Le CO a en­vie d’y croire

Le cham­pion de France s’est en­fin don­né les moyens d’exis­ter en Eu­rope. Et il a trois bonnes rai­sons d’es­pé­rer fran­chir une phase de poules qu’il dé­bu­te­ra cet après- mi­di, à Glou­ces­ter.

L'Équipe - - RUGBY - LAURENT CAMPISTRON

14 h

Glou­ces­ter Castres

GLOU­CES­TER ( AN­GLE­TERRE) – Le Castres Olym­pique est un vieil ha­bi­tué de la Coupe d’Eu­rope. Il par­ti­cipe cette sai­son à sa qua­tor­zième cam­pagne en vingt- trois édi­tions. Pour­tant, il y a tou­jours été trans­pa­rent, ou presque. Il n’a ja­mais réus­si à fran­chir le pre­mier tour, sauf une fois, en 2001- 2002 ( de­mi­fi­nales, face au Muns­ter). Une ques­tion de mo­ti­va­tion, d’en­vie. Le CO, qui a tou­jours fait du Top 14 son ter­rain de jeu pré­fé­ré, n’a ja­mais eu la culture eu­ro­péenne. Et il ai­me­rait bien que ça change. Cette sai­son, le CO a dé­jà ga­gné à Mont­pel­lier, à Tou­louse, et au­rait même pu ou dû le faire à Tou­lon et au Ra­cing. « On a un groupe beau­coup plus ho­mo­gène, confirme l’en­traî­neur Chris­tophe Urios. Du coup, on a aus­si en­vie de jouer cette Coupe d’Eu­rope sans se po­ser de ques­tions, de fa­çon li­bé­rée. » L’ef­fec­tif a pour­tant per­du de sa su­perbe, ces der­niers jours, avec les bles­sures de plu­sieurs cadres. Le CO joue­ra ain­si à Glou­ces­ter sans son maître à jouer à l’ou­ver­ture ( Ur­da­pille­ta), ses trois pre­miers choix à l’ar­rière ( Pa­lis, Sped­ding, Du­mo­ra), ses centres ti­tu­laires ( Com­be­zou, Da­vid), son 7 in­ter­na­tio­nal ( Je­lonch) et deux de ses trois ta­lon­neurs ( Ral­lier, Fir­min). « Pas grave, as­sure Joe El Abd, le coach des avants. On at­ta­que­ra ce match plein fer avec toutes les forces que l’on a ! » moins co­riace de ce groupe de la mort. Ra­me­ner quelque chose de Glou­ces­ter semble dé­jà in­dis­pen­sable. « Ce match don­ne­ra le tem­po » , note Ca­po Or­te­ga. « La sai­son der­nière, on avait abor­dé la com­pé­ti­tion par un nul chez nous face au Muns­ter ( 17- 17), et ça nous avait mis un coup d’ar­rêt dès la prem i è r e j o u r n é e , s e s o u v i e n t Urios. Alors, on ne va pas faire d’un suc­cès à Glou­ces­ter un ob­jec­tif qua­si obli­ga­toire, parce que ça se­rait ter­rible pour la suite de la com­pé­ti­tion si on per­dait ce match, mais on sait très bien que dans cette confi­gu­ra­tion de poules, avec un Muns­ter qui maî­trise son su­jet et un Exet e r a s s e z i m p r e s s i o n n a n t , Glou­ces­ter et nous sommes les deux out­si­ders. Ce­lui qui pren­dra le pas sur l’autre se don­ne­ra donc les moyens de rê­ver. » nel de la sai­son l’éven­tua­li­té de dis­pu­ter les quarts, les de­mies ou la fi­nale de la Coupe d’Eu­rope au prin­temps pro­chain. Un plan­ning a dé­jà été ima­gi­né, au cas où. C’est dire si le club nour­rit des am­bi­tions. « Ça fait quinze jours q u ’ o n e s t s u r u n p ro g r a mme Coupe d’Eu­rope, même si on ne né­glige évi­dem­ment pas le Top 14, confie- t- il. On tra­vaille dif­fé­rem­ment des sai­sons pré­cé­dentes. On n’aborde plus cette épreuve en se di­sant : “Tiens, cette se­maine, c’est Coupe d’Eu­rope !” On l’a an­ti­ci­pée, pré­pa­rée. Di­sons qu’on s’est don­né les moyens d’al­ler loin. »

Le t ech­ni­cien sait que son équipe n’est pas pas­sée si loin de la qua­li­fi­ca­tion ces deux der­nières an­nées ( à chaque fois, elle était en­core dans le coup à l’aube de la der­nière jour­née de poules). Après avoir dé­cro­ché le Bren­nus en juin der­nier, il sait aus­si qu’il se­ra plus at­ten­du sur cette com­pé­ti­tion que sur le Top 14. C’est sa der­nière sai­son au CO, l’oc­ca­sion de re­le­ver un nou­veau chal­lenge, tou­jours plus éle­vé. « Évi­dem­ment que cette Coupe d’Eu­rope me fait rê­ver, comme elle fait rê­ver tous mes joueurs. Mais on ne dit pas qu’on va la ga­gner, parce que ça ne se­rait pas réa­liste. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne se don­ne­ra pas les moyens de le faire. Si on passe en quarts de fi­nale, on en­tre­ra dans u n e d e u x i è me p h a s e , u n p e u comme en Top 14. Et là, on est bien pla­cés pour sa­voir que tout peut ar­ri­ver. »

au­jourd'hui

Alex Tu­lou ( bal­lon en main) s’en­fonce dans la dé­fense tou­lou­saine lors de la vic­toire cas­traise à Er­nestWal­lon ( 26- 22), le 29 sep­tembre, avec deux es­sais du troi­sième- ligne centre tar­nais à la clé.

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