KAHUDI ET SON AR­MÉE

Face aux as­sauts de Cha­lon, l’ASVEL a été im­pres­sion­nante d’en­ga­ge­ment et de maî­trise, à l’image de son ca­pi­taine, tou­ché à la che­ville droite en fin de match.

L'Équipe - - BASKET - LILIANE TREVISAN

CHA­LON – C’était une soi­rée de bruit et de fu­reur, sur fond de bas­ket de très haut ni­veau. « Je pense que les gens qui ont ache­té des places pour ce match se sont fait plai­sir » , ré­su­mait le coach de l’ASVEL, Zvez­dan Mi­tro­vic, après cette fu­rieuse ba­taille qui avait vu son équipe, tou­jours in­vain­cue, em­por­ter sa cin­quième vic­toire en cinq matches de­puis le dé­but du Cham­pion­nat. Mais ja­mais en­core cette sai­son, l’ASVEL n’avait été au­tant me­na­cée, ru­doyée, que par ce Cha­lon cou­ra­geux, mal em­bar­qué ( 47- 62, 26e), et qui a trou­vé le men­tal et les res­sources pour re­ve­nir, dans la fou- lée de Jus­tin Ro­bin­son, son mi­cro- me­neur épous­tou­flant et au­teur de vingt­trois points ( 4/ 5 à 3 pts) au deuxième acte. Mais l’Élan est ve­nu mou­rir de peu ( 87- 89 à 13 se­condes de la fin) au fi­nish, à deux doigts du hold- up, une conclu­sion qui ral­lu­mait chez son en­traî­neur, Jean- De­nys Chou­let, une belle co­lère contre un ar­bi­trage, il est vrai, as­sez fluc­tuant. « Je ne re­mets rien en cause, mais je de­mande qu’il y ait un ar­bi­trage égal des deux cô­tés, ful­mi­nait- il après le match. J’avais dit à la mi- temps que Kahudi avait été ex­cellent et qu’il avait dû tou­cher la Vierge une fois. Mais là, je dis deux fois ! Parce qu’il faut qu’on m’ex­plique comment il n’a pas fait une seule faute en dé­fen­dant comme il le fait, pen­dant vingt- cinq mi­nutes, parce que la dif­fé­rence, elle se fait là » , gron­dait- il, ex­cé­dé.

, , “Ma qua­li­té pre­mière, c'est la dé­fense

Le ca­pi­taine vil­leur­ban­nais, cible de sa co­lère, était, à cet ins­tant pré­cis, la che­ville droite dans un seau de glace, après qu’une course avec As­sane Ndoye l’a en­voyé à terre. « Il n’a pas dû faire ex­près, mais il m’écrase le pied et voi­là » , ra­con­tait, tard après la ren­contre, ce­lui qui n’a ja­mais au­tant mé­ri­té son sur­nom – « l’Homme » – tant bien que mal en ap­pui sur ses deux pieds. « C’est ma che­ville qui a été opé­rée, donc c’est tou­jours dé­li­cat. C’est une bonne en­torse. Mais on en sau­ra plus de­main. » Il ne s’at­tar­dait pas trop sur le dis­cours du tech­ni­cien cha­lon­nais. « Ma qua­li­té pre­mière, c’est la dé­fense, ça peut frus­trer les gens sur les­quels je dé­fends. Ce n‘ est pas à moi de j uger ; mais les mecs, comme ils savent aus­si que je suis dur au mal, on me rentre de­dans. Ce soir, c’est ar­ri­vé plu­sieurs fois et ce­la n’a pas été sif­flé. »

Jus­qu’à son crash ( 65- 73), Kahudi avait été à l’image de son équipe : un rou­leau com­pres­seur, une belle mac­hine de guerre. Car l’ASVEL im­pose dé­jà un jeu dur, in­tense, avec beau­coup de mou­ve­ment, et un im­pact phy­sique qui n’est pas sans rap­pe­ler Mo­na­co au

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