Un rug­by de ping- pong

Les deux for­ma­tions ont beau­coup uti­li­sé le jeu au pied ( 40 fois cha­cune). Un choix payant pour la France, mais qu’elle n’a pas su conser­ver jus­qu’au bout de la par­tie.

L'Équipe - - RUGBY - MAXIME RAULIN ( avec L. C)

À la 42e mi­nute de jeu, quand Ca­mille Lo­pez en­voie une im­mense chan­delle dans le ciel et que Le Roux et Nko­si se loupent à la ré­cep­tion du bal­lon à dix mètres de leur ligne, et que dans la fou­lée, Ma­thieu Bas­ta­reaud sur­git et ré­cu­père le bal­lon pour pas­ser la ligne en force, on se dit que le jeu au pied of­fen­sif de cette équipe de France a en­fin fait mouche. À 23- 9 pour les Bleus, on se dit que les ef­forts sont en­fin ré­com­pen­sés et qu’il va sans doute fal­loir in­sis­ter là- des­sus pour mettre à mal la dé­fense sud- afri­caine et construire ce suc­cès qui tend en­fin les bras à ce XV de France. Manque de bol, sur le ren­voi, Sé­bas­tien Va­haa­ma­hi­na rate le bal­lon. L’ai­lier Si­bu­si­so Nko­si n’en de­man­dait pas tant et pro­fite de l’of­frande pour re­mettre son équipe dans le match. Au pas­sage, le mo­ral des hommes de Jacques semble en prendre un coup. « À ce mo­ment de la par­tie, la fé­bri­li­té nous gagne, es­time Ch­ris­tophe Do­mi­ni­ci qui com­men­tait la ren­contre pour RTL. On a l’im­pres­sion que le mal est psy­cho­lo­gique » pour­suit l’an­cien in­ter­na­tio­nal. « En se­conde pé­riode, les Bleus ont com­men­cé à co­gi­ter, à être dans la ges­tion. Peut- être parce qu’ils ont cru qu’ils avaient fait le plus dur quand ils me­naient 23- 9. J'ai l'im­pres­sion qu'après la 50e mi­nute, l’équipe de France se met à être dans le cal­cul parce qu'elle manque de confiance. » Pour­tant, avant ça, la tac­tique em­ployé par l’équipe de France sem­blait la bonne. « En pre­mière pé­riode, les Sud- afri­cains n’ont rien fait » , peste presque Éric Blanc, consul­tant sur Eu­rope 1 et l’Équipe TV. En ef­fet, le de­mi de mê­lée Faf De Klerk se conten­tait très sou­vent de ren­voyer les bal­lons dans le camp fran­çais, de mon­ter bien en ligne et de cou­per les ex­té­rieurs. « Les Sud- afri­cains dé­fen­daient bien, ils se conten­taient de bien pla­quer » , confirme Éric Blanc. Sauf que les Fran­çais par­ve­naient tant bien que même à trou­ver quelques brèches. « On a été bon sur les contre- at­taques, re­marque Ch­rist ophe Do­mi­ni­ci. No­tam­ment Maxime Mé­dard qui a im­pul­sé quelques bons coups en pre­mière pé­riode. » Le tri­angle ar­rière a fait quelques mi­sères à la dé­fense

Ca­mille Lo­pez a eu re­cours au jeu au pied. Une op­tion payante en dé­but de match, mais dont il a peut- être trop abu­sé.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.