caires semblent so­lides, des en­tre­prises éta­tiques ira­niennes (dont la com­pa­gnie aé­rienne Iran Air) sont prêtes à s’im­pli­quer. Bé­rès met les formes au­près de l’es­ta­blish­ment po­li­tique pa­ri­sien, qu’il faut pré­pa­rer à l’éven­tuelle ar­ri­vée en Ligue 1 d’un nou­vel ac­teur du Moyen-Orient.

Mais le pro­jet ira­nien se fra­cas­se­ra en juin sur les exi­gences de la banque Roth­schild, man­da­tée par MLD, et la sil­houette mas­sive de Le­vin, homme lige de la pro­prié­taire. « Il est vraiment par­ti­cu­lier, il ne donne pas de nou­velles pen­dant trois se­maines, puis vous pré­vient un soir qu’il fau­dra se rendre chez Roth­schild le len­de­main à 8 h 30 pour un ren­dez-vous de tra­vail, sou­pire l’un des in­ter­mé­diaires. J’ai l’im­pres­sion que cette af­faire a ca­po­té à cause d’ego mal pla­cés et pas parce que notre dos­sier n’était pas so­lide. » Dans l’en­tou­rage de Mar­ga­ri­ta, on est ca­té­go­rique : « Cette piste a été vite aban­don­née, et pas pour des rai­sons po­li­tiques. C’est une chose de dire qu’on a des moyens, une autre de les mon­trer. Ils ont fait du bruit, mais n’ont pas fran­chi les pre­miers pa­liers, ni rem­pli les tests de pré-qua­li­fi­ca­tion. Il y a eu des gens écon­duits beau­coup plus sé­rieux. Une di­zaine de pro­jets, au moins, étaient plus cré­dibles. » La plu­part des in­ves­tis­seurs pré­sents dans ce dos­sier ira­nien avor­té n’ont pas re­non­cé à s’en­ga­ger dans le sport et s’in­té­ressent à des clubs de foot et de rug­by fran­çais.

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