Ciao Juve, ciao Ita­lia !

Le gar­dien ita­lien a of­fi­ciel­le­ment mis fin à sa car­rière avec la Ju­ven­tus après dix- sept sai­sons. Il a aus­si dit dé­fi­ni­ti­ve­ment stop à l’équipe na­tio­nale. Pour le reste…

L'Équipe - - FOOTBALL - VA­LEN­TIN PAULUZZI

TU­RIN ( ITA) – La Ju­ven­tus avait convo­qué la presse hier à 11 h 30 à l’Al­lianz Sta­dium sans dé­voi­ler l’ob­jet de la conférence. Ce n’était tou­te­fois qu’un se­cret de po­li­chi- nelle : Gian­lui­gi Buf­fon s’y est pré­sen­té au cô­té de son pré­sident, An­drea Agnel­li.

De­vant lui, au pre­mier rang, le board com­plet, Giu­seppe Ma­rot­ta, Pa­vel Ned­ved et Fa­bio Pa­ra­ti­ci, ain­si que son agent his­to­rique, Sil­va­no Mar­ti­na, et Gior­gio Chiel­li­ni. Der­rière eux, une cin­quan­taine de jour­na­listes prêts à re­layer les nou­velles mais aus­si à rendre hom­mage à un foot­bal­leur qui ne s’est ja­mais dé­bi­né de­vant les mi­cros. Agnel­li a pris la pa­role en pre­mier, s’at­tar­dant sur deux listes : celle in­ter­mi­nable des re­cords et celle non moins longue des ad­jec­tifs : « Al­truiste, cha­ris­ma­tique, am­bi­tieux, ti­mide, loyal, trans­pa­rent, sin­cère, hon­nête. Un ami, un ca­pi­taine » . Puis, il a po­sé sa main sur celle de Buf­fon en guise de ré­con­fort pour ac­com­pa­gner ces mots : « Wo­j­ciech Szc­zes­ny dé­fen­dra le but de la Ju­ven­tus la sai­son pro­chaine. » Très com­plices, les deux hommes se sont of­fert trois cha­leu­reuses ac­co­lades en moins d’une heure. Une proxi­mi­té rare au sein d’une telle ins­ti­tu­tion. « Gi­gi » s’est en­suite ex­pri­mé d’un timbre de voix ébré­ché par l’ émo­tion : « Ma crainte était qu’on doive me sup­por­ter ou de cra­mer mon mo­teur mais ce n’est pas le cas. Je dois dire merci à la Juve. Si je suis en­core là, c’est grâce à sa men­ta­li­té. »

“Je n’ai pas be­soin , , d’autre marque d’es­time

La ten­ta­tion de pro­lon­ger son his­toire en blanc et noir s’est heur­tée au prag­ma­tisme tu­ri­nois. Il l’a re­con­nu : « C’est un club sé­rieux qui doit pro­gram­mer son fu­tur. J’en ai été joueur pen­dant dix- sept ans et ca­pi­taine pen­dant six, je suis le pre­mier à le com­prendre et je consi­dère que c’est juste. » Le qua­rant en­aire en re­de­mande. S’il a écar­té les des­ti­na­tions exo­tiques ( Chine, États- Unis) et « ro­man­tiques » ( come- back à Parme ou une ex­pé­rience au Ge­noa qu’il sup­por­tait dans sa jeu­nesse), reste donc la pers­pec­tive d’une aven­ture à l’étran­ger.

Cette hy­po­thèse, en­core in­con­ce­vable à ses yeux il y a quinze jours, est d’ailleurs aus­si sur­pre­nante et in­at­ten­due que son re­fus d’en­dos­ser une 177e et der­nière fois le maillot de la Na­zio­nale contre les Pays- Bas, le 4 juin, dans le stade de la Ju­ven­tus : « Non, je n’y se­rai pas, je n’ai pas be­soin d’autre marque d’es­time. J’étais de­ve­nu un pro­blème, il y a trois mois, je n’ose pas ima­gi­ner ce que ce­la pour­rait être dans six mois ou un an. Ce­la de­vien­drait com­pli­qué à gé­rer et je ne pense pas mé­ri­ter ça. »

Une der­nière mise au point en­vers une presse na­tio­nale très cri­tique sur sa sor­tie de re­traite in­ter­na­tio­nale en mars der­nier, mais qui ne l’a ce­pen­dant pas em­pê­ché de quit­ter la salle sous les ap­plau­dis­se­ments de toutes les per­sonnes pré­sentes.

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