La nou­velle tra­jec­toire de Gar­cia

En met­tant plus de lift dans son jeu, la Fran­çaise a écar­té Sloane Ste­phens, 10e mon­diale. Elle s’at­taque au­jourd’hui à la nu­mé­ro 1, Si­mo­na Ha­lep.

L'Équipe - - TENNIS - SO­PHIE DOR­GAN

ROME – Pen­dant que la France avait les yeux ri­vés sur le jour­nal té­lé­vi­sé de TF 1 pour connaître la sé­lec­tion fran­çaise pour la Coupe du monde, Ca­ro­line Gar­cia jouait une par­ti­tion très so­lide face à Sloane Ste­phens. Re­par­tie de Ma­drid frus­trée par sa de­mi- fi­nale per­due 6- 2, 6- 2 contre Ki­ki Ber­tens, la Fran­çaise a mon­tré hier qu’elle avait bien re­te­nu la le­çon. Avant le tour­noi ita­lien, elle a avoué avoir re­vi­sion­né ce match avec une folle en­vie de ba­lan­cer son or­di­na­teur par la fe­nêtre. Elle en avait en­core un goût amer en ar­ri­vant à Rome et ru­mi­nait cet échec dû à un ex­cès de pré­ci­pi­ta­tion. Il fal­lait di­gé­rer pour ne pas re­pro­duire. « Il y a les le­çons de Ber­tens et des matches pré­cé­dents » , sou­li­gnait- elle après sa vic­toire convain­cante 6- 1, 7- 6 ( 7) contre la lau­réate de l’US Open. Elle a bien écou­té les conseils de son père et coach Louis- Paul Gar­cia qui, à chaque in­ter­ven­tion sur le court Pie­tran­ge­li, lui a rap­pe­lé le mot d’ordre : « faire tour­ner la balle » . En­core faut- il l’ap­pli­quer quand votre na­tu­rel vous pousse aux tra­jec­toires ten­dues.

« Par­fois, j’ai un peu ten­dance à re­tour­ner dans mon jeu bien ten­du qui rase le fi­let et qui rend fou mon père, sou­rit- elle. Ce n’est pas fa­cile. Quand je suis un peu ten­due, je re­viens à mon jeu na­tu­rel. » Pour va­li­der ses pro­grès, il a fal­lu at­tendre les si­tua­tions de stress. Hier, dans la fris­quette soi­rée ro­maine, elle en a vé­cu deux : au mo­ment de ser­vir pour le match à 6- 1, 5- 4, quand elle a ven­dan­gé trois points, et lors du tie- break, où elle a fi­ni sur trois coups ga­gnants en sau­vant au pas­sage une balle de set à sept points à six, en s’ap­puyant sur une ex­cel­lente qua­li­té de ser­vice et un calme digne des sta­tues qui do­minent le court.

Trou­ver la bonne clé

Il n’était plus ques­tion de pré­ci­pi­ta­tion ni de pa­nique. Sur terre bat­tue, elle a ap­pris à lif­ter un peu plus la balle, à se mon­trer plus pa­tiente et à mieux uti­li­ser toute la géo­mé­trie du ter­rain sans perdre ses ver­tus d’at­ta­quante. Cette vic­toire contre la dixième mon­diale a va­li­dé son tra­vail à l’en­traî­ne­ment, en­tre­pris de­puis le dé­but de la sai­son sur terre.

Elle doit main­te­nant le conso­li­der. Rien de mieux qu’une pre­mière, au­jourd’hui, sur le cen­tral du Fo­ro Ita­li­co face à la nu­mé­ro 1 mon­diale, Si­mo­na Ha­lep, en night ses­sion ( 19 h 30) pour sa­voir si Ca- ro­line Gar­cia peut te­nir cette ligne de conduite contre la crème de la crème sur cette sur­face. « C’est un su­per chal­lenge. C’est tou­jours un match tac­tique contre elle, pré­vient la 7e mon­diale. Elle est ca­pable de faire beau­coup de choses, elle ne donne pas beau­coup de points et, ces der­niers mois, elle es­saie d’être plus agres­sive. » Pour son pre­mier match au Mas­ters, en no­vembre, elle s’était lais­sé rat­tra­per par ses émo­tions face à la Rou­maine. Mais elle l’a bat­tue en oc­tobre à Pé­kin et pos­sède le jeu pour tour­men­ter les plans de la pro­té­gée de Dar­ren Ca­hill. Comme sou­vent, la Lyon­naise dé­tient toutes les clés, mais il faut uti­li­ser la bonne, celle qui ouvre la porte du par­fait équi­libre qu’elle ré­sume ain­si : « Être agres­sive sans trop don­ner de points » .

Ca­ro­line Gar­cia pour­suit sa jo­lie mois­son de vic­toires sur terre bat­tue. Hier, c'est en se mon­trant pa­tiente, en ar­ron­dis­sant ses frappes et en uti­li­sant toute la géo­mé­trie du court qu'elle a réus­si à faire cé­der l'Amé­ri­caine Sloane Ste­phens ( 6- 1, 7-...

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