Payet, le dé­chi­re­ment

En re­chu­tant contre l’At­lé­ti­co de Ma­drid en fi­nale de la Ligue Eu­ro­pa mer­cre­di, le mi­lieu of­fen­sif a fait une croix sur la Coupe du monde. Il était pour­tant re­ve­nu tout près de la liste des 23.

L'Équipe - - FOOTBALL - VINCENT GAR­CIA

À Lyon, mer­cre­di soir, Di­mi­tri Payet, sor­ti au bout d’une de­mi­heure sur bles­sure, au­ra donc tout per­du, une fi­nale de Ligue Eu­ro­pa avec Mar­seille ( 0- 3) et une Coupe du monde avec l’équipe de France. Après un Eu­ro 2016 mar­qué par ses buts, ses per­for­mances et ses larmes de joie, le mi­lieu of­fen­sif ne connaî­tra sû­re­ment ja­mais le b o n h e u r d e d i s p u t e r l a p l u s grande épreuve pour un foot­bal­leur pro­fes­sion­nel. Le Bré­sil lui était dé­jà pas­sé sous le nez in ex­tre­mis en 2014. À trente et un ans, la Rus­sie était sans doute l’ul­time chance de sa car­rière de par­ti­ci­per à un Mon­dial.

Le Réu­nion­nais ( 37 sé­lec­tions, 8 buts) n’a pas été re­te­nu dans la liste élar­gie dé­voi­lée hier par Di­dier Des­champs. Il par­tait de loin, c’est vrai, et, pour­tant, il y a quelques jours en­core, le ca­pi­taine mar­seillais était tout près d’ar­ra­cher sa place chez les vingt- trois Bleus grâce à trois der­niers mois ma­gni­fiques avec l’OM. Il le sen­tait et le choc a été d’au­tant plus dur à en­cais­ser. « Il y a des im­pon­dé­rables qui m’amènent à mo­di­fier ce qui é t a i t prév u, a ad­mis Des­champs hier. En pleine pos­ses­sion de ses moyens, comme de­puis deux mois et de­mi, Di­mi­tri était un can­di­dat sé­rieux. » Le come- back au­rait été sa­vou­reux alors que le sé­lec­tion­neur ne l’avait pas re­te­nu en mars pour les ami­caux contre la Co­lom­bie ( 2- 3) et la Rus­sie ( 3- 1). Mais ses per­for­mances avec Mar­seille, no­tam­ment en C 3, ses sta­tis­tiques re­trou­vées et son in­fluence sur le jeu de son équipe n’avaient pas échap­pé au staff tri­co­lore. L’en­traî­neur de l’équipe de France, cons­cient qu’il ne pour­rait plus en faire un ti­tu­laire sur le cô­té gauche, un poste qu’il n’oc­cupe plus en club et pour le­quel il n’a plus le coffre, avait dans l’idée d’en faire en rem­pla­çant à An­toine Griez­mann dans l’axe. Un rôle pro­mis à Nabil Fe­kir. La qua­li­té de passe du Mar­seillais, no­tam­ment sur coups de pied ar­rê­tés, pou­vait être un atout pour dé­blo­quer cer­taines si­tua­tions en fin de match.

La ges­tion de sa bles­sure lais­se­ra des traces

Une bles­sure est ve­nue gâ­cher le rêve de Payet. Hier, la dé­cep­tion était énorme dans le clan du Réu­nion­nais et la ges­tion de sa lé­sion aux is­chio- jam­biers pour­rait lais­ser des traces entre lui et son club, mais aus­si entre Des­champs et Ru­di Gar­cia, dont les in­té­rêts di­ver­geaient dans cette af­faire. Payet au­rait- il dû dé­bu­ter la fi­nale de la C 3 face à l’At­lé­ti­co ? Évi­dem­ment non, mais c’est tou­jours fa- cile de le dire après. Vic­time d’une pe­tite dé­chi­rure à une cuisse avant Guin­gamp ( 3- 3, le 11 mai), le mi­lieu of­fen­sif ve­nait de pas­ser presque une se­maine en soins, sans s’en­traî­ner. Dans les der­nières heures avant la fi­nale, il ne res­sen­tait plus de dou­leur. Mais, dans un som­met de cette in­ten­si­té, le risque de re­chute était non né­gli­geable. Gar­cia et le joueur l’ont pris en connais­sance de cause, sans cal­cu­ler.

On sait que c’est ra­re­ment une sage dé­ci­sion, mais l’his­toire du foot­ball est comme ça : pas un joueur ne veut louper les grands matches pour les­quels les en­traî­neurs veulent pou­voir comp­ter sur leurs meilleurs élé­ments. « Sa bles­sure s’est ag­gra­vée après les trente mi­nutes qu’il a jouées, a dé­plo­ré Des­champs hier. Il a un pro­blème mus­cu­laire qui de­mande au mi­ni­mum trois se­maines d’ar­rêt. Il y a un risque de ré­ci­dive aus­si, il en a dé­jà eu ( Payet a man­qué un mois de com­pé­ti­tion en août et un autre à l’au­tomne). J’ai une dead­line au 4 juin. J’ai eu un cas de fi­gure un peu si­mi­laire avec Va­rane ( à l’Eu­ro 2016). Je ne me vois pas par­tir avec des in­cer­ti­tudes. Je l’ai vu triste en fi­nale et ma dé­ci­sion ne va pas lui rendre le sou­rire. » Il y a ef­fec­ti­ve­ment des bles­sures plus dures à gué­rir qu’une dé­chi­rure à l a cuisse.

Di­mi­tri Payet dé­pi­té. Au Luxem­bourg, le 25 mars 2017, la France s'était pour­tant im­po­sée 3- 1.

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