COUPE FRANCHE

Di­dier Des­champs a dé­voi­lé hier la liste des 23 Bleus pour la Coupe du monde en Rus­sie, avec seule­ment neuf res­ca­pés de l ʼ Eu­ro 2016. Des choix forts qui pro­fitent à Thau­vin, Fe­kir ou Nzon­zi, aux dé­pens de Payet, Ra­biot ou La­ca­zette.

L'Équipe - - LA UNE - VINCENT DULUC

Même si une as­sez large par­tie du sus­pense avait été éven­tée, puisque presque tout était dans ce j our­nal, hier ma­tin, avant d’être an­non­cé en grande pompe au 20 heures de TF1, hier soir, quelques ar­bi­trages spec­ta­cu­laires et les consé­quences de la bles­sure de Di­mi­tri Payet au­ront mar­qué la troi­sième liste de l’ère Des­champs. Dans chaque liste, il y a l’idée d’une jus­tice aléa­toire, de prin­cipes qui valent pour les uns plu­tôt que pour les autres : celle- ci n’y a pas échap­pé.

S’il y a de grands vain­queurs, c’est qu’il y a de grands bat­tus. Il est dif­fi­cile de faire un clas­se­ment, mais le s ab­sences de Lu­cas Digne, d’Alexandre La­ca­zette et d’Adrien Ra­biot sont les plus no­tables, alors que la bles­sure de Payet place le Mar­seillais dans une ca­té­go­rie à part : même si Des champs n’ a pas vou­lu le confir­mer, il était dans la liste avant sa sor­tie en fi­nale de la Ligue Eu­ro­pa, et c’est très pro­ba­ble­ment Nabil Fe­kir qui a pro­fi­té de son for­fait.

Le cas de Digne est cruel, car le Bar­ce­lo­nais avait été très bon à l’au­tomne. Il ne joue presque pas, mais le temps de jeu ne peut pas être un cri­tère pour lui, et ne pas l’ être pour Ben­ja­min Men­dy, 63 mi­nutes avec Man­ches­ter Ci­ty de­puis son re­tour, et su­bi­te­ment écar­té du groupe par Guar­dio­la di­manche der­nier. Mais les

pro­fils de Men­dy et Lu­cas Her­nan­dez, à l’évi­dence, sont in­té­res­sants.

La­ca­zette est tom­bé de l’ar­moire, hier, ré­ser­viste pour la troi­sième fois d’af­fi­lée : qu’il ait ré­pon­du à la pres­sion de Des­champs par son dou­blé en Al­le­magne ( 2- 2) n’a rien chan­gé à la vi­sion qu’a le sé­lec­tion­neur de son jeu et de sa per­son­na­li­té.

Pour Ra­biot, en­fin, tout donne raison à Des­champs : le manque de ca­rac­tère du Pa­ri­sien et un ni­veau de per­for­mance in­suf­fi­sant sous le maillot bleu, mais aus­si la né­ces­si­té d’un mi­lieu d’un autre pro­fil, plus dé­fen­sif, pour dou­bler Kan­té. Ste­ven Nzon­zi se­ra ce­lui- là, pour ré­com­pen­ser et faire re­bon­dir une car­rière aty­pique, mais tou­jours in­té­res­sante. En de­hors des la­té­raux, un poste où Des­champs semble n’avoir pas une se­conde re­mis en cause la pré­sence de Ben­ja­min Pa­vard, et du poste de cin­quième mi­lieu ré at­tri­bué, les ar­bi­trages les plus dif­fi­ciles sont sur­ve­nus en at­taque.

Onze joueurs comptent dix sé­lec­tions et moins

Tho­mas Le­mar, par­fois dans la liste du mi­lieu, fi­gure cette fois au rang des at­ta­quants, et il n’est pas dif­fi­cile de sa­voir pour­quoi : en l’ab­sence d'An­tho­ny Mar­tial et de King­sley Co­man, il est le seul spé­cia­liste à gauche dans une liste où tous les postes sont dou­blés, théo­ri­que­ment. Heu­reuse- ment, Ky­lian Mbap­pé est là : il est à la fois le pre­mier à droite, le deuxième dans l’ axe, et le deuxième à gauche, mais Des­champs a sug­gé­ré qu’il va­lait mieux l’uti­li­ser à un poste où il n’était pas obli­gé de trop dé­fendre. Il est la raison of­fi­cielle de l’ab­sence de La­ca­zette : la dou­blure de Gi­roud, même dans un 4- 3- 3, c’est lui. Même avec beau­coup moins d’es­paces qu’en Rus­sie ( 3- 1), en mars ? C’est un pa­ri.

Fe­kir, un peu moins brillant de­puis trois mois qu’à l’au­tomne, se­ra la dou­blure d'An­toine Griez­mann. Reste, en­fin, la pré­sence de Flo­rian Thau­vin, au­teur d’une sai­son sta­tis­tique re­mar­quable ( 22 buts et 11 passes dé­ci­sives en

L 1), mais qui n’a pas de vé­cu en bleu, ou presque ( 23 mi­nutes en trois en­trées en jeu et peu de sou­ve­nirs), et qui flanche sou­vent dans les grands matches, ain­si que la fi­nale de mer­cre­di l’a rap­pe­lé. Des­champs a sou­li­gné son pro­fil de « spé­cia­liste du cô­té

droit » et son « at­ti­tude dans le groupe, son ca­rac­tère, ex­cep­tion

nels » . Il lui est ar­ri­vé de sou­li­gner, pour d’autres, que les vrais cri­tères étaient l’équipe de France et la Ligue des cham­pions. Pour Thau­vin, la Ligue Eu­ro­pa, moins la fi­nale, au­ra suf­fi. C’est un autre pa­ri.

Tout ce­la donne une liste jeune, de vingt- cinq ans et six mois de moyenne d’âge, dans un monde im­pi­toyable où ce n’est ja- mais une in­vi­ta­tion à l’ in­dul­gence. Si tout ce­la semble très neuf, c’est par­ceque la nou­veau­té est par­tout, avec onze joueurs comp­tant dix sé­lec­tions et moins, et sept dé­fen­seurs de vingt- cinq ans ou moins.

L’am­pleur du re­nou­vel­le­ment, avec six sur­vi­vants de la Coupe du monde 2014 et neuf seule­ment de l’Eu­ro 2016, dit tout de ce qui s’ an­nonce: les deux pre­mières phases fi­nal es de l’ ère Des­champs n’ont pas pré­pa­ré à grand-chose, ou alors pas grand monde. Avec une iden­ti­té de jeu à dé­fi­nir, avec une dy­na­mique in­time à réin­ven­ter, les Bleus s’avancent vers une page blanche. C’est par­fois in­quié­tant ? C’est sou­vent ex­ci­tant.

Ste­ven Nzon­zi. Nabil Fe­kir.

Ste­ven NZON­ZI Di­mi­tri PAYET Flo­rian THAU­VIN Adrien RA­BIOT Nabil FE­KIR Alexandre LA­CA­ZETTE Al­phonse AREO­LA Hu­go LLO­RIS Steve MAN­DAN­DA Lu­cas HER­NAN­DEZ Pres­nel KIM­PEMBE Ben­ja­min MEN­DY Ben­ja­min PA­VARD Adil RA­MI Dji­bril SI­DI­BÉ Sa­muel UM­TI­TI Ra­phaël VA­RANE...

Flo­rian Thau­vin.

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