Ra­biot penche pour Pa­ris

Alors que les né­go­cia­tions sont tou­jours en cours, le mi­lieu pa­ri­sien, en fin de contrat en juin, ne cache plus, en pri­vé, sa vo­lon­té de res­ter au PSG.

L'Équipe - - FOOTBALL - HU­GO DELOM et AR­NAUD HERMANT

Joues rou­gies par le so­leil flo­ri­dien, pe­tits dé­han­chés tout en rythme, che­mise fleu­rie : ces der­niers jours, Adrien Ra­biot a pro­fi­té du re­pos ac­cor­dé par Tho­mas Tu­chel pour les joueurs non convo­qués en sé­lec­tion, avec un in­ten­dant du PSG dont il est proche. Entre deux séances de bron­zage, en­tre­cou­pées par des cycles d’en­tre­tien phy­sique avant la re­prise of­fi­cielle mar­di, le mi­lieu pa­ri­sien, re­ve­nu hier à Pa­ris, pour­suit sa ré­flexion au­tour de son ave­nir en club. À vingt- trois ans, après quelque 290 matches en pro­fes­sion­nel, le nu­mé­ro 25 du PSG se sait à un tour­nant.

En­ta­mées l’an der­nier, les né­go­cia­tions au­tour de son contrat, qui s’achève en juin pro­chain, ont connu des épi­sodes agi­tés. Qui n’ont pas en­core trou­vé leur is­sue. Pour­tant, la ré­flexion de R a b i o t s e m b l e a v o i r b i e n avan­cé en cette mi- oc­tobre. Dans le ves­tiaire pa­ri­sien, le mi­lieu in­ter­na­tio­nal laisse fil­trer une ten­dance lourde. Qui l’amè­ne­rait, à ce jour, à pour­suivre avec son club for­ma­teur. Quand il ex­plique sa po­si­tion, dans le se­cret du Camp des Loges, Ra­biot in­siste sur plu­sieurs points. Le pre­mier d’entre eux est un at­ta­che­ment non feint au Pa­ris- SG. Il a gran­di avec l’ère QSI au sein de cette gé­né­ra­tion 1995- 1996, celle des Kim­pembe, Co­man, Mous­sa Dem­bé­lé and Co. Son lien avec ses édu­ca­teurs, sa­la­riés du PSG ou co­équi­piers, a tou­jours été étroit. Ra­biot se sent comme un en­fant du PSG. Et dis­pose lo­ca­le­ment, no­tam­ment à Saint- Ger­main- en- Laye où il ré­side, de fort e s a t t a c h e s a m i c a l e s e t fa­mi­liales.

Mais, au mo­ment de prendre une dé­ci­sion stra­té­gique dans sa car­rière, ses re­la­tions ne se­raient pas grand- chose si elles ne s’ac- com­pa­gnaient pas d’une convic­tion. Celle qu’il peut gran­dir en­core avec Pa­ris. Cette convic­tion s’est for­gée ces der­nières se­maines avec Tho­mas Tu­chel. Ra­biot avait noué avec Unai Eme­ry une re­la­tion de confiance. Celle avec le tech­ni­cien al­le­mand est dé­jà très fluide. Tou­jours sou­cieux de pas­ser des pa­liers dans sa pro­gres­sion, l’an­cien Tou­lou­sain es­time que le tech­ni­cien al­le­mand peut nour­rir cette évo­lu­tion. Et faire du gau­cher ce qu’il a tou­jours vou­lu être : l’un des meilleurs mi­lieux re­layeur au monde. Chez Ra­biot, la ré­flexion est donc avan­cée.

Au­jourd'hui, il gagne moins que Thi­lo Keh­rer

Mais ce jeune homme dé­ter­mi­né ne si­gne­ra pas à n’im­porte quelle condi­tion. C’est l’autre point qu’il avance au­près de ses proches. Le na­tif de Saint- Mau­rice ( Val- deMarne) connaît l’équi­libre et la hié­rar­chie dans le ves­tiaire pa­ri­sien. Ses 250 000 eu­ros brut men­suels ne pèsent pas lourd pour un joueur de son ex­pé­rience. S u r t o u t q u a n d o n o b s e r v e les émo­lu­ments de cer­taines re­crues comme Thi­lo Keh­rer, au C V b i e n m o i n s f o u r n i , m a i s q u i p e r ç o i t q u a n d m ê m e 250 000 eu­ros men­suels net de charges et d’im­pôts.

Les échanges entre le mi­lieu fran­çais et le club ont été ré­gu­liers ces der­niers mois. Le camp Ra­biot, conscient d’être en po­si­tion de force, a re­pous­sé dif­fé­rentes pro­po­si­tions. Au mo­ment de la der­nière pro­lon­ga­tion, Vé­ro­nique Ra­biot, mère et re­pré­sen­tante du joueur, avait réus­si à ob­te­nir une prime à la si­gna­ture ron­de­lette – quelque quatre mil­lions d’eu­ros. Cette fois, elle pour­rait être mul­ti­pliée au moins par deux. Pour ses émo­lu­ments men­suels, Pa­ris de­vra his­ser Ra­biot dans le top 5 des sa­laires afin de le convaincre. Le joueur ne se pré­ci­pi­te­ra pas. Au 1er jan­vier, il se­ra libre de s’en­ga­ger où il le sou­haite.

Le lien avec le Bar­ça n'est pas rom­pu

En at­ten­dant, il n’y a pas une se­maine sans que la presse ita­lienne ne se fasse écho d’un in­té­rêt pro­non­cé de la Ju­ven­tus Tu­rin. Jusque dans les der­nières heures du mer­ca­to es­ti­val, le camp Ra­biot était convain­cu que l’of­fen­sive me­née par le FC Bar­ce­lone al­lait abou­tir. Le lien entre les deux camps n’est pas rom­pu.

Ce dos­sier est émi­nem­ment sym­bo­lique pour Pa­ris. Et épi­neux pour Tho­mas Tu­chel qui ne dis­pose que de très peu de so­lu­tions au mi­lieu. Pour Pa­ris, le temps presse. Et dans l’es­prit de Ra­biot, la balle est dans le camp de son cl ub fo r ma­teur qui ne compte pas voir par­tir son jeune joueur. Nas­ser al- Khe­laï­fi ap­pré­cie beau­coup le foot­bal­leur mais aus­si l’homme. Le pré­sident a tis­sé des liens étroits avec le joueur et son en­tou­rage, no­tam­ment sa mère. Pour lui, Ra­biot est le fu­tur ca­pi­taine de son club. À ce titre, mal­gré les re­mous sus­ci­tés par sa pro­lon­ga­tion, il est prêt à lui té­moi­gner toute la confiance qu’il lui porte. Fi­nan­ciè­re­ment aus­si, ce­la va de soi.

Adrien Ra­biot dé­vie le bal­lon de la tête, lors de la vic­toire contre l'Étoile Rouge Bel­grade en C 1 ( 6- 1), le 3 oc­tobre.

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