AUX LARMES

L ʼ OM a été sè­che­ment bat­tu par l ʼ At­lé­ti­co d ʼ An­toine Griez­mann, au­teur d ʼ un dou­blé. La ra­pide sor­tie sur bles­sure de Di­mi­tri Payet en pleurs a été dé­ter­mi­nante et risque de le pri­ver de la Coupe du monde.

L'Équipe - - LA UNE - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL VINCENT GAR­CIA

DÉ­CINES ( RHÔNE) – C’est tou­jours pa­reil avec l’At­lé­ti­co de Ma­drid, on a par­fois l’im­pres­sion qu’ils sont pre­nables mais l’équipe de Die­go Si­meone a un coeur de pierre et des jambes de feu. Et cette froide mé­ca­nique, comme d’ha­bi­tude, n’a pas fait de sen­ti­ments quand il a fal­lu pu­nir l’Olym­pique de Mar­seille de ses in­suf­fi­sances ( 0- 3).

C’est sou­vent pa­reil aus­si en fi­nales de Coupe d’Eu­rope avec l’OM, quatre per­dues pour une Ligue des cham­pions ga­gnée en 1993. Comme en 2004, dé­jà en Ligue Eu­ro­pa, avec un Didier Drog­ba di­mi­nué et un Fa­bien Bar­thez ex­pul­sé ( 0- 2 contre Va­lence CF), et en 1999, avec l’er­reur de Laurent Blanc et la ri­bam­belle de joueurs ma­jeurs sus­pen­dus ( 0- 3 contre Parme), le club pho­céen est ar­ri­vé pri­vé d’une par­tie de ses forces. Et elles n’au­raient pas été de trop pour battre le deuxième de la Li­ga. Di­mi­tri Payet était bien bles­sé aux is­chio- jam­biers et sa cuisse n’a pas te­nu bien long­temps. Au bout d’une pe­tite de­mi- heure, le ca­pi­taine est sor­ti, rem­pla­cé par Maxime Lo­pez ( 32e), alors qu’il ne cou­rait dé­jà plus de­puis long­temps. Le Réu­nion­nais s’est écrou­lé sur la pe­louse du Grou­pa­ma Sta­dium en pleurs. Ses larmes res­te­ront une des images fortes de la soi­rée, comme elles l’ avaient été à l’Eu­ro 2016. Mais il y a deux ans, face à la Rou­ma­nie ( 2- 1), c’était la joie qui avait sub­mer­gé le mi­lieu of­fen­sif.

Cette bles­sure le pri­ve­ra peu­têtre de la Coupe du monde, alors qu’il était re­ve­nu dans la course

Et An­guis­sa se lou­pa...

après trois der­niers mois ma­gni­fiques ( voir par ailleurs). Cer­taines am­bi­tions in­di­vi­duelles se sont fra­cas­sées face au mur ma­dri­lène, hier, comme s’est dé­li­té le collectif mar­seillais au fil du match. Les Pho­céens ont été vain­cus par une équipe qui pen­dant vingt mi­nutes n’a pas pa­ru plus forte qu’ eux et c’ est peut- être ça le plus ra­geant, fi­na­le­ment. Dans cette en­tame de match très réus­sie, les hommes de Ru­di Gar­cia ont fait va­ciller le double fi­na­liste de la Ligue des cham­pions ( 2014, 2016). Pour le faire tom­ber, il au­rait fal­lu un avant­centre ef­fi­cace, ce qui au­ra man­qué sur la du­rée cette sai­son. Le match de Gré­go­ry Ser­tic il y a quelques jours à Guin­gamp ( 3- 3) et ce­lui de Va­lère Ger­main, hier, rap­pellent qu’on fi­nit tou­jours par payer cer­tains er­re­ments dans le re­cru­te­ment. L’an­cien Mo­né­gasque est un bon joueur, ce n’est pas le dé­bat. Mais il n’a pas l’ef­fi­ca­ci­té cli­nique ni le men­tal à toutes épreuves d’un grand nu­mé­ro 9. Son ac­tion man­quée, dès la qua­trième mi­nute, hier soir, han­te­ra long­temps les nuits mar­seillaises. Payet, sur une jambe donc, l’avait ser­vi idéa­le­ment dans la pro­fon­deur mais Ger­main a com­plé­te­ment man­qué le cadre au mo­ment de se pré­sen­ter seul face à Jan Oblak. Une re­prise d’Adil Ra­mi à cô­té ( 6e), des frappes de Sarr et Payet éga­le­ment non ca­drées ( 12e), l’OM a bous­cu­lé l’At­lé­ti­co pen­dant vingt mi­nutes. Les Es­pa­gnols n’étaient pas se­reins et c’est à cet ins­tant qu’il au­rait fal­lu les pu­nir. Comment cette fi­nale au­rait tour­né si les Mar­seillais avaient me­né 1- 0 ? Et puis Frank An­guis­sa, jusque- là digne du Yaya Tou­ré de la grande époque,

est re­de­ve­nu An­guis­sa. Son contrôle man­qué était abo­mi­nable mais Man­dan­da n’au­rait peu­têtre pas dû re­lan­cer dans l’axe non plus. Une ré­cu­pé­ra­tion de Ga­bi, une passe pour An­toine Griez­mann, il n’en au­ra pas fal­lu plus pour que les Col­cho­ne­ros ouvrent le score ( 1- 0, 21e).

Si l’at­ta­quant fran­çais est un sup­por­ter de l’OM, il ne l’au­ra pas vrai­ment af­fi­ché. En dé­but de se­conde pé­riode, c’est en­core lui qui a cueilli à froid les Mar­seillais avec un dou­blé sub­til, tout en tou­ché ( 2- 0, 49e). Quand le scé­na­rio tourne comme ça, l’At­lé­ti­co ne perd ja­mais, sauf du temps sur les re­mises en jeu. Pour y croire un peu ou, du moins, rendre la fin de match plus folle, il au­rait fal­lu mar­quer. Ko­stas Mi­tro­glou a failli le faire, mais sa tête a trou­vé le po­teau ( 81e). Ce­la a ré­veillé le vi­rage mar­seillais mais pas pour très long­temps puisque Ga­bi a mis le troi­sième en fin de match ( 3- 0, 89e).

Les sup­por­ters mar­seillais se sont glo­ba­le­ment bien te­nus au stade et ils n’ont rien cas­sé chez Jean- Mi­chel Au­las. Le chant res­te­ra, comme les sou­ve­nirs de cette épo­pée ma­gni­fique ou les larmes de Payet et d’An­guis­sa, dé­vas­tés à la fin. L’OM n’a pas ga­gné sa deuxième Coupe d’Eu­rope, est pas­sé à cô­té de sa fi­nale mais l’aven­ture était ru­de­ment bien quand même.

Jacques- Henri Ey­raud, le pré­sident mar­seillais, en­lace Di­mi­tri Payet, sor­ti sur bles­sure à la 32e mi­nute, sur l'es­trade.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.