Sergent est le nou­veau chef

L'ac­tion­naire his­to­rique qui me­nait la fronde de­puis trois mois suc­cède à For­tin à la pré­si­dence du club.

L'Équipe - - FOOTBALL - GUILLAUME DUFY

CAEN – Gilles Sergent est le nou­veau pré­sident du Stade Mal­herbe de Caen. On at­ten­dait plu­tôt Ja­cky Ri­houët ou Jean- Ma­rie Pi­ran­da. Le lea­der de l’op­po­si­tion a fi­na­le­ment pris ses res­pon­sa­bi­li­tés. Il a été élu hier à l’is­sue d’in­ter­mi­nables as­sem­blées gé­né­rales. À 21 h 25, le nou­vel homme fort, qui est ac­tion­naire de­puis une di­zaine d’an­nées, est sor­ti de la salle de réunion pour li­vrer ses pre­mières im­pres­sions. Après avoir re­mer­cié l’oeuvre de JeanF­ran­çois For­tin, qui se­ra res­té dix­huit ans à la tête du club, il a ex­pri­mé sa fier­té d’avoir été choi­si. Le 9 fé­vrier, alors qu’il était pré­sen­té comme l’ins­ti­ga­teur d’une ten­ta­tive de putsch, il avait pour­tant ju­ré de ma­nière so­len­nelle : « Je dé­mens for­mel­le­ment toute idée de re­mise en cause de la di­rec­tion du club. Il n’y a aucune vo­lon­té de chan­ge­ment de pré­sident… » En trois mois, le conflit s’est in­ten­si­fié, et la ten­sion entre les deux camps a lais­sé place à la haine.

À l’is­sue de l’AG de la SASP, Jean- Fran­çois For­tin a em­prun­té une sor­tie de se­cours pour évi­ter les mé­dias. Pierre- An­toine Cap­ton, Jean- Paul Sai­son et An­dré Réol, ses amis ac­tion­naires, l’ont imi­té. Mais For­tin ne s’est pas ca­ché toute la jour­née. En mi­lieu d’après- mi­di, il est ap­pa­ru pour un der­nier bain po­pu­laire. Les sa­la­riés, les sup­por­ters, les ga­mins du centre et leurs en­traî­neurs lui ont of­fert une haie d’hon­neur. Très fa­ti­gué, le vi­sage blême, il a ver­sé une larme. Ni­co­las Seube, un des joueurs his­to­riques du club, a éga­le­ment pleu­ré. « JeanF­ran­çois For­tin mé­ri­tait une autre sor­tie, plus digne après tout ce qu’il a fait » , re­grette un membre ano­nyme du conseil de sur­veillance. « La fa­çon de faire est dé­goû­tante » , fus­tige Laurent Buis­son, un pe­tit ac­tion­naire, qui a te­nu des pro­pos très durs et dif­fa­ma­toires à l’égard de la nou­velle di­rec­tion. Dé­ten­teur d’un peu plus de 6 % du club, For­tin n’a pas l’in­ten­tion de vendre ses parts. Cap­ton a éga­le­ment pré­vu de res­ter. Gilles Sergent de­vra com­po­ser avec eux.

Pa­tron du ME­DEF normand, Sergent ( 58 ans) a as­su­ré hier qu’il quit­te­rait la pré­si­dence du syn­di­cat des pa­trons pour s’oc­cu­per du club. Il par­ta­ge­ra le pou­voir avec les quatre autres membres du nou­veau di­rec­toire : Jean- Ma­rie Pi­ran­da, Ja­cky Ri­houët, Fa­brice Clé­ment et Jean- Yves Mer­cier. Pi­ran­da de­vient di­rec­teur gé­né­ral man­da­taire et se­ra ame­né à rem­pla­cer Xa­vier Gra­ve­laine, l’ac­tuel di­rec­teur gé­né­ral. Sergent a pré­vu de ren­con­trer ce der­nier dès au­jourd’hui. Les deux hom-

Pi­ran­da se­ra ame­né à rem­pla­cer Gra­ve­laine

mes se dé­testent. Gra­ve­laine a ef­fec­tué une courte ap­pa­ri­tion hier après- mi­di. On le vit en­la­cer Grégory Pro­ment, l’en­traî­neur de la ré­serve, qui est en fin de contrat. Tout comme Fran­cis de Tad­deo, le pa­tron du centre de for­ma­tion. Comme la plu­part des for­ma­teurs. Comme Pa­trice Ga­rande, l’en­traî­neur, et son staff.

La nou­velle équipe a du tra­vail et du monde à ren­con­trer… Au­cun nom ci­té au- des­sus ne de­vrait faire par­tie du nou­veau pro­jet qui se­ra pré­sen­té lun­di. En re­vanche, Alain Ca­ve­glia res­te­ra bien di­rec­teur spor­tif. Mais d’un club en Ligue 1 ou en Ligue 2 ? Le Stade Mal­herbe, qui ac­cueille le Pa­ris- SG, de­main, n’est pas en­core sau­vé, même s’il pos­sède trois points d’avance sur le TFC. « On va se sau­ver et je suis per­sua­dé que Tou­louse va perdre contre Guin­gamp. On est tous sup­por­ters de Guin­gamp » , a conclu mal­adroi­te­ment Gilles Sergent.

Gilles Sergent a été élu hier à la tête du Stade Mal­herbe de Caen.

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