Re­tour au jeu

Écla­bous­sés par plu­sieurs af­faires de­puis une se­maine, l'ASM et le PSG ont ren­dez- vous pour un drôle de choc.

L'Équipe - - LA UNE - JO­SÉ BARROSO

Mo­na­co Pa­ris- SG

Pen­dant les af­faires, les af­faires ( spor­tives) conti­nuent. De­puis huit jours, le Pa­ris- SG et l’AS Mo­na­co avancent dans la tem­pête. Ré­vé­la­tions à la chaîne des Foot­ball Leaks sur le fair- play fi­nan­cier ou les contrats des joueurs, scan­dale de fi­chage eth­nique à la for­ma­tion pa­ri­sienne, garde à vue et in­cul­pa­tion du pro­prié­taire mo­né­gasque Di­mi­tri Ry­bo­lov­lev : à chaque jour son lot de désa­gré­ments et il se dit que le ty­phon n’est pas ter­mi­né…

Il n’y a que sur le ter­rain que la si­tua­tion des deux clubs di­verge. Le PSG trouve dans les per­for­mances de ses joueurs, im­per­méables au cli­mat am­biant, ma­tière à ré­con­fort. Hier, de­vant la presse, Tho­mas Tu­chel a tra­cé son champ d’ac­tion et cloi­son­né les uni­vers. Le re­por­tage d’En­voyé Spé­cial ?« Je ne l’ai pas vu, aas­su­rél’ en­traî­neur pa­ri­sien. J’écoute beau­coup de choses mais, pour moi, ce n’est pas un su­jet avec l’équipe ou avec mon staff. Je suis ici pour en­traî­ner et ma­na­ger un groupe. Est- ce qu’ils sont per­tur­bés ? Je m’en fiche. Je ne suis pas la po­lice, je m’oc­cupe de ce qui se passe dans mon ves­tiaire. Je n’ai pas d’éner­gie à perdre avec ça. »

Thier­ry Hen­ry non plus et il a d’ailleurs bien d’autres prio­ri­tés. À l’in­verse du club de la ca­pi­tale, l’ASM pro­longe ses dé­boires ex­tra­spor­tifs par une crise du­rable de ré­sul­tats. La simple lec­ture du clas­se­ment ré­sume leurs dy­na­miques op­po­sées, avec cet écart in­ouï de 29 points creu­sé en douze jour­nées. Maître de son des­tin en Ligue des cham­pions où il reste sur un nul pro­bant à Naples ( 1- 1), Pa­ris marche sans par­tage sur l’Hexa­gone où il n’a pas lâ­ché un point et ins­crit 3,4 buts par match. En­glué dans un mé­lange de bles­sures et de perte de confiance, Mo­na­co ne par­vient pas à s’ex­tir­per d’une zone qui sanc­tionne au­tant le manque d’im­pli­ca­tion que de réus­site ( 19e).

Un mo­dèle éco­no­mique cor­se­té, un autre qui touche ses li­mites

Dif­fi­cile de croire qu’il y a peu de temps en­core, leur duel consti­tuait le som­met de la L 1, une ri­va­li­té qu’on pen­sait ap­pe­lée à s’éti­rer entre deux am­bi­tions in­ter­na­tio­nales ( Qa­tar, Rus­sie) aux mé­thodes di­ver­gentes. Tan­dis que le PSG ver­sion QSI voit son en­ver­gure in­fi­nie cor­se­tée par le fair-play fi­nan­cier, l’ASM, seul club à avoir de­van­cé le PSG pour le titre de cham­pion au cours des six der­nières an­nées, af­fiche les li­mites du mo­dèle éco­no­mique dé­ve­lop­pé de­puis le fa­meux vi­rage de 2014. Comme sur les mar­chés bour­siers, la po­li­tique de tra­ding joueurs sup­pose des risques, aus­si, et tout peut très vite se re­tour­ner en cas de mau- vaises prises de po­si­tion. C’est le jeu, ses di­ri­geants le savent, et les dé­cep­tions ac­tuelles ( Go­lo­vine, Geub­bels, Tie­le­mans…) rap­pellent en creux à quel point le Ro­cher avait été per­for­mant en la ma­tière de­puis sa re­mon­tée dans l’élite, il y a cinq ans.

« On doit gé­rer l’ur­gence, être pa­tients, émo­tion­nel­le­ment, et construc­tifs » , ex­pli­quait hier dans ces co­lonnes Mi­chael Eme­na­lo, le di­rec­teur spor­tif du club de la Prin­ci­pau­té, sans ex­clure l’ar­ri­vée de ren­forts cet hi­ver.

Un mois après l’ ar­ri­vée d’Hen­ry, l’ASM est tou­jours en crise mais en cette sai­son dé­sor­mais dé­fi­ni­ti­ve­ment de tran­si­tion, il est trop tôt pour l’en­ter­rer. Car le rap­port de force ac­tuel des­sine une évi­dence : ce soir, Mo­na­co a beau­coup plus à ga­gner que Pa­ris dans une op­po­si­tion qui n’a ja­mais pa­ru aus­si dés­équi­li­brée. Une oc­ca­sion im­pro­bable et même un peu folle, pour Hen­ry, de trou­ver le dé­clic tant at­ten­du. « Ce n’est dé­jà pas évident avec le onze ti­tu­laire, comme on a pu le voir lors des der­nières confron­ta­tions

( voir ci- contre), sou­li­gnait l’en­traî­neur mo­né­gasque ven­dre­di. Donc, c’est vrai qu’avec une équipe amoin­drie et pas mal de jeunes, ça de­vrait être beau­coup plus dur. Mais vous avez vu comme moi des matches de Coupe où une équipe de­vait battre une autre à plates cou­tures et où ça ne s’est pas passé c omme ça . On doi t f ai re de ce match un match de Coupe. »

Même Tu­chel se mé­fie et pré­vient : « C’est tou­jours dan­ge­reux de jouer à Mo­na­co car ils ont de la qua­li­té in­di­vi­duelle, par exemple avec Lopes et Fal­cao. Ils ont joué dans beau­coup de sys­tèmes et avec de nom­breux joueurs, on ne sait pas ce qu’ils v ont f ai re contre nous. » Avant de conclure, conscient que même les puis­sants ont des pro­blèmes à gé­rer : « À nous de mon­trer notre meilleur ni­veau. Je veux qu’on fasse notre meilleur match. »

Ky­lian Mbap­pé bute sur Ada­ma Sou­mao­ro, lors de la vic­toire de Pa­ris contre Lille ( 2- 1, le 2 no­vembre).

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