Nzon­zi, sen­ti­nelle sur le fil

Le joueur du Sé­ville FC a été pré­fé­ré à Ra­biot dans la liste où il ap­pa­raît comme la pre­mière al­ter­na­tive à Kan­té, ti­tu­laire au poste de mi­lieu dé­fen­sif.

L'Équipe - - FOOTBALL - BILEL GHAZI

Plus qu’une énorme sur­prise, il est l’un des grands ga­gnants de la liste des vingt- trois joueurs retenus par Di­dier Des­champs pour dis­pu­ter la Coupe du monde. Ap­pe­lé en équipe de France pour la pre­mière fois en no­vembre der­nier, pour les matches ami­caux face au pays de Galles ( 2- 0) et à l’Al­le­magne ( 2- 2), Ste­ven Nzon­zi va s’en­vo­ler pour la Rus­sie avec seule­ment deux pe­tites capes dans les ba­gages.

Mais sa pré­sence dans le groupe as­sure au sé­lec­tion­neur tri­co­lore une vé­ri­table al­ter­na­tive à N’Go­lo Kan­té au poste de sen­ti­nelle. Plus en tout cas qu’Adrien Ra­biot, mi­lieu re­layeur de for­ma­tion, peu at­ti­ré par ce poste de mi­lieu dé­fen­sif en club et dé­jà trop sou­vent dé­ce­vant sous le maillot bleu. « Il y a un cri­tère spor­tif qui est là, des per­for­mances en club et en équipe de France, jus­ti­fiait Di­dier Des­champs hier. Celles en sé­lec­tion n’ont pas du tout été du même ni­veau qu’avec le PSG. Adrien est con­fron­té à une concur­rence très éle­vée avec To­lis­so, Pog­ba et Ma­tui­di, qui évo­luent dans le même re­gistre que lui. Par rap­port à la construc­tion de la liste, j’ai pris Nzon­zi, plus proche du re­gistre de Kan­té. C’est sur­tout un pro­blème d’uti­li­sa­tion et de poste qui m’ont fait prendre Ste­ven. »

Nzon­zi n’a tou­te­fois pas seule­ment pro­fi­té des doutes sus­ci­tés par le Pa­ri­sien pour lui pas­ser de­vant sur le fil. Même si sa sai­son avec le Sé­ville FC a pu être mar­quée par une brouille avec son en­traî­neur Eduar­do Be­riz­zo qui l’a pous­sé à s’in­ter­ro­ger sur son ave­nir en An­da­lou­sie l’hi­ver der­nier, l’an­cien Amié­nois a su pro­fi­ter du dé­part du tech­ni­cien ar­gen­tin, rem­pla­cé par Vin­cen­zo Mon­tel­la en dé­cembre, pour mar­quer des points en club. No­tam­ment en hui­tièmes de fi­nale re­tour de Ligue des cham­pions face à Man­ches­ter Uni­ted ( 2- 1, le 13 mars), en quarts de fi­nale de cette même com­pé­ti­tion face au Bayern Mu­nich ( 1- 2, le 3 avril) comme en Cham­pion­nat face au FCBar­ce­lone ( 2- 2, le 31 mars) ou au Real Ma­drid ( 3- 2, le 9 mai). « Je ne l’ai pas fait ve­nir pour rien, ap­puyait Di­dier Des­champs en conférence de presse. J’ai es­ti­mé qu’il pou­vait ap­por­ter à l’équipe de France. Il a pour lui cette ai­sance tech­nique avec une taille im­po­sante dans un re­gistre où il est per­for­mant. »

“Je ne me suis pas dit , , que je mé­ri­tais d’y être STE­VEN NZON­ZI

À vingt- neuf ans, Ste­ven Nzon­zi pro­fite donc de la ré­flexion me­née par Des­champs au­tour de l’uti­li­té de dis­po­ser d’un deuxième mi­lieu dé­fen­sif pour don­ner des al­lures de rêve à une aven­ture in­ter­na­tio­nale en­core bal­bu­tiante. « J’étais très content et fier au mo­ment de l’ ap­prendre, confiait-il sur la chaîne L’Équipe. Plein d’émo­tions sont ve­nues, c’est beau. Je n’y pen­sais pas vrai­ment à l’équipe de France. Il y a beau­coup de très bons joueurs et je ne me suis pas dit que je mé­ri­tais d’y être. Après j’ai fait une bonne sai­son et je l’avais dans un coin de la tête, il ne faut pas mentir. C’ est le rêve de tous les joueurs, tous les en­fants. » Ce­lui- ci s’est exau­cé, hier, en dé­but de soi­rée.

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